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Marché : Les marchés inquiets d'une restructuration de la dette grecque

Les marchés inquiets d'une restructuration de la dette grecqueLes marchés inquiets d'une restructuration de la dette grecque

par Shrikesh Laxmidas

LISBONNE (Reuters) - Le coût de la dette Grèce s'envole de nouveau jeudi, en réaction à une éventuelle restructuration de la dette grecque évoquée pour la première fois par l'Allemagne, un scénario qu'un banquier central juge "catastrophique".

Le ministre des Finances allemand a reconnu mercredi qu'Athènes pourrait devoir se résoudre à cette extrémité, précisant que cette solution ne pourrait être appliquée que si la Grèce en faisait le choix d'elle-même, ajoutant qu'une telle éventualité n'interviendrait pas avant 2013.

Mais des voix discordantes se sont immédiatement fait entendre. Restructurer la dette de la Grèce aurait des effets catastrophiques, ruinant ses banques et paralysant son économie, a ainsi estimé Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE).

"Selon notre analyse, une restructuration de la dette déboucherait sur la faillite d'une grande partie du système bancaire grec", a-t-il déclaré dans un entretien au journal italien Il Sole 24 Ore publié jeudi.

"En fin de compte c'est à la Grèce de choisir la voie à suivre, étant donné qu'elle en subira les conséquences. Mais les autres pays doivent éviter de la pousser vers la catastrophe."

Un porte-parole du gouvernement grec a de nouveau assuré que la Grèce n'envisageait pas restructurer sa dette et qu'elle remplirait les exigences budgétaires évoquées dans le plan d'aide de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire internationale (FMI).

Dans ce contexte, la prime exigée par les investisseurs pour détenir de la dette grecque plutôt que des Bunds a dépassé les 1.000 points de base (pdb) pour la première fois depuis mai 2010. L'écart de rendement de la dette grecque à 10 ans par rapport à la dette allemande de même échéance s'est creusé de 33 pdb depuis mercredi, à 1.001 pdb.

Le rendement demandé par les investisseurs pour la dette à deux ans a bondi à 18,30%, soit une hausse de 0,83 points de pourcentage, atteignant un plus haut depuis que la Grèce a eu recours à une aide internationale de 110 milliards d'euros l'année dernière.

Dans le sillage de la Grèce, les credit default swaps (CDS) des autres pays ayant eu recours à une aide - l'Irlande et le Portugal - progressent, de même que les CDS espagnols.

Les Bourses européennes ont réagi à la baisse, l'hypothèse d'une restructuration de la dette grecque affectant particulièrement les valeurs bancaires des périphériques de la zone euro, l'indice européen du secteur cédant 1,6% vers 13h40 GMT, et l'indice du secteur bancaire grec reculait simultanément de 4,43%.

LES PÉRIPHÉRIQUES SOUS PRESSION

Le débat sur la dette grecque ravive une certaine inquiétude quant à la solidité budgétaire d'autres Etats, notamment l'Espagne ou l'Italie, en ligne de mire des marchés.

L'Espagne espère que la Chine l'aidera à recapitaliser son secteur bancaire, tandis qu'une source espagnole a affirmé jeudi que Pékin s'intéresse à des investissements dans les caisses d'épargnes espagnoles.

Selon des estimations officielles, les "cajas", qui détiennent la moitié des dépôts dans le système financier espagnol, auraient besoin de 15 milliards d'euros (22 milliards de dollars) de financements pour faire face aux nouveaux objectifs financiers.

A Lisbonne, des responsables de la Commission européenne, de la BCE et du FMI ont commencé à éplucher les comptes publics du Portugal pour décider de l'ampleur des nouvelles mesures d'austérité à mettre en place en contrepartie d'un prêt de trois ans qui pourrait atteindre 80 milliards d'euros.

Le ministre des Finances Fernando Teixeira dos Santos a dit s'attendre à ce que l'Europe approuve le programme d'aide à la mi-mai.

A Dublin, le premier ministre irlandais Enda Kenny a annoncé mercredi que l'Irlande et ses créanciers réviseraient cette semaine les modalités de l'accord portant sur le prêt de 85 milliards d'euros consenti au pays.

Le FMI a abaissé cette semaine sa prévision de croissance du PIB à 0,5% contre 0,9% estimé précédemment et a indiqué qu'il ne s'attendait pas à ce que l'Irlande remplisse l'objectif adopté de ramener son déficit budgétaire sous la limite de 3% d'ici à 2015.

Avec Noah Barkin à Berlin, Carmel Crimmins à Dublin, Catherine Monin pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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