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Marché : Les trimestriels en europe souffriraient des pays émergents

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par Blandine Hénault

PARIS (Reuters) - Les résultats des entreprises françaises et européennes au troisième trimestre, s'ils ne devraient pas susciter de grosses déceptions, risquent d'apporter de mauvaises surprises pour les sociétés exposées au ralentissement de la croissance dans les pays émergents.

Les analystes s'attendent à ce que les résultats des entreprises du Stoxx 600 reculent de 1,3% au troisième trimestre par rapport à la période correspondante de 2011, selon des données Thomson Reuters Starmine.

Et le consensus a établi depuis plusieurs mois que les sociétés du CAC 40 et du Stoxx 600 devraient enregistrer des bénéfices par action (BPA) en baisse pour l'année 2012.

D'après des données Datastream, les BPA des entreprises du CAC 40 devraient reculer de 2% cette année et de 2,2% pour les sociétés du Stoxx 600.

En début d'année, les analystes attendaient une croissance de 5,2% des BPA pour le CAC 40 et de 8,7% pour le Stoxx 600.

"Les prévisions de bénéfices ont été révisées en baisse quasiment sans discontinuer depuis près d'un an. Une grande partie du ralentissement a donc été acté", résume Pierre Sabatier, stratégiste chez Primeview.

Premier du CAC 40 à publier ses trimestriels, Carrefour a rassuré jeudi les investisseurs en parvenant à stabiliser ses ventes, faisant bondir son cours de Bourse de 3,69%.

"La semaine dernière encore, nous étions plutôt dans une tendance à la déception, mais les entreprises ont peut-être été trop prudentes dans leurs discours. Du coup, nous nous attendons presque à des surprises positives", observe Arnaud de Dumast, directeur de la gestion chez Banque Neuflize OBC.

Au premier semestre, les résultats des sociétés du CAC 40 s'étaient déjà révélés moins décevants que prévu grâce aux performances des groupes les moins exposés à la crise en zone euro ou positionnés dans le haut de gamme.

RALENTISSEMENT CHINOIS

Sur ce point, le troisième trimestre devrait toutefois marquer un retournement de tendance.

"Le ralentissement chinois n'a pas été intégré dans les révisions bénéficiaires. Il existe donc un risque de mauvaises surprises pour les grandes cycliques exposées à l'Asie", prévient Eric Bleines, directeur général adjoint et coresponsable de la gestion actions chez CCR AM.

Dans la ligne de mire des gérants, le secteur du luxe, jusqu'ici bon élève de la cote, concentre les inquiétudes après l'avertissement sur résultats lancé le mois dernier par le britannique Burberry.

Les valeurs du luxe restant bien valorisées, elles n'ont pas le droit de décevoir, fait valoir Olivier Noël, gérant actions Europe chez Turgot AM.

Pourraient aussi faire moins bien que prévu des secteurs comme les biens de consommation et d'équipement, l'acier et l'automobile, particulièrement les constructeurs allemands.

Selon les gérants, ces déceptions pourraient avoir un impact ponctuel sur certaines valeurs ou secteurs en Bourse sans toutefois peser sur l'évolution des indices européens pour la fin de l'année.

"Comme beaucoup de mauvaises nouvelles ont été encaissées, il n'y a pas de forts risques sur les marchés d'actions. Les résultats d'entreprises devraient plutôt servir de plafond en limitant le potentiel de hausse des indices", estime Pierre Sabatier.

VIGILANCE POUR 2013

Avec une conjoncture économique qui devrait rester dégradée, les marchés sont d'ores et déjà focalisés sur les résultats d'entreprises des prochains trimestres.

Le Fonds monétaire international a abaissé mardi ses prévisions de croissance mondiale pour 2012 et 2013, tablant respectivement sur une croissance de 3,3% et de 3,5%.

Or, au vu de ces perspectives économiques, le consensus pour les BPA des sociétés européennes en 2013 apparaît encore beaucoup trop optimiste au yeux des gérants.

Selon Datastream, les analystes attendent une croissance de 10% des BPA des entreprises du CAC 40 en 2013 et de 12,8% pour les sociétés du Stoxx 600.

"Les analystes sont tellement concentrés sur 2012 qu'ils n'ont pas encore commencé à réviser leurs prévisions pour 2013", relève Pierre Sabatier.

Pour Olivier Noël, les publications du troisième trimestre vont surtout servir à surveiller les indications des entreprises pour le quatrième trimestre et pour 2013.

"On a très peu de visibilité pour l'année prochaine, c'est là où il faudra être vigilant", prévient-il.

Avec Alexandre Boksenbaum-Granier pour les graphiques, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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