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Marché : Les grands labos pourront faire face aux déremboursements

Les grands labos pourront faire face aux déremboursementsLes grands labos pourront faire face aux déremboursements

par Noëlle Mennella

PARIS (Reuters) - La baisse en France du taux de remboursement de certains médicaments devrait avoir un impact limité sur les grands groupes pharmaceutiques mais elle pourrait affecter les petits laboratoires dont le portefeuille de produits est plus ancien et moins diversifié.

Afin de réduire la facture de la Sécurité sociale, l'Agence de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a décidé de passer au crible 100 à 200 molécules avant la fin 2011 afin de juger de leur efficacité.

Au total, l'ensemble des produits qui on eu une autorisation de mise sur le marché avant 2005, soit 4.000 médicaments, sont potentiellement menacés de déremboursement si, selon le jargon de la Haute Autorité de Santé (HAS), leur "service médical rendu" était jugé insuffisant où faible.

L'Afssaps se prononce à partir des préconisations de la commission de la transparence de la Haute Autorité de santé (HAS) qui, régulièrement, passe en revue toute la pharmacopée française.

Ces mesures ont abouti l'an dernier à la réduction de 35% à 15% du taux de remboursement de près de 200 médicaments. Parmi eux, le désinfectant Hexomedine (Sanofi), le sirop Polery Enfant et la crème hydratante Dexeryl (Pierre Fabre) et le Tanakan d'Ipsen, un traitement des troubles de la mémoire chez les personnes âgées.

UN LONG PROCESSUS

Sur fond de suspicions d'effets secondaires hépatiques entourant le médicament, la HAS vient également de juger insuffisant le service médical rendu par le Multaq, l'anti-arythmique de Sanofi, aujourd'hui remboursé à hauteur de 65%.

Cette recommandation ouvre la voie à un déremboursement d'un médicament que le champion tricolore avait un temps classé comme un produit pouvant générer un milliard d'euros de ventes annuelles.

Ainsi, le scandale du Mediator a conduit l'agence, aiguillée par le ministère de la Santé, à surveiller de plus en plus étroitement le marché.

En présentant en juin dernier sa réforme du médicament, le ministre Xavier Bertrand avait été clair : la collectivité cessera de prendre en charge les produits au service rendu insuffisant.

"On va travailler dans ce sens et passer au crible à terme la pharmacopée et tous ceux qui feront l'objet d'un service médical insuffisant feront l'objet d'un déremboursement. C'est un processus qui est assez long", souligne-t-on au ministère de la Santé.

Toutefois, l'impact de cette décision est jugé marginal sur la santé d'un secteur dont la croissance est alimentée par les défis liés au vieillissement et par une demande de nouveaux médicaments.

Dans une étude, le groupe Heuler Hermes observe que la rentabilité des grands acteurs du système pourrait être menacée à moyen terme par le déficit structurel des régimes d'assurances maladie qui conduit à une baisse des taux de remboursement afin de contenir les dépenses de santé.

Mais le leader mondial de l'assurance-crédit constate aussi que pour affronter ces pressions, les "big pharma" savent rationaliser drastiquement leur coûts, en diminuant leur effectifs et en réalisant des opérations de croissance externe.

De fait, commente l'analyste d'une grande banque, "l'impact des déremboursements est limité pour les grands laboratoires car ils concernent la queue de portefeuille, surtout des produits de confort, et non des produits innovants".

L'ÉPAISSEUR DU TRAIT POUR SANOFI

Pour les grands groupes comme Sanofi, "ce sera l'épaisseur du trait", estime de son côté Arsène Guekam analyste chez CM-CIC.

Antoine Dupuy d'Angeac, gestionnaire de portefeuille à la société de gestion de fonds Acropole Asset Management, remarque aussi que chez Sanofi l'impact des mesures gouvernementales a été compensé par "des réductions de coûts extrêmement drastiques et par la baisse des budgets de recherche/développement".

De fait, les organisations syndicales déploraient récemment dans un communiqué la suppression par le laboratoire français de 4.500 emplois entre fin 2008 et 2014 grâce à la fermeture ou la vente de huit sites en France.

Néanmoins, les laboratoires non cotés, comme Fabre ou Servier, risquent d'être plus affectés par d'éventuels déremboursements.

Les experts pointent aussi le cas particulier d'Ipsen sur lequel plane une menace de déremboursement du Tanakan. Mais le dépôt par la société d'une nouvelle étude évaluant l'efficacité du principe actif du produit dans la prévention de la maladie d'Alzheimer pourrait inciter les autorités à revoir leur position.

En tout état de cause, les laboratoires dont les médicaments ne seront plus remboursés auront toujours la possibilité de vendre leurs molécules en libre accès là où les prix ne sont pas réglementés ce qui peut permettre de compenser partiellement la baisse de volume liée aux déremboursements.

Reste que les plus petits laboratoires ne sont pas toujours équipés pour poursuivre la vente de leurs produits dans ce circuit.

Edité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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