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Marché : Londres face au défi de rétablir la confiance envers le libor

Londres face au défi de rétablir la confiance envers le liborLondres face au défi de rétablir la confiance envers le libor

par Huw Jones

LONDRES (Reuters) - Le Royaume-Uni proposera sans doute vendredi que le Libor soit rattaché à des transactions réelles et que l'Association des banques britanniques (BBA) perde son rôle de supervision, ceci pour tenter de rétablir la confiance dans ce taux interbancaire de référence au coeur d'un scandale de manipulation des cours.

Selon des sources sur le marché des dérivés et dans les secteurs de la banque et de la gestion d'actifs, l'autorité britannique des services financiers (Financial services Authority, FSA) est confrontée à un défi de taille et devra réussir un subtil équilibre pour rétablir la confiance dans le Libor (London interbank offered rate), qui a été manipulé par Barclays et d'autres banques.

Une amende record de 290 millions de livres a été infligée en juin à Barclays. Des enquêtes sont en cours au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et dans d'autres pays. Royal Bank of Scotland devrait prochainement conclure un accord à l'amiable dans cette affaire, pense-t-on.

Martin Wheatley, le directeur de la FSA, est confronté d'un côté à ceux qui réclament à une réforme rapide du Libor et de l'autre à la pression des professionnels qui résistent à toute transformation radicale du système.

La BBA a dit qu'elle soutiendrait toute recommandation de Martin Wheatley en faveur d'un transfert de responsabilité. Le gouvernement devrait inclure certaines des propositions de Wheatley dans une législation financière, actuellement en cours de finalisation au Parlement.

La BBA est chargée du calcul du Libor depuis 1986, ainsi que d'une série de 150 taux dans diverses devises et échéances, qui servent de base à la fixation des prix de contrats financiers représentant un marché de 350.000 milliards de dollars (272.230 milliards d'euros) dans le monde, allant des crédits immobiliers aux crédits à la consommation.

JUSQU'OÙ ET A QUEL RYTHME?

Le calcul du Libor s'opère à partir des cotations données par un panel de banques, soit des taux auxquels elles estiment pouvoir emprunter auprès de leurs pairs.

Martin Wheatley propose de sanctionner les banques qui tenteront de manipuler le taux et de renforcer les règles de gouvernance de la procédure de fixation du taux.

Mais son plus grand défi sera de déterminer l'ampleur et le rythme auxquels se feront les changements dans le calcul du Libor, en y incorporant des transactions réelles.

Il suggère de supprimer les taux du Libor à long terme les moins liquides, et d'associer pour le moment à la fois les estimations des banques et les transactions réelle pour calculer les taux de référence à court terme, en attendant de trouver des solutions de rechange à plus long terme.

Gary Gensler, le président de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) qui a imposé une amende à Barclays en juin, est en faveur de changements rapides, estimant que le Libor devrait tout simplement être calculé à partir de taux réels.

"Si les taux de référence n'ont pas de transactions sur lesquelles s'appuyer, la crédibilité et la fiabilité de l'étalon sont réduites", a-t-il dit lundi au Parlement européen.

"ÉVOLUTION ET NON RÉVOLUTION"

En revanche, les usagers du Libor redoutent des perturbations trop importantes sur le marché.

"Il est essentiel de rétablir la confiance du marché dans le Libor grâce à une évolution et non pas à une révolution. Nous ne pensons pas que le Libor puisse être remplacé par un étalon alternatif unique", dit Joanna Cound, responsable européenne des relations avec les pouvoirs publics de BlackRock, le leader mondial de la gestion d'actifs.

La surveillance est un autre sujet sensible sachant que Martin Wheatley veut retirer à la BBA son rôle d'organe unique de supervision du Libor, pour le confier à des autorités de régulation.

Les autorités américaines ou encore la Banque centrale européenne (BCE), appelée sans doute bientôt à superviser les banques de la zone euro, voudront avoir leur mot à dire sur les taux du Libor liés à leurs propres monnaies.

Gary Gensler et Martin Wheatley coprésident un groupe de travail nouvellement créé chargé d'élaborer une démarche commune sur le Libor et d'éviter autant que possible d'éventuels conflits.

Martin Wheatley souligne enfin que si les régulateurs peuvent imposer une méthodologie de calcul des taux de référence, ils ne peuvent pas obliger les marchés à les utiliser.

Thomson Reuters, maison mère de Reuters, calcule et distribue les taux du Libor pour la BBA.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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