Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : Lisbonne adjuge 1 milliard d'euros, rendements en nette hausse

Marché : Lisbonne adjuge 1 milliard d'euros, rendements en nette hausse

Lisbonne adjuge 1 milliard d'euros, rendements en nette hausseLisbonne adjuge 1 milliard d'euros, rendements en nette hausse

LISBONNE (Reuters) - Le Portugal est parvenu à se financer à court terme sans accroc mercredi, comme s'y attendaient les spécialistes, mais il a dû servir des rendements très élevés pour son adjudication de bons à six et 12 mois.

Lisbonne a adjugé pour 550 millions d'euros de bons à six mois et pour 455 millions d'euros de bons à 12 mois, à des taux de rendement moyens respectifs de 5,117% et 5,902%.

Les taux de rendement de l'adjudication précédente étaient de 2,984% pour le six mois et de 4,331% pour le 12 mois.

Pour le ministère des Finances portugais, ces taux de rendement témoignent du "dommage irréparable" résultant du rejet par le Parlement du programme d'austérité soumis par le Premier ministre José Socrates, rejet qui a abouti à sa démission.

Ils attestent d'une détérioration des conditions de financement. Pourtant le gouvernement est en mesure de remplir ses engagements financiers et reste en contact permanent avec la Banque du Portugal sur les conditions de financement du système bancaire, a ajouté le ministère.

Cette adjudication est intervenue dans un marché où règne une incertitude nourrie la veille par les grandes banques portugaises qui ont menacé d'arrêter d'acheter de la dette souveraine si le pays ne contractait pas rapidement un crédit-relais.

Le coefficient de couverture - soit le rapport de la demande à l'offre - a été de 2,3 pour le six mois (2,6 pour l'opération précédente) et de 2,6 pour le 12 mois (2,2).

Le montant total de l'adjudication, soit 1,005 milliard d'euros, correspond au haut de la fourchette indicative qui avait été donnée par l'agence IGCP de gestion de la dette publique (750 millions à un milliard d'euros).

"L'adjudication montre que le Portugal peut se financer sur le marché monétaire mais le coût est nettement plus élevé que lors des précédentes adjudications. A mon avis, pour autant que le marché soit concerné, se financer à de tels niveaux ne peut être considéré que comme une solution temporaire", commente Peter Chatwell, spécialiste des taux au Crédit Agricole.

"Cela nous ramène au véritable problème du Portugal, qui est de pouvoir assumer la dette. Cela s'annonce mal du fait qu'il doit payer près de 6% même pour des bons", estime Michael Leister (WestLB).

PRESSIONS SUR DES ASSUREURS

Les rendements portugais ont atteint de nouveaux records depuis la création de l'euro ces derniers jours, à la suite de déclassements en série de la dette souveraine, consécutifs à la démission du gouvernement Socrates.

Le déclassement de la signature portugaise a en outre incité l'agence Moody's mercredi à réduire d'un ou de plusieurs crans les notes de sept banques portugaises. "Cette décision sur les notations fait suite au déclassement de la dette du Portugal et reflète aussi le propre profil de crédit affaibli de la plupart des banques portugaises", a-t-elle expliqué.

Deux journaux financiers portugais écrivent ce mercredi que le Fonds de stabilisation financière de la sécurité sociale (FEFSS) a vendu des actifs financiers à l'étranger ces derniers jours pour participer au financement du pays en souscrivant à ses adjudications.

Le Jornal de Negocios et le Diario Economico croyaient savoir, sans citer de sources, que le fonds, doté de 9,2 milliards d'euros, achèterait précisément une partie des bons adjugés aujourd'hui.

Le Diario Economico ajoute que des pressions ont été exercées récemment sur des compagnies d'assurance appartenant à la banque publique CGD pour qu'elles achètent plus de dette souveraine qu'elles ne le devraient normalement.

Le gouvernement portugais, démissionnaire, expédie les affaires courantes jusqu'aux élections anticipées prévues le 5 juin. Il n'a pas davantage l'intention qu'auparavant de faire appel à une aide internationale et explique que son statut actuel ne lui donne pas le pouvoir de le faire de toute façon.

Pour autant, le Portugal n'en doit pas moins prouver à ses créanciers qu'il prend les mesures qui s'imposent pour se remettre sur pied, estime le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn.

"La situation est entre les mains du gouvernement portugais (...). Il doit prouver à ses créanciers qu'il prend les bonnes mesures", a déclaré Dominique Strauss-Kahn dans un entretien accordé conjointement à El Pais, au Washington Post et à La Repubblica.

Les analystes estiment que Lisbonne ne pourra bien longtemps payer des rendements qui ont dépassé 10% pour le papier à cinq ans. Le Portugal doit rembourser plus de 4,2 milliards d'euros d'obligations arrivant à échéance le 15 avril puis encore 4,9 milliards d'euros en juin.

En incluant le versement de coupons et le financement du déficit, cela représente pour l'Etat un total à débourser de 12 à 15 milliards d'euros jusqu'en juin.

Shrikesh Laxmidas, avec Patrick Graham, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Danielle Rouquié

Copyright © 2011 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...