Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : Les entreprises reviennent en force sur le marché de la dette

Marché : Les entreprises reviennent en force sur le marché de la dette

Les entreprises reviennent en force sur le marché de la detteLes entreprises reviennent en force sur le marché de la dette

par Blandine Hénault et Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - La Banque centrale européenne a donné un coup de fouet aux obligations d'entreprise (crédit corporate), qui s'est traduit ces dernières semaines par de nombreuses émissions, habituellement rares en été, et par un resserrement des primes de risque (spreads) offertes aux investisseurs.

Depuis que Mario Draghi, le 26 juillet, a promis que la BCE ferait tout pour sauver la zone euro - ce qui s'est traduit concrètement jeudi dernier par l'annonce d'un nouveau dispositif de rachat de dette -, les entreprises espagnoles et italiennes ont pu revenir sur le marché du crédit qui leur était fermé jusque-là.

Mais ce sont toutes les entreprises de la zone euro qui peuvent ainsi profiter de la baisse des taux pour assurer leur financement ou leur refinancement. Les non-financières, qui n'avaient rien émis en août 2011, ont émis 7,4 milliards d'euros le mois dernier.

Le début septembre a été particulièrement actif sur le marché primaire avec 10,25 milliards d'euros émis rien que la semaine dernière - dont plus de 7,0 milliards par des corporates de la catégorie investissement (IG, "BBB-" et au-dessus). Cela a porté le total des émissions depuis le début de l'année à plus de 116 milliards d'euros, contre un peu plus de 90 milliards au total en 2011, selon des données de la Société générale.

"D'ores et déjà, les montants émis la semaine dernière dépassent les remboursements prévus ce mois-ci (-3,1 milliards d'euros), ce qui porte le montant net des émissions cette année à 67 milliards d'euros", ont noté Suki Mann et Juan Esteban Valencia, stratégistes crédit chez Société générale.

15 MILLIARDS ÉMIS LUNDI

Profitant de l'effet BCE, plus de 5 milliards d'euros ont été émis sur le marché de la dette par les entreprises européennes vendredi dernier, et encore 15 milliards d'euros lundi, selon des chiffres cités par Laurent Sardi, responsable de l'activité crédit chez Louis Capital Markets.

Dernières opérations en date, Total a émis mardi 500 millions d'euros d'obligations à 11 ans, faisant appel au marché de la dette pour la première fois depuis septembre 2010. Unibail-Rodamco a annoncé le même jour une émission d'obligations à option de remboursement en numéraire et/ou en actions nouvelles et/ou existantes à échéance 1er janvier 2018 d'un montant nominal initial d'environ 750 millions d'euros.

La veille, rien qu'en France, Crédit agricole, Renault, Klépierre et Faurecia avaient annoncé des opérations de refinancement.

Signe de la détente des taux souverains espagnols et italiens, la banque italienne Intesa Sanpaolo s'est présentée sur le marché avec une émission de 1,25 milliard d'euros à trois ans, et l'espagnole BBVA a émis 1,5 milliard à trois ans, la maturité la plus longue tentée cette année par cette banque.

Des non-financières espagnoles comme Telefonica, Iberdrola ou Gas Natural ont également profité de la fenêtre ouverte par la BCE.

LE PAPIER EST RARE

Les entreprises sont d'autant plus tentées de faire appel au marché de la dette que les dernières émissions obligataires privées ont trouvé preneurs sans difficulté, les investisseurs étant désespérément en quête de rendement dans un environnement de taux des pays sans risque à des niveaux historiquement bas (Allemagne, France, Pays-Bas), et négatifs en termes réels.

Une émission de Wendel vendredi - 400 millions à échéance 2019 - a été souscrite pas moins de six fois auprès d'investisseurs aussi bien internationaux que français, et la société d'investissement a expliqué avoir tiré parti "d'excellentes conditions de marché".

BNP Paribas, profitant de la ruée des investisseurs américains sur les titres bancaires européens, a de son côté mis à prix vendredi sa première obligation libellée en dollar depuis 16 mois.

La demande a atteint 2,1 milliards d'euros pour une émission de Renault qui, dans la catégorie haut rendement, a émis lundi 600 millions à 5 ans avec un coupon de 4,625%.

Quant à Bonduelle, il a dû relever le montant de son émission de 100 à 145 millions d'euros "face à l'appétit des investisseurs institutionnels européens".

"Il y a un tel manque de papier sur le marché que dès qu'une émission d'obligations d'entreprise survient, les investisseurs se ruent dessus", observe Laurent Sardi (Louis Capital Markets) qui dit travailler actuellement essentiellement sur le marché primaire.

Le marché secondaire du crédit est traditionnellement peu liquide. Et nombre de gérants, dont Arnaud de Dumas, directeur de la gestion de Neuflize OBC, expliquent qu'aujourd'hui ils font du 'buy and hold' pour profiter du portage offert par les obligations corporate.

Les stratégistes de SG estiment que les entreprises vont continuer à tirer avantage des conditions exceptionnelles de financement pour préparer le refinancement de dettes arrivant à échéance en 2013 (135 milliards d'euros) et en 2014 (150 milliards d'euros).

"Il reste encore quelque 19 milliards d'euros d'obligations à rembourser au cours du dernier trimestre, mais nous soupçonnons que les émissions nettes vont continuer à un rythme soutenu pour atteindre le niveau des 100 milliards d'euros", disent-ils.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2012 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...