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Marché : Les transactions douteuses en nette augmentation en italie

Les transactions douteuses en nette augmentation en italieLes transactions douteuses en nette augmentation en italie

par Steve Scherer

ROME (Reuters) - Les transactions financières douteuses ont bondi d'un tiers en Italie l'an passé, a annoncé la banque centrale mercredi, signe que les évadés fiscaux, les escrocs et les truands tirent profit de la pire crise économique qui frappe l'Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Le nombre de transactions financières douteuses s'est élevé à près de 49.000 en 2011, soit une augmentation de 31,5 % par rapport à l'année précédente et de sept fois le nombre enregistré en 2009, selon un rapport du département d'information financière de la Banque d'Italie.

Les procureurs italiens qui luttent contre la mafia indiquent que les syndicats du crime ont resserré leur emprise sur la troisième économie de la zone euro à la faveur de la récession, la raréfaction du crédit bancaire ouvrant de nouvelles opportunités à des organisations mafieuses disposant d'abondantes liquidités et prêtes à les investir dans l'économie réelle.

"Il est clair que les organisations criminelles impliquées dans le trafic de drogue ont d'énormes sommes d'argent à investir et qu'en période de déclin économique, de nombreux hommes d'affaires ont besoin de liquidités, y compris ceux qui sont honnêtes", a déclaré à Reuters Vittorio Mete, qui mène des recherches sur la mafia à l'université de Catanzaro.

Selon le rapport, beaucoup de ces transactions douteuses se sont révélées être de fausses pistes mais près d'un tiers de celles qui ont fait l'objet d'une enquête l'année dernière se sont effectivement avérées illégales.

LE CRIME ORGANISÉ ESTIMÉ À 11% DU PIB ITALIEN

Les crimes découverts par les autorités recouvrent le blanchiment d'argent, la corruption, l'évasion fiscale, l'extorsion, la fraude, l'usure, le trafic de drogue et un grand nombre d'infractions de moindre gravité, notamment administratives, ajoute le rapport.

Le directeur général de l'administration fiscale italienne et quatre de ses employés ont été arrêtés au début du mois pour avoir détourné quelque 100 millions d'euros dépensés en avions privés, soirées et yachts.

En 2011, précise le rapport, des enquêtes ont pu établir des liens directs entre 445 transactions douteuses et la mafia, dont un quart étaient des transactions réalisées en Lombardie, la région la plus riche d'Italie.

"Le crime organisé est actif à l'échelle nationale", poursuit le rapport, citant une analyse des transactions financières liées à la mafia.

Les organisations criminelles telles que Cosa Nostra en Sicile, la Camorra napolitaine ou la 'Ndrangheta calabraise exercent depuis longtemps une influence sur l'économie italienne mais celle-ci s'est encore renforcée pendant la crise.

Un membre de l'assemblée de Lombardie a été arrêté la semaine dernière et accusé d'avoir acheté des votes à la mafia calabraise, profondément enracinée dans la région milanaise.

La mafia de Calabre, l'un des chefs de file du trafic de drogue dans le sud de l'Europe, était derrière 185 des transactions qui ont débouché sur des enquêtes criminelles en 2011.

Selon une autre étude de la Banque d'Italie, l'économie criminelle du pays représente presque 11 % du PIB de l'Italie, soit plus de 170 milliards d'euros, alors que le blanchiment d'argent représente environ 12 % du PIB annuel.

Juliette Rabat pour le service français, édité par Marc Angrand

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