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Marché : Les déséquilibres menacent toujours selon les banquiers centraux

Les déséquilibres menacent toujours selon les banquiers centrauxLes déséquilibres menacent toujours selon les banquiers centraux

PARIS (Reuters) - La persistance des déséquilibres économiques mondiaux, qui pourraient même s'amplifier, oblige le G20 à tout faire pour les réduire, ont estimé vendredi plusieurs responsables de banques centrales réunis à Paris.

La réduction de ces déséquilibres est l'une des priorités de la présidence française du Groupe des Vingt cette année mais les ministres des Finances et banquiers centraux de ses Etats membres ont peiné le mois dernier à faire progresser ce dossier, notamment en raison des résistances de la Chine.

Ces déséquilibres se traduisent principalement par d'importants déficits courants dans de nombreux pays avancés et par des excédents courants dans de grands pays émergents, principalement la Chine.

"Les excédents courants sont revenus ou sont en train de revenir à des niveaux d'avant-crise et je crois que cela va s'accentuer en raison du fait que la hausse récente des prix du pétrole pourrait s'accélérer", a dit Axel Weber, le président de la Bundesbank, lors d'un colloque organisé par la Banque de France.

L'envolée des cours du baril et celle de nombreuses autres matières premières, agricoles entre autres, favorise la remontée de l'inflation dans la plupart des pays avancés et émergents.

HAUSSE DES TAUX EN AVRIL ?

Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, a laissé entendre jeudi que la BCE pourrait remonter ses taux le mois prochain pour prévenir des effets de "second tour", c'est-à-dire la propagation de cette poussée inflationniste à l'ensemble des prix et notamment aux salaires.

Les banquiers centraux, responsables politiques et économistes qui ont participé aux débats de vendredi ont presque tous souligné les risques liés aux déséquilibres macroéconomiques, notamment ceux des balances courantes.

"Ces déséquilibres vont persister pendant une longue, longue période", a dit Mario Draghi, un autre membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

Le G20 a conclu le 19 février un accord sur un ensemble réduit d'indicateurs de mesures des déséquilibres mais la Chine a refusé que ceux-ci incluent les taux de change et les réserves de changes.

Pékin, qui détient les premières réserves de change du monde, est accusé régulièrement par certains de ses grands partenaires commerciaux, Etats-Unis en tête, d'entretenir la sous-évaluation de sa monnaie.

"Le G20 est le seul groupe qui dispose de la légitimité pour mener ce processus (de réduction des déséquilibres), le faire progresser et parvenir à des résultats", a jugé Axel Weber, qui quittera son poste dans quelques semaines après avoir renoncé à briguer la succession de Jean-Claude Trichet.

LAGARDE POUR UNE MEILLEURE COORDINATION

Ce dernier, également présent à Paris vendredi, a mis l'accent sur la nécessité d'une appréciation régulière des principales monnaies émergentes.

"Une évolution vers des taux de change plus flexibles et une appréciation ordonnée des devises est aussi dans l'intérêt des pays émergents concernés et dans l'intérêt de la communauté internationale", a-t-il dit devant, entre autres, la vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine Hu Xiaolian et le gouverneur de la banque centrale chilienne.

Christine Lagarde, la ministre française de l'Economie, a plaidé pour sa part en faveur d'une meilleure coordination des politiques économiques, afin notamment de réduire l'accumulation de réserves de change par les pays émergents.

"Il nous faut traiter les raisons qui font que les pays émergents ressentent le besoin d'accumuler ces réserves: le manque de confiance, la peur de ce qui s'est déjà produit et de ce qui se pourrait se produire à nouveau à l'avenir."

D'autres déséquilibres seront la semaine prochaine à l'ordre du jour d'une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro: ceux des comptes publics de plusieurs pays de la région, à commencer par la Grèce, l'Irlande et le Portugal.

Les 17 vont tenter de conclure un accord sur le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF) créé l'an dernier pour venir en aide aux Etats membres en difficulté face à la défiance des marchés de capitaux.

Interpellé par une journaliste grecque à sa sortie du colloque, Jean-Claude Trichet s'est employé à justifier l'éventualité d'une remontée des taux d'intérêt qu'il a évoquée la veille lors de la réunion de la BCE.

"Nous sommes responsables de la stabilité des prix pour 331 millions de concitoyens européens", a-t-il plaidé. "C'est notre mandat premier, c'est aussi ce qui est demandé par le traité et par les plus pauvres et les plus démunis de nos concitoyens."

Dann Flynn, Marc Jones, Leigh Thomas et Marc Angrand, édité par Yves Clarisse

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