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Marché : Les pays du fmi tentent de surmonter leurs divergences de vue

Les pays du fmi tentent de surmonter leurs divergences de vueLes pays du fmi tentent de surmonter leurs divergences de vue

par Lesley Wroughton et Isabel Versiani

WASHINGTON (Reuters) - Les pays membres du Fonds monétaire international (FMI) se sont employés à surmonter leurs vives divergences sur l'économie mondiale, reconnaissant que les poussées inflationnistes dans les économies émergentes comportaient également un risque pour les pays avancés.

S'emparant de l'un des principaux défis qui se posent à eux, les 187 nations du FMI ont admis samedi la gravité des flux de capitaux massifs qui se déplacent à des fins spéculatives vers les pays en développement, alimentant la croissance mais aussi l'inflation.

"Lorsque l'inflation augmente dans les marchés émergents, le problème ne concerne pas seulement ces marchés, mais c'est une inflation mondiale et peut-être un problème de taux d'intérêt", a déclaré le ministre des Finances de Singapour, Tharman Shanmugaratnam, qui préside le comité monétaire et financier du FMI.

Car l'économie mondiale présente un panorama très contrasté.

D'un côté, les pays avancés qui se remettent à peine de la crise financière de 2007-2009 présentent un lourd endettement et des taux d'intérêt historiquement bas; de l'autre, les pays en développement sont exposés à un risque de surchauffe inflationniste.

"C'est l'un des moments politiques les plus difficiles, l'un des défis les plus complexes que j'ai eu à vivre", reconnaît Angel Gurria, qui dirige l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE).

"RIEN N'EST ISOLÉ"

Conscients de la vive opposition de certains pays émergents à toute tentative d'encadrement de leur gestion des flux de capitaux, les membres du FMI ont estimé que les politiques nationales qui conduisent des investisseurs en quête de profits élevés à orienter massivement des fonds vers d'autres pays émergents, "exportant" au passage de l'inflation, devaient également faire l'objet d'une surveillance.

Dans un scénario noir, l'inflation dans le monde en développement se propagerait aux économies riches qui ploient déjà sous des déficits massifs. Cette généralisation de l'inflation renchérirait les coûts de l'emprunt et menacerait la reprise économique mondiale.

"La douloureuse leçon que nous avons apprise ces dernières années, c'est que rien n'est isolé et qu'un risque dans une région peut se transmettre rapidement au reste du monde", prévient Tharman Shanmugaratnam.

Dans son communiqué, le comité monétaire et financier international du conseil des gouverneurs du FMI note que l'économie mondiale "monte en régime" mais qu'elle "reste vulnérable" et exposée à des "risques considérables".

Réunis à Washington avant l'assemblée de printemps du FMI, les responsables économiques des pays du G20 ont décidé vendredi de repousser une décision sur le contrôle des capitaux.

La France, qui préside cette année ce groupe de pays avancés et émergents, veut parvenir à un accord pour le prochain sommet du G20, en novembre.

De son côté, le FMI a approuvé au début du mois le recours à des contrôles de capitaux, naguère considéré comme une hérésie pour le libéralisme économique.

Les pays avancés souhaitent établir un cadre qui surveillerait leur utilisation. Les pays émergents s'y opposent.

"Paradoxalement, certains des pays qui sont responsables de la plus grave crise depuis la Grande Dépression et n'ont pas encore réglé leurs propres problèmes montrent de l'empressement à prescrire des codes de conduite au reste du monde", dit le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega.

Le Brésil, précisément, est au nombre des pays qui ont eu recours à des taxes pour freiner les entrées massives de capitaux. Mais ses taux d'intérêt parmi les plus élevés du monde (11,75%), censés "refroidir" la surchauffe économique, attirent au final encore plus de capitaux étrangers.

Henri-Pierre André pour le service français

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