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Marché : Levées de fonds en berne pour le capital-investissement

Levées de fonds en berne pour le capital-investissementLevées de fonds en berne pour le capital-investissement

PARIS (Reuters) - Les levées de fonds des sociétés de capital-investissement ont nettement marqué le pas en France au premier semestre en raison de la crise financière et des nouvelles normes prudentielles pesant sur les banques et les assureurs, a déclaré mercredi l'Association française des investisseurs pour la croissance (Afic).

Selon l'Afic, qui défend les intérêts des sociétés de capital-investissement, les capitaux levés par les fonds se sont élevés à 1,79 milliard d'euros au cours des six premiers mois de l'année mais ils ne représentent à ce stade que 28% des 6,45 milliards d'euros levés en 2011.

"Les chiffres sont mauvais. Ils sont mauvais dans à peu près tous les compartiments du jeu", a déclaré Louis Godron, le président de l'Afic, lors d'une conférence de presse.

"Au moment où je vous parle, on ne voit pas du tout ce qui nous permettrait d'espérer atteindre les niveaux de levée de fonds comparables à 2011. Je suis extrêmement préoccupé là-dessus."

"Pour faire ce qu'on a fait en 2011, il faudrait lever 5 milliards entre le 1er juillet et le 31 décembre", a renchéri Chloé Magnier, directrice des études économiques et statistiques de l'Afic. "Aujourd'hui, je n'ai pas d'indications de fonds qui sont sur le point de clôturer leurs fonds sur de très gros montants."

Selon l'organisme, les banques et les compagnies font partie des investisseurs qui ont le plus réduit leurs investissements. Au premier semestre, elles n'ont représenté que 20,4% des montants collectés en France, contre 29% en 2011 et 40% des fonds levés en 2008.

VENT DEBOUT CONTRE LES PROJETS FISCAUX

Avec la crise, les investissements réalisés dans les entreprises renouent ainsi avec les plus bas enregistrés en 2009 après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers.

Ces investisseurs ont atteint 2,28 milliards d'euros au premier semestre contre 5,42 milliards au cours du second semestre 2011 et 4,31 milliards lors du premier semestre 2011.

L'Afic explique que, dans ce contexte, les fonds ont préféré réinvestir dans les sociétés au sein desquelles ils sont déjà présents plutôt que d'investir dans de nouvelles entreprises.

Du coup, l'investissement moyen dans de nouvelles entreprises a été divisé par deux, à 2,9 millions d'euros au premier semestre de cette année contre 5,8 millions un an plus tôt.

Pour éviter l'asphyxie financière des petites et moyennes entreprises, l'Afic demande au gouvernement d'encourager et d'augmenter la part de l'épargne réglementée, comme le Livret A ou l'assurance-vie, investie dans le capital-investissement.

L'association réitère dans le même temps son opposition tant au projet de loi de finances qu'au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2013 qui, à ses yeux, découragent les entrepreneurs, les fonds et les investisseurs étrangers.

Elle dénonce en particulier le projet du gouvernement visant à taxer à plus de 60% les plus-values de cession d'entreprise et le projet visant à considérer comme un revenu la plus-value d'investissement, dite "carried interest", réalisée par les gérants de fonds d'investissement.

"En France, aujourd'hui, il y a des dizaines de milliers d'entrepreneurs qui expriment leur révolte par rapport à la manière avec laquelle ils sont traités. Cela n'aide pas à avoir une bonne perception de notre pays auprès des investisseurs étrangers", a souligné Louis Godron. "La levée de fonds à l'étranger, je ne vois pas comment elle va s'améliorer."

Matthieu Protard, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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