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Marché : Lisbonne s'engage dans un plan de "sauvetage pénible mais juste"

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par Shrikesh Laxmidas et Filipa Lima

LISBONNE (Reuters) - Le Portugal s'est engagé jeudi dans un plan de sauvetage "pénible mais juste" qui le plongera en récession pendant deux ans, avec un possible sursaut en 2013, a déclaré la mission conjointe de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI) dans le pays.

Le FMI a annoncé dans un communiqué qu'il avait signé l'accord visant à prêter 26 milliards d'euros au Portugal, soit un tiers des 78 milliards d'euros prévus dans ce plan de renflouement sur trois ans, le reste étant apporté par l'UE.

Les prêts seront vraisemblablement endossés par les ministres des Finances de la zone euro lors de la réunion de l'Eurogroupe de la mi-mai, qui devrait aussi fixer les taux d'intérêt consentis à Lisbonne, principale inconnue qui demeure autour du sauvetage. Le temps est compté car le Portugal doit honorer un remboursement obligataire de 4,9 milliards d'euros le 15 juin.

"Je vais être honnête, ce n'est pas un programme facile, c'est un programme pénible, nécessaire, mais nous le jugeons juste", a déclaré à la presse Jürgen Kröger, chef de la mission européenne dépêchée à Lisbonne pour négocier le renflouement.

Le plan, annoncé mardi par le Premier ministre José Socrates, prévoit d'importantes coupes dans les dépenses publiques, une hausse des impôts, des réformes du marché du travail et du système judiciaire ainsi que des privatisations.

"VENTS CONTRAIRES" PENDANT TROIS ANS POUR LISBONNE

"Un programme de cette ampleur, avec des objectifs ambitieux et un rythme d'application intensif, est exigeant", a jugé le ministre des Finances Fernando Teixeira dos Santos, membre du gouvernement chargé des affaires courantes depuis sa chute en mars. Des législatives anticipées doivent intervenir le 5 juin.

Il a ajouté que 78 milliards d'euros était une somme suffisante et a prévenu que les modalités du plan devraient probablement précipiter le pays dans la récession cette année et la suivante, confirmant les informations révélées mercredi à Reuters par une source haut placée.

Le chef de la mission du FMI Poul Thomsen a lui aussi confirmé que l'économie portugaise allait faire face à des "vents contraires significatifs dans les trois années à venir" et devrait se contracter de 2% en 2011 et 2012 avant de renouer avec la croissance au premier semestre 2013.

S'exprimant à Helsinki, où se tenait la réunion du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, le président de la BCE Jean-Claude Trichet a assuré avoir "confiance pour le Portugal" et a appelé à un soutien politique large à ce programme.

"Le programme du Portugal comporte les éléments nécessaires à la stabilisation durable de son économie (...) et par conséquent pour contribuer à restaurer la confiance."

Les marchés devraient surveiller de près le taux d'intérêt qui sera consenti à Lisbonne, qu'ils compareront avec ceux alloués aux deux autres pays de la zone euro qui ont fait appel à ce jour à l'aide internationale, la Grèce et le Portugal.

Jürgen Kröger a déclaré que le taux final serait décidé lors de la réunion de l'Eurogroupe mi-mai et a suggéré qu'il pourrait être similaire à celui obtenu par Athènes.

LES BANQUES PORTUGAISES DISENT N'AVOIR PAS BESOIN DE PRÊTS

Concernant l'application du programme de réformes, Fernando Teixeira dos Santos a souligné que les taxes sur les produits de consommation seraient relevées, mais que l'imposition sur le revenu ne sera en revanche pas modifiée. Le ratio dette/PIB devrait continuer de progresser jusqu'en 2013.

Le renflouement prévoit également une recette de 5,3 milliards d'euros issue d'un programme de privatisation jusqu'en 2013. L'Etat renoncera aussi à ses actions spécifiques détenues dans les groupes de services aux collectivités cotées.

"Ce plan vise à renouer avec la croissance et l'emploi", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse.

Le Portugal a relevé son objectif de déficit annuel, qui est passé de 4,6% du produit intérieur brut (PIB) à 5,9% du PIB. L'année dernière, le déficit s'était élevé à 9,1% du PIB. Selon les termes du plan, il devra être abaissé à 4,5% du PIB en 2012 et à 3% en 2013.

L'accord inclut une aide de 12 milliards d'euros au secteur bancaire pour recapitaliser les banques ou leur permettre de relever progressivement leur ratio "core Tier 1" à 10% d'ici la fin 2012, a révélé mercredi une source officielle.

Le président de l'Association bancaire portugaise (APB) a déclaré jeudi qu'il était peu probable que les principales banques du pays aient besoin d'une partie des 78 milliards d'euros alloués à Lisbonne.

Antonio de Sousa a déclaré en conférence de presse que les établissements allaient sans doute renforcer leurs fonds propres en vendant des actifs, en se désendettant et en procédant à des augmentations de capital.

Le calendrier du versement de la première tranche d'aide n'a pas encore été défini, a précisé Fernando Teixeira dos Santos.

Le ministre des Finances a toutefois dit avoir bon espoir de voir Lisbonne faire son retour sur le marché des capitaux vers la fin de la période de trois ans couverte par le plan.

Avec Sergio Goncalves et Daniel Alvarenga; Catherine Monin et Jean Décotte pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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