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Marché : Les parlementaires américains envisagent un plan b sur la dette

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par Deborah Charles et Thomas Ferraro

WASHINGTON (Reuters) - A cinq jours de la date butoir fixée par le président Barack Obama à l'obtention d'un accord sur le budget et la dette américaine, et toujours aucune avancée en vue, les républicains et démocrates dessinaient lundi les contours d'un plan B pour éviter au pays la cessation de paiement.

Les deux partis s'accordent sur la nécessité de relever le plafond de la dette américaine, actuellement fixé à 14.300 milliards de dollars, mais se sont jusqu'à présent montrés profondément divisés sur la manière de le faire.

Les démocrates demandent que toute réduction des déficits se fasse par le biais d'augmentations d'impôts, mais les républicains rejettent cette option et exigent des réductions de dépenses, notamment des prestations de sécurité sociale.

Les marchés financiers commencent à craindre que les positions républicaine et démocrate soient inconciliables d'ici le 2 août, date à laquelle les Etats-Unis se retrouveront à court d'argent - et donc en risque de défaut de paiement.

Fitch Ratings a une nouvelle fois menacé lundi de placer la note de la dette souveraine américaine sous surveillance avec implication négative si aucun accord n'était trouvé sur la question du relèvement du plafond de l'endettement des Etats-Unis avant le 2 août.

Dans la matinée, l'agence Moody's a suggéré aux Etats-Unis d'éliminer simplement le plafond imposé à la dette du pays afin de réduire l'incertitude chez les détenteurs d'obligations souveraines. Elle avait prévenu la semaine dernière qu'elle baisserait la note AAA des Etats-Unis s'ils venaient à faire défaut sur leur dette.

Le secrétaire d'Etat américain au Trésor Timothy Geithner s'est toutefois montré rassurant quant à la conclusion d'un accord permettant d'éviter au pays un tel scénario.

"Malgré ce qu'on entend, les gens se rapprochent", a-t-il dit à la chaîne de télévision CNBC, saluant la volonté des républicains d'exclure l'éventualité d'un défaut de paiement.

Barack Obama a rencontré dimanche en privé les parlementaires républicains.

"Nous faisons des progrès", a-t-il dit lundi à la presse au sujet des tractations.

PLAN B

Le chef de file des sénateurs républicains, Mitch McConnell, défend un plan conférant directement à Barack Obama le pouvoir de relever le plafond de la dette et dont une version modifiée pourrait être débattue cette semaine au sein de la chambre haute, contrôlée par les démocrates.

Cette idée était jusqu'à présent considérée comme un plan B, mais progresse à mesure que les efforts pour parvenir à un accord global de réduction des déficits semblent tourner court.

La Maison Blanche a en effet fait savoir lundi que Barack Obama opposerait son veto au plan républicain "Coupe, plafond, équilibre" si celui-ci obtenait le feu vert du Congrès et parvenait sur son bureau.

Ce plan conditionne le relèvement du plafond de la dette à des réductions de dépenses fortes et immédiates (cut), à une limitation des niveaux futurs de dépenses (cap) et à un amendement constitutionnel exigeant la présentation d'un budget à l'équilibre chaque année (balance).

"Cette proposition de loi saperait la capacité du gouvernement fédéral à remplir ses engagements envers les séniors, les familles des classes moyennes et les plus vulnérables, tout en réduisant notre capacité à investir dans l'avenir" a estimé la Maison Blanche dans un communiqué.

La proposition doit être soumise mardi par les républicains au vote de la chambre des Représentants.

Les chances que ce texte soit adopté par le Sénat sont minces, mais il pourrait préparer le terrain à un plan de compromis, tel que celui avancé par Mitch McConnell, qui déchargerait les Républicains d'un vote politiquement délicat sur le relèvement du plafond de la dette.

Certains analystes prédisent que si un accord n'est pas trouvé d'ici la fin de la semaine sur le plafond de la dette, la crainte d'un défaut américain pourrait conduire le dollar à dégringoler sur les marchés des changes.

Natalie Huet pour le service français, édité par Catherine Monin

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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