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Marché : Les marchés s'interrogent avant la réunion de la bce

Les marchés s'interrogent avant la réunion de la bceLes marchés s'interrogent avant la réunion de la bce

par Antoni Slodkowski et Eva Kuehnen

TOKYO (Reuters) - L'euro était stable jeudi matin face au dollar avant une éventuelle baisse des taux d'intérêt que pourrait décider la Banque centrale européenne à l'occasion de la dernière réunion de politique monétaire de son président Jean-Claude Trichet.

L'euro, qui cote 1,3350 dollar environ, est notamment soutenu après l'engagement pris par l'Allemagne mercredi d'aider ses banques si nécessaire.

Qu'annoncera la BCE à 12h45 GMT à l'issue de la réunion de son conseil des gouverneurs animé pour la dernière fois par Jean-Claude Trichet ? La question est très discutée.

Les économistes de marché anticipent en majorité un simple statu quo monétaire - le principal taux directeur de la BCE resterait à 1,5%. Mais des voix de plus en plus nombreuses se sont fait entendre pour demander une baisse du loyer de l'argent alors que les signes se multiplient d'un essoufflement de la reprise économique et alors que la crise financière - obligataire et bancaire - s'envenime.

Cela dit, l'inflation a continué à progresser en septembre dans la zone euro. Elle a atteint 3,0% en rythme annuel, son niveau le plus élevé en presque trois ans, contre 2,5% en août, soit déjà nettement au-dessus de l'objectif visé par la BCE. Or, la mission essentielle de la banque centrale des 17 pays de la zone euro est de maintenir la hausse des prix à un niveau légèrement inférieur à 2%.

Si la BCE ne réduit pas le coût du crédit, elle pourrait annoncer d'autres mesures de soutien. Parmi les mesures attendues par le marché : accroissement de la liquidité, rétablissement des appels d'offres à 12 mois utilisés pour la dernière fois fin 2009, remise au goût du jour du programme d'achat d'obligations sécurisées (covered bonds).

Selon une enquête Reuters réalisée la semaine dernière, 56 des 75 économistes disent anticiper un maintien des taux directeurs, mais 13 anticipent une baisse de 25 points de base et sept prédisent même un réduction de 50 points.

Par exemple, JP Morgan Chase anticipe une baisse de 50 points du loyer de l'argent.

La monnaie unique a perdu environ 10% face au billet vert depuis son pic de fin août à 1,4550 dollar, mais est au-dessus de son point bas de neuf mois à 1,3145 dollar touché cette semaine.

CARMIGNAC GESTION VEUT LES TAUX A ZÉRO

Après avoir relevé les taux à deux reprises cette année, en avril et juillet, la BCE a changé d'attitude lors de sa réunion de septembre et entrouvert la porte à de futures baisses.

Elle a dit que les risques relatifs à l'inflation n'étaient plus orientés à la hausse mais étaient "globalement équilibrés".

Depuis, l'inflation a été annoncée à 3%, mais les signes de ralentissement se sont confirmés. La banque d'affaires américaine Goldman Sachs et d'autres prévoient même désormais une "légère récession" pour la zone euro au quatrième trimestre.

L'économiste d'Oxford Economic Forecasting (OEF) Tom Rogers estime que la BCE devra ramener ses taux à moins de 1% si l'économie retombe en récession.

Dans un encart publicitaire pleine page publié dans le Financial Times de mercredi, le gérant français Carmignac Gestion, dont les actifs sous gestion se montent à 55 milliards d'euros, demande à Jean-Claude Trichet d'aller plus loin et de ramener les taux à zéro.

"Adieu, on ne vous regrettera pas !", lit-on dans l'encart, présenté sous la forme d'une lettre au président de la BCE. "Ce sera votre dernière chance de partir sur une note positive."

Selon de nombreux économistes, il serait utile au prochain président de la BCE, l'italien Mario Draghi, que Jean-Claude Trichet décide d'une baisse du loger de l'argent avant sa prise de fonction.

Ils estiment que si Mario Draghi devait prendre une telle mesure pour sa première réunion de politique monétaire, en novembre, il risquerait d'être ensuite dépeint comme un tenant de la baisse des taux.

Cela impliquerait toutefois que Jean-Claude Trichet laisse comme dernière mesure de son mandat de huit ans une baisse des taux dans un contexte d'inflation élevée: une telle décision, contraire aux principes fondamentaux de la BCE, aurait de quoi hérisser les partisans de l'orthodoxie budgétaire.

Certains comme Carmignac ont critiqué la BCE pour ne pas en avoir fait assez pour lutter contre la crise de la dette dans la zone euro, mais d'autres, comme la Bundesbank, estiment que la BCE est déjà allée au-delà de ses limites et qu'elle met son indépendance en danger.

La zone euro pourrait donc devoir attendre de nouveaux signes de ralentissement, ou un recul de l'inflation, pour recevoir une bouffée d'oxygène sous la forme d'une baisse des taux.

Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gregory Schwartz

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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