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Marché : Les succès des banques aux tests ne lèvent pas les doutes

Les succès des banques aux tests ne lèvent pas les doutesLes succès des banques aux tests ne lèvent pas les doutes

par Steve Slater et Huw Jones

LONDRES (Reuters) - Huit banques européennes ont échoué aux tests de résistance qui devaient évaluer leur réaction en cas de récession prolongée, a annoncé vendredi l'Autorité bancaire européenne.

Ces examens, qui ne prenaient pas en compte l'hypothèse d'un défaut de la Grèce, ont été menés sur 90 banques et ont contraint les banques à livrer leurs prévisions de résultats, à intégrer des dépréciations sur leurs actifs obligataires et une montée subséquente de leurs coûts de financement.

Ils ont révélé que les banques qui ont échoué avaient besoin de 2,5 milliards d'euros de capitaux frais, bien moins que ce qu'anticipaient la plupart des analystes.

Cinq banques espagnoles, deux grecques et une autrichienne ne sont pas parvenus à surmonter le scénario le plus rude. Les marchés s'attendaient à ce que 5 à 15 banques échouent et qu'elles aient besoin de trouver 10 milliards d'euros.

Dans la foulée de la publication de ces résultats, après la fermeture des marchés européens, l'euro a atteint un plus haut de séance contre le dollar tandis que les Treasuries effaçaient leurs pertes et partaient à la hausse.

"Avec seulement huit banques qui échouent, et la nécessité pour ces banques de lever 2,5 milliards d'euros de capital, ce n'est pas la solution si l'on veut restaurer la confiance", a commenté Michael Symonds, analyste credit de Daiwa Capital Markets à Londres.

"Ce dont nous avions besoin, c'était de voir davantage de banques échouer et devoir à terme lever davantage de capital."

"Ceci dit, je ne pense pas que les gens s'attendaient vraiment à un tel résultat. Mais le remède au malaise plus général dette souveraine/banque en Europe doit aller plus loin qu'une simple injection de nouveaux capitaux dans les banques du continent européen."

Pour réussir ces tests, les banques devaient surmonter un scénario adverse et en ressortir avec un ratio de fonds propres dur supérieur à 5,0%. Le scénario en question prévoyait un effondrement des marchés d'actions, des obligations et de l'immobilier durant une récession de deux ans.

En plus de huit banques qui ont échoué à ces tests, 16 les ont réussi d'extrême justesse.

"L'autorité bancaire européenne a également recommandé aux autorités nationales de régulation que toutes les banques dont les ratios de fonds propres sont supérieurs mais proches de 5% et qui ont une exposition sensible aux obligations souveraines, prennent les décisions qui s'imposent pour qu'elles renforcent leurs positions", a dit l'ABE.

UN DÉFAUT GREC PAS DIRECTEMENT SIMULÉ

Les banques qui ont échoué ont désormais jusqu'au mois de septembre pour détailler la manière dont elles comptent combler leur déficit en fonds propres, tandis que leurs gouvernements doivent se tenir prêts à intervenir, avec de l'argent public si besoin.

"Les résultats des stress tests montrent que les banques européennes sont plus fortes et mieux à même de résister aux chocs", ont réagi les commissaires européens au Marché intérieur et aux Affaires économiques et monétaires Michel Barnier et Olli Rehn dans un communiqué commun.

L'opération n'est pas sans détracteurs. Ces derniers soulignent l'absence de l'hypothèse d'un défaut, même partiel, de la Grèce, qui entraînerait de lourdes pertes pour les banques françaises et allemandes.

L'ABE n'a pas imposé aux banques une décote sur les créances souveraines à long terme qu'elles détiennent, mais leur a demandé de prendre en compte l'impact sur leurs avoirs d'un abaissement de la note souveraine de quatre crans, ce qui reflèterait le défaut d'un pays déjà mal noté, comme la Grèce.

Suivant ce plan, les banques subiraient une décote de 15% sur le papier grec qu'elles détiennent. La plupart des spécialistes de marché estiment toutefois qu'il faut s'attendre à voir ces titres perdre 50% de leur valeur.

ENVOLÉE DES SPREADS

La crainte que la crise grecque s'étende à l'Espagne et à l'Italie a fait s'envoler les taux de rendement de la dette de ces deux pays et de leurs banques.

Redoutant que les banques européennes ne soient pas assez solides pour faire face à une telle contagion, les marchés les ont entraînées à la baisse jusqu'à des plus bas de deux ans.

Cette série de tests est la troisième -et la plus rigoureuse- effectuée en Union européenne depuis la crise financière mondiale ouverte il y a quatre ans.

Les tests organisés l'an dernier avaient présenté les banques irlandaises comme solides, peu avant qu'elles ne s'effondrent et ne contraignent Dublin à les nationaliser tout en demandant une aide européenne.

Plusieurs des banques ayant échoué aux tests avaient déjà entrepris des cessions d'actifs afin de consolider leurs fonds propres.

L'autrichienne Volksbanken avait ainsi vendu jeudi sa filiale en Europe de l'Est, VBI, à la russe Sberbank.

Le même jour, la grecque EFG Eurobank, a annoncé être en pourparlers pour vendre une participation majoritaire au capital de sa filiale turque Eurobank Tefken.

Initialement 91 banques européennes devaient être soumises aux tests mais la banque allemande Helaba n'a finalement pas pris part à l'exercice.

Avec Julien Toyer à Bruxelles, Nicolas Delame et Gregory Schwartz pour le service français, édité par Matthieu Protard

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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