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Marché : Les marchés sont-ils en train de s'habituer à la faiblesse du dollar?

Janet Yellen, présidente de la FED, va rester très prudente sur les relèvements de taux.Janet Yellen, présidente de la FED, va rester très prudente sur les relèvements de taux.

(Tradingsat.com) - Finis les scénarios de parité euro-dollar en vogue encore à la fin de l’année dernière. Le dollar ne veut plus monter, et Janet Yellen a confirmé la tendance hier soir avec un discours très accommodant. Mais les marchés semblent désormais s’y être fait.

Finie la longue attente de ces dernières semaines… Les marchés européens, limités dans leur progression par un dollar qui refusait obstinément de baisser, semblent avoir intégré le changement de scénario.

Et pourtant, c’est sans doute le chaînon manquant de toutes les projections de la fin de l’année dernière, et le pari le plus raté. Avec la perspective d’un relèvement des taux de la FED, tout le monde avait tablé sur un renforcement du dollar.

Les analystes pris à contre-pied

Goldman Sachs et Deutsche Bank par exemple avaient même parié sur un retour à la parité dans les premiers mois de cette année. Et tout le monde jouait ce scénario. Le fait que le dollar baisse depuis la fin de l’année dernière a pris tous les investisseurs à contre-pied.

Occasionnant quelques déséquilibres, et notamment l’impossibilité pour les actions européennes de progresser plus avant.

Le meilleur des deux mondes?

Mais la séance du jour marque sans doute un changement de paradigme. Finalement les investisseurs semblent faire contre mauvaise fortune bon cœur. Avec l’idée que c’est finalement le meilleur des 2 mondes qui se profile.

Le rythme volontairement lent et progressif choisi par Janet Yellen pour la remontée des taux américains, confirmé hier soir par son discours devant l’Economic Club de New York, semble être un moindre mal face aux déséquilibres mondiaux.

"Agir prudemment"

"Les développements à l’étranger signifient qu'il nous faudra, très certainement suivre une trajectoire un peu plus basse pour nos taux, que ce que nous avions anticipé en décembre" a-t-elle déclaré.

Avant d’ajouter : "Etant donné les risques pesant sur les perspectives, je considère qu'il est approprié pour le comité de politique monétaire d'agir prudemment."

La mécanique s’inverse

Evidemment le dollar a commencé à baisser sur ces déclarations, et l’euro est rapidement remonté à 1,13, plus très loin du sommet annuel à 1,1377. Mais au lieu de brider une fois de plus les indices, ce discours les a soutenus d’un coup, au contraire.

Les investisseurs semblent d’une part digérer la tendance actuelle du dollar, confortée par les perspectives de la FED. Jusque-là l’institution prévoyait 2 hausse de taux, une en juin et une pour la fin de l’année.

Deux hausses… ou une seule?

Mais si on regarde les dernières projections de marché, les probabilités de relèvement en juin sont passées en quelques jours de 50 à 37% ! Preuve que l’ensemble de la planète financière semble tenir compte d’un processus qui s’annonce plus lent et plus précautionneux que prévu.

Une majorité ne prévoit plus qu’une hausse qui aurait lieu fin 2016. De plus en attendant que les taux de changes se rééquilibrent durablement, le maintien du dollar sur ces niveaux, a le mérite de réduire 2 grosses sources d’instabilité.

Les matières premières se reprennent

Déjà provoquer des arbitrages positifs pour les matières premières. La baisse du dollar permet aux acheteurs de minerais ou de pétrole de pouvoir stocker sur des cours plus avantageux du fait de la relative faiblesse de la monnaie de référence.

Ainsi, que ce soit les minerais ou le pétrole, on assiste à un rebond impressionnant depuis le début de l’année, qui devrait bénéficier encore de cet effet dollar.

Retour en grâce des émergents

De plus, le réajustement du dollar permet aussi aux monnaies émergentes de rebondir. Et les pays émergents grâce à cela, bénéficient d’entrées de capitaux massives. Sur le mois de mars, ils ont engrangé 36,8 milliards de dollars, un plus haut de 21 mois.

Alors que les marchés s’inquiétaient de la faiblesse du dollar, voilà que Janet Yellen les a peut-être convaincus sur le long terme que la doctrine de FED est la bonne. Des équilibres subtils à trouver, mais qui occasionnent, encore ce matin, des arbitrages finalement très positifs pour l’ensemble dui monde financier.

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