Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : Les marchés craignent l'enlisement politique en italie

Marché : Les marchés craignent l'enlisement politique en italie

Les marchés craignent l'enlisement politique en italieLes marchés craignent l'enlisement politique en italie

par Philip Pullella et Emelia Sithole-Matarise

MILAN / LONDRES (Reuters) - Les rendements des obligations d'Etat italiennes à 10 ans ont dépassé mercredi le seuil critique de 7% tandis que les Bourses s'enfonçaient de nouveau dans le rouge, le soulagement provoqué par l'annonce du prochain départ de Silvio Berlusconi ayant cédé le pas à l'inquiétude.

Un rendement de 7% à 10 ans sur la dette souveraine est considéré par beaucoup d'investisseurs comme insoutenable sur la durée. Ces dernières années, la Grèce, l'Irlande et le Portugal ont chacun à leur tour été contraints d'appeler à l'aide internationale après avoir vu le coût de leur dette franchir ce seuil.

Le rendement du 10 ans italien a frôlé les 7,5% avant de revenir à 7,3% en milieu d'après-midi.

L'euro perdait environ 1,8% face au dollar, au yen et à la livre sterling vers 15h10 GMT. Il s'échangeait à 1,3580 dollar vers 15h10 GMT contre 1,3860 en début de journée en Europe.

Au même moment, les marchés d'actions étaient en net recul : l'indice paneuropéen EuroStoxx 50 perdait 2,8%, le CAC 40 2,6% et le Dax à Francfort 2,4%. Le marché milanais chutait de 4,5%.

Wall Street a emboîté le pas aux marchés européens. En début de séance, le Dow Jones et le S&P 500 perdaient tous deux plus de 2%.

La plupart des Bourses européennes avaient pourtant ouvert dans le vert, dans le sillage des clôtures positives à New York et Tokyo après l'annonce, mardi soir, de la démission prochaine du président du Conseil Silvio Berlusconi.

Mais les doutes sur le calendrier de ce départ, l'identité du successeur et le risque de voir perdurer l'instabilité politique dans la troisième économie d'Europe ont vite repris le dessus, l'Italie remplaçant la Grèce au premier rang des sujets de préoccupation.

"Rien ne garantit que le successeur (de Berlusconi) sera capable de faire du meilleur boulot", a résumé Christian Jimenez, gérant et président de Diamant Bleu Gestion.

Silvio Berlusconi a confirmé qu'il démissionnerait de la présidence du Conseil une fois entérinées les réformes économiques d'urgence réclamées par l'Union européenne. Il a plaidé pour des élections législatives anticipées, en s'engageant à ne pas être candidat.

Le président du Sénat Renato Schifani, a-t-on appris de source politique à Rome, demandera aux sénateurs d'adopter la loi sur la stabilité financière d'ici la fin de la semaine.

La présence de Silvio Berlusconi à la tête de l'exécutif italien était perçue par beaucoup d'investisseurs comme un obstacle à des réformes budgétaires et fiscales d'envergure, alors que l'Italie affiche une dette publique d'environ 1.900 milliards d'euros, soit 120% de son produit intérieur brut.

LA BCE POURSUIT SES INTERVENTIONS

Le "spread" (écart) de rendement entre les obligations italiennes à 10 ans et leurs équivalentes allemandes a franchi la barre des 500 points de base (pdb) pour atteindre 558 points dans l'après-midi.

"Un écart de taux supérieur à 600 points de base et un taux 10 ans supérieur à 8% a systématiquement entraîné une intervention de l'Europe et du FMI au niveau du pays européen concerné (Irlande, Grèce, Portugal)", rappelle Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse France.

Rome devra refinancer quelque 300 milliards d'euros de dettes en 2012.

Autre signe de tension, la chambre de compensation LCH.Clearnet a relevé son appel de marge initial sur la dette italienne, ce qui a pour effet d'accroître le coût de la détention de titres italiens, donc d'augmenter la pression vendeuse.

La Banque centrale européenne est de nouveau intervenue sur les marchés pour racheter des obligations italiennes, ont rapporté plusieurs professionnels.

"La BCE achète dans des quantités conséquentes", a dit un investisseur à Londres. "On en vient à s'interroger sur sa puissance de feu. Ça fait peur. Le marché a été un peu naïf quand Berlusconi a annoncé son départ, et maintenant il réalise qu'il y a une montagne à gravir."

De son côté, la directrice générale du Fonds monétaire international, en déplacement en Chine, a estimé que la crise de la dette menaçait l'économie mondiale d'une "décennie perdue", une expression utilisée par les économistes pour décrire la situation du Japon depuis les années 1990, conjuguant croissance faible, déflation et endettement massif.

"Nous avons le sentiment que si nous n'agissons pas avec audace et si nous n'agissons pas ensemble, l'économie du monde entier court le risque d'une spirale d'incertitude, d'instabilité financière et d'un effondrement potentiel de la demande mondiale", a dit Christine Lagarde.

La semaine dernière, Silvio Berlusconi avait dû consentir à ce que le FMI instaure une surveillance régulière de la mise en oeuvre des réformes promises.

Marc Angrand pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...