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Marché : Madrid demandera samedi l'aide de l'ue pour ses banques

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par Julien Toyer et Matthias Sobolewski

MADRID/BERLIN (Reuters) - L'Espagne devrait demander officiellement ce week-end à ses partenaires européens de l'aider à renflouer ses banques pour éviter une nouvelle escalade de la crise de la dette dans la zone euro, a-t-on appris vendredi de plusieurs sources de l'Union et en Allemagne.

L'Espagne serait ainsi le quatrième pays de la zone euro à solliciter un soutien extérieur depuis le début de cette crise, après l'Irlande, le Portugal et la Grèce.

Quatre hauts responsables de l'Union européenne ont déclaré que les ministres des Finances des Dix-Sept tiendraient une téléconférence samedi pour débattre d'une demande d'aide espagnole, même si aucun montant n'est encore fixé pour celle-ci.

L'Eurogroupe devrait publier un communiqué à l'issue de cette téléconférence qui doit avoir lieu avant midi (10h00 GMT), ont-ils ajouté. "L'annonce est attendue samedi après-midi", a dit à Reuters l'un des responsables de l'Union.

Ces informations interviennent au lendemain de la décision de Fitch Ratings d'abaisser de trois échelons la note souveraine de l'Espagne, à BBB contre A, que l'agence a justifiée par l'exposition de Madrid aux créances immobilières douteuses de ses banques et au risque de contagion de la crise grecque.

"Le gouvernement espagnol a pris conscience de la gravité de ses difficultés", a dit vendredi un haut responsable allemand.

Il a souligné la nécessité de parvenir à un accord avant les élections législatives grecques du 17 juin, qui pourraient provoquer de nouvelles turbulences sur les marchés et aboutir à la sortie de la Grèce de la zone euro en cas de dénonciation de l'accord conclu par Athènes avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

A Berlin, la chancelière Angela Merkel a nié faire pression sur l'Espagne pour qu'elle accepte un plan de sauvetage. "C'est à chaque pays de décider s'il veut se tourner vers nous", a t-elle dit. "Cela n'a pas été le cas jusqu'à présent et par conséquent, nous n'exercerons de pression d'aucune sorte."

L'UE A LES MOYENS D'AGIR

Une porte-parole du gouvernement espagnol a rappelé les propos tenus jeudi par le président du gouvernement Mariano Rajoy, selon lesquels Madrid attendrait les conclusions de deux audits externes en cours sur l'état du secteur bancaire avant d'entamer des discussions avec les autorités européennes sur la recapitalisation des établissements en difficulté.

Le ministère de l'Economie a dit pour sa part que les premières conclusions de l'audit indépendant seraient rendues d'ici au 21 juin, ajoutant que des conclusions plus détaillées seraient achevées d'ici au 31 juillet

Soraya Saenz de Santamaria, la vice-Premier ministre, a dit que le gouvernement espagnol avait besoin au moins d'une estimation du montant nécessaire avant de prendre une décision.

"Il est important de respecter les procédures parce qu'il est important de connaître (...) au moins une estimation préliminaire des besoins du système financier espagnol", a t-elle affirmé lors d'une conférence de presse.

A Bruxelles, le porte-parole de la Commission Amadeu Altafaj a dit ne pas être en mesure de confirmer la tenue d'une téléconférence des ministres des Finances et il a précisé que l'Espagne n'avait soumis aucune demande d'aide. Il a rappelé ensuite que la zone euro disposait de mécanismes mobilisables immédiatement pour recapitaliser des banques en cas de besoin.

Des responsables européens avaient déclaré auparavant à Reuters que l'Espagne allait probablement solliciter des prêts du Fonds européen de stabilité financière (FESF). "Si une telle demande était faite, les instruments existent, prêts à être utilisés, en accord avec les règles décidées antérieurement, en 2011. Nous n'en sommes pas là", a dit Amadeu Altafaj.

Pour Fitch, la recapitalisation des banques espagnoles pourrait se situer entre 60 et 100 milliards d'euros, l'équivalent de 6% à 9% du produit intérieur brut.

AIDER LES BANQUES, PAS FORCÉMENT L'ÉTAT

Le FMI doit publier lundi sa propre estimation des besoins des banques espagnoles en capitaux frais, qui devrait être d'au moins 40 milliards d'euros. Mais la situation s'est détériorée depuis que le Fonds a collecté les données sur lesquelles il s'est basé, ont déclaré des responsables.

Des responsables ont expliqué qu'une aide internationale à l'Espagne serait centrée sur les besoins de recapitalisation des banques, sans exclure Madrid du marché primaire de la dette.

Cette définition stricte du plan d'aide permettrait d'éviter un recours excessif aux fonds de soutien de la zone euro, qui ne suffiraient pas à couvrir les besoins de financement de l'Etat espagnol pour les trois prochaines années en plus de ceux du Portugal et de l'Irlande.

L'escalade brutale de la crise bancaire espagnole a déjà forcé le gouvernement Rajoy à nationaliser le mois dernier Bankia, la quatrième banque du pays.

Mardi, le ministre du Trésor Cristobal Montoro avait déclaré que l'Espagne était de facto exclue des marchés de capitaux par l'envolée de ses coûts de financement. Madrid a toutefois réussi jeudi à émettre pour un peu plus de deux milliards d'obligations, mais en concédant aux investisseurs des rendements en hausse.

La Commission européenne et l'Allemagne ont déjà donné leur accord de principe la semaine dernière à l'octroi à Madrid d'un délai supplémentaire d'un an pour ramener son déficit sous le seuil de 3% du PIB fixé par les règles communautaires.

Avec le bureau de Bruxelles, Marc Angrand et Julien Dury pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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