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Marché : Les européens s'activent autour de la succession de strauss-kahn

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par John O'Donnell et Lesley Wroughton

BRUXELLES/WASHINGTON (Reuters) - Les dirigeants européens s'activent pour s'entendre d'ici au G8 de Deauville fin mai sur un candidat à la succession de Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds monétaire international, et une candidature de la Christine Lagarde semble se détacher.

La chancelière allemande Angela Merkel a confirmé que la ministre française de l'Economie figurait parmi les candidats potentiels que l'Union européenne pourrait présenter.

"Parmi les noms qui circulent pour la succession au FMI figure celui de la ministre française de l'Economie Christine Lagarde, que je tiens en haute estime", a-t-elle déclaré vendredi au cours d'une conférence de presse.

Selon des diplomates, le président du Conseil européen Herman van Rompuy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso cherchent à obtenir un accord sur une candidature de Christine Lagarde.

Certains pays émergents ont estimé que la coutume d'attribuer le poste de directeur général du FMI à un Européen n'était plus de mise et que d'autres devaient aussi avoir leur chance. Le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner a tenu des propos vendredi qui ont pu être interprétés comme allant dans ce sens.

"Nous sommes prêts à soutenir un candidat avec la profonde expérience et les qualités de leadership requises et qui pourrait obtenir un large soutien parmi les membres du Fonds, a déclaré Tim Geithner dans un communiqué.

"Il est important que ce soit un processus ouvert et qui aille vite pour sélectionner une nouvelle direction pour le FMI", a-t-il ajouté.

L'ancien ministre turc de l'Economie Kemal Dervis, largement cité parmi les successeurs potentiels de Dominique Strauss-Kahn, a fait savoir vendredi qu'il ne prendrait pas part à la course.

"Dans les spéculations concernant la succession au FMI, j'ai été inclus dans le groupe de personnes ayant l'expérience appropriée. Mais je ne suis pas, et ne serai pas, candidat", a dit Kemal Dervis dans un communiqué.

Dominique Strauss-Khan, qui a démissionné de ses fonctions de directeur général du FMI en raison de son implication dans une affaire de moeurs, a obtenu jeudi soir sa libération sous caution, et devait quitter la prison new-yorkaise de Rikers Island vendredi. Il résidera à Manhattan sous surveillance électronique.

L'OMBRE DE L'AFFAIRE TAPIE

Christine Lagarde avait reçu dès jeudi le soutien du président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, ainsi que celui du président du Conseil italien Silvio Berlusconi.

Les économistes jugent que la Française est favorite, selon une enquête Reuters publiée jeudi, ce qui ferait d'elle, à 55 ans, la première femme à prendre les rênes de l'institution de Washington. Sur 56 experts interrogés, 32 pensent qu'elle deviendra directrice générale du FMI, selon cette enquête.

L'intéressée s'est refusé à donner son avis sur la question, déclarant seulement à la presse que "toute candidature, quelle qu'elle soit, devra émaner des Européens qui se rassemblent, tous ensemble".

La Chine et le Japon ont appelé à un processus de sélection transparent pour choisir le futur directeur du FMI sur son mérite. Mais une source européenne a déclaré que Pékin était en privé favorable à Christine Lagarde, et que cette dernière devait désormais obtenir des soutiens en Amérique latine.

"Il y a eu des contacts préliminaires pour vérifier si Christine Lagarde a le soutien d'autres pays, car elle est considérée comme la meilleure candidate en Europe", a indiqué un diplomate. "Il faut que la décision soit rapide. Ce serait mieux d'arriver à un consensus avant la réunion du G8."

Les dirigeants du Groupe des huit principaux pays industrialisés se réunissent à Deauville les 26 et 27 mai, sous l'égide de la France qui préside actuellement le G8 et le G20.

Toujours selon des diplomates, la Belgique, dont le ministre des Finances Didier Reynders pourrait lui-même être candidat, a émis des réserves sur une candidature de Christine Lagarde, évoquant de possibles démêlés judiciaires pour la Française.

Le procureur général de la Cour de cassation a demandé une enquête la concernant pour "abus d'autorité" dans l'affaire Tapie, et trois magistrats doivent se prononcer à la mi-juin sur l'ouverture de poursuites.

L'affaire concerne l'attribution de 285 millions d'euros d'argent public à Bernard Tapie en compensation d'un manque à gagner présumé lors de la revente de l'entreprise Adidas. Ce versement, autorisé par Christine Lagarde à la suite d'une procédure d'arbitrage, est contesté.

"Nous devons être absolument certains que le candidat retenu soit capable d'occuper le poste pendant toute la durée de son mandat, cette fois-ci", a dit un diplomate.

Avec Thorsten Severin à Berlin, Catherine Monin, Jean Décotte et Danielle Rouquié pour le service français

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