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Marché : Les marchés fébriles face au casse-tête grec

Les marchés fébriles face au casse-tête grecLes marchés fébriles face au casse-tête grec

LONDRES/PARIS/ATHENES (Reuters) - Le problème grec pèse à nouveau sur les marchés financiers européens jeudi, en particulier sur le secteur bancaire français, alors que la perspective d'un accord rapide sur la dette du pays semble de moins en moins probable.

En raison de divergences au sein de la zone euro sur la question de la contribution des créanciers privés, trois sources ont déclaré à Reuters qu'un nouveau paquet d'aide à la Grèce ne serait sans doute pas ficelé lundi prochain à Luxembourg, lors de la prochaine réunion des ministres européens des Finances.

Quelle que soit l'issue des négociations, l'impasse se profile car les agences de notation ont d'ores et déjà fait savoir qu'elles considèreraient tout type d'échange de titres de dette comme un défaut de la Grèce, qui provoquerait un nouvel abaissement de la note de crédit du pays.

A Athènes, la tension monte, contraignant le Premier ministre grec Georges Papandréou à annoncer mercredi soir la formation d'un nouveau gouvernement, au soir d'une journée de forte mobilisation contre son nouveau plan d'austérité.

Dans ce contexte de grande incertitude, les Bourses européennes poursuivent le repli entamé la veille, l'indice FTSEurofirst 300 cédant 0,79% vers 12h45.

Toutefois, certains gérants estiment que le marché n'est pas encore entré dans une phase de "capitulation".

MARCHES FÉBRILES

"On ne constate pas de sortie des investisseurs des fonds actions, comme c'était le cas il y a un an. On n'a pas le sentiment d'assister à un changement de l'opinion fondamentale sur les marchés", déclare Françoise Rochette, responsable de la gestion diversifiée chez Edmond de Rothschild AM.

Les Bunds allemands évoluaient jeudi à un niveau proche de leurs plus hauts de 2011 à 126,43 points de base (pdb), tandis que le rendement des obligations allemandes à 10 ans, qui évolue inversement par rapport au prix, reculait de 3,5 pdb, à 2,924%.

Les CDS grecs à cinq ans ont grimpé à un niveau sans précédent gagnant 174 pdb à 1.900 pdb, selon les données Markit, ce qui signifie qu'il coûte désormais 1,9 million d'euros pour garantir 10 millions d'euros d'exposition à la dette grecque.

La Grèce entraîne dans son sillage les pays les plus fragiles de la zone, les CDS irlandais et portugais à cinq ans touchant également un niveau record.

Une émission espagnole, considérée comme un test du sentiment des investisseurs vis-à-vis de la zone euro, s'est soldée par une adjudication de 2,8 milliards de dette à maturité longue, mais Madrid dû consentir à le faire à un prix élevé.

L'euro est passé de son côté sous sa moyenne mobile à 100 jours à 1,4152 dollar à la suite d'un article dans lequel Nout Wellink (BCE) estime qu'il faudrait porter la capacité du fonds d'aide européen à 1.500 milliards d'euros en raison des risques de contagion à l'Irlande et au Portugal.

SECTEUR BANCAIRE EN DISGRÂCE

L'exposition des banques françaises à la Grèce inquiète depuis plusieurs mois les marchés financiers. L'agence Moody's a placé mercredi Société générale, BNP Paribas et Crédit agricole sous surveillance avec implication négative.

A la Bourse de Paris, ces trois titres reculent respectivement de 3%, 2% et 2,2% en milieu de journée. Elles sous-performent encore l'indice sectoriel Stoxx 600 des banques européennes qui cède près de 1%.

"Nous pensons que le risque souverain en Europe va provisoirement se calmer avec l'approbation d'un plan d'aide supplémentaire à la Grèce", tempèrent toutefois les stratégistes de Société générale CIB.

La banque franco-belge Dexia cède plus de 5% après avoir chuté de plus de 8% dans les premiers échanges.

"Dexia est en proportion de sa taille et de sa rentabilité plus nettement exposée au risque souverain européen que les autres banques", commente Romain Burnand, co-fondateur de Moneta Asset Management.

La ministre de l'économie Christine Lagarde a tenté de rassurer les marchés en se déclarant confiante dans la capacité de résistance du système bancaire français.

Nicolas Sarkozy de son côté a lancé un appel à l'esprit de responsabilité, à l'unité et "au sens du compromis" des Européens pour trouver un consensus permettant de régler la crise de la dette grecque.

William James à Londres, Noah Barkin à Berlin, Renee Maltezou à Athènes, Matthieu Protard et Juliette Rouillon à Paris; Catherine Monin pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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