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Marché : Les partenaires de la zone euro prudents sur le fesf

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par Tetsushi Kajimoto

TOKYO/PARIS (Reuters) - Tokyo a assuré au patron du Fonds européen de stabilité financière (FESF) qu'il continuerait d'acheter les obligations émises par le fonds, tout en refusant, comme Pékin, de s'engager dans l'immédiat sur un éventuel abondement du véhicule spécial destiné à en augmenter la force de frappe.

D'autres acheteurs potentiels de dette européenne, comme le Brésil et la Russie, ont marqué de leur coté leur préférence pour une solution passant par le Fonds monétaire international (FMI) ou par des accords bilatéraux ad hoc avec des pays européens.

La tournée asiatique de Klaus Regling, le directeur du FESF, intervient quelques jours à peine avant l'ouverture jeudi d'un nouveau sommet du G20 qui se déroulera à Cannes sur deux jours.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro se sont entendus avec les banques pour réduire de 100 milliards d'euros la dette publique grecque et ont endossé un mécanisme permettant de porter la puissance de tir du Fonds européen de stabilité financière (FESF) à 1.000 milliards d'euros.

Le Japon, qui est déjà le premier détenteur d'obligations émises par le FESF (en dehors des pays membres de la zone euro eux-mêmes), s'est déclaré prêt à en acheter davantage, à condition toutefois que la zone euro prenne les mesures nécessaires pour endiguer la crise de la dette.

"Le gouvernement japonais continuera d'acheter des obligations que le FESF a émises au cours des dix derniers mois et il garde le contact pour les opérations futures", a déclaré lundi Klaus Regling après avoir rencontré le secrétaire d'Etat aux Finances japonais, Takehiko Nakao.

PÉKIN VEUT PROTÉGER SA DETTE, SES DÉBOUCHÉS

Avant de tenter de séduire Tokyo, Klaus Regling s'était rendu à Pékin pour promouvoir son fonds.

La Chine a de multiples raisons d'aider la zone euro, qui est à la fois l'un de ses principaux débouchés et la région d'où provient une partie de ses réserves investies en obligations souveraines, dont elle doit ainsi préserver la valeur.

Mais les responsables politiques chinois restent sur la défensive et ils demandent plus de précisions avant de décider des modalités de leur soutien.

L'aide de la Chine suscite par ailleurs des réticences de la part d'une partie de la classe politique européenne, qui y voit une forme d'ingérence susceptible d'affaiblir la souveraineté européenne.

Lundi, Henri Guaino, conseiller spécial du président français Nicolas Sarkozy, a assuré cependant que le soutien chinois ne faisait l'objet d'aucune contrepartie.

"Il est hors de question de négocier des contreparties. Si la Chine vient, c'est pour faire un placement dans un fonds qui va jouer un rôle important dans la stabilité mondiale", a-t-il souligné.

LE BRÉSIL PRÉFÈRE LE FMI

Le conseiller économique du Kremlin Arkady Dvorkovitch a déclaré que la Russie était prête à discuter avec un ou plusieurs pays membres de la zone euro d'une éventuelle aide financière, mais par le biais du FMI.

"Il n'y a eu aucune requête formelle de la part de l'Union européenne mais dans un tel cas de figure, (...) le ministère des Finances, la banque centrale, le gouvernement l'examineraient soigneusement de même que la possibilité d'une aide", a-t-il dit à la presse.

Arkady Dvorkovitch, le "sherpa" russe au sein du G8 et du G20, a précisé que la question d'une aide à la zone euro avait été évoquée par la Russie avec d'autres puissances émergentes.

En septembre dernier, il avait indiqué que la question serait débattue lors du sommet du G20 qui s'ouvre jeudi à Cannes, et que Moscou pourrait investir jusqu'à sept milliards d'euros dans la zone euro via le FMI.

Vendredi, le quotidien brésilien Valor Economico rapportait que Brasilia pourrait aider les pays fragilisés de la zone euro via le FMI et non le FESF.

Selon le quotidien, la principale économie latino-américaine serait prête à utiliser une partie de ses réserves internationales via le FMI à condition que le plan de la zone euro soit jugé solide et efficace.

De son côté, le président sud-coréen Lee Myung-bak, déclare dans un entretien que publiera le Figaro mardi que son pays a "la volonté de coopérer" avec la zone euro. Mais il exprime lui aussi des doutes sur la capacité de l'accord de Bruxelles à résoudre la crise.

"A moyen et long terme, dit-il, il faudra rendre cet accord plus concret et plus substantiel et surtout voir comment il pourra être mis en oeuvre. Nous craignons toutefois que les mesures prises ne soient pas en l'état suffisantes pour prévenir une nouvelle crise."

Tetsushi Kajimoto à Tokyo, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André, Nicolas Delame pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

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