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Marché : Les craintes de contagion ravivées si l'espagne était abaissée

Les craintes de contagion ravivées si l'espagne était abaisséeLes craintes de contagion ravivées si l'espagne était abaissée

par Marius Zaharia

LONDRES (Reuters) - Un abaissement de la note souveraine de l'Espagne affecterait bien plus le marché obligataire que les récentes dégradations subies par le Portugal, car Madrid a la capacité d'éviter un plan d'aide internationale.

L'agence de notation Fitch a progressivement abaissé la note souveraine portugaise de cinq crans ces deux dernières semaines après la démission du premier ministre Jose Socrates le 23 mars. Les autres agences ont également déclassé le Portugal mais les marchés n'ont pas réagi, relançant l'idée selon laquelle les agences de notations arrivent après la tempête.

Mais les analystes soulignent que l'Espagne se trouve dans une toute autre situation et qu'un changement de la vision des marchés quant à sa crédibilité en tant qu'emprunteur pourrait avoir un impact très négatif.

Les rendements des obligations portugaises ont volé de records en records ces dernières semaines, mais contrairement à ce qui se passe habituellement, les abaissements ne se sont pas traduits par des pics. Les derniers abaissements des notes grecques et irlandaises ont également été ignorés.

Cette absence de réaction s'explique avant tout parce que les marchés considéraient déjà les obligations portugaises grecques et irlandaises comme des investissements purement spéculatifs.

Ce n'est pas le cas pour l'Espagne.

Madrid lutte pour ne pas être associée à ces trois pays ayant eu recours à une aide et a réussi à préserver une note plus élevée.

Marc Ostwald, stratégiste chez Monument Securities, indique que lors des derniers déclassements, les marchés avaient déjà intégré dans les prix un appel à l'aide du Portugal de même que la probabilité que la Grèce et l'Irlande soient contraintes tôt ou tard de restructurer leur dette.

"Mais un autre abaissement de l'Espagne dans les quatre à six prochaines semaines n'est pas une chose que le marché a anticipé. Si l'Espagne devait être abaissée, cela relancerait de façon quasiment certaine les craintes d'une contagion (...) et le fait qu'elle puisse rester à 'A+' (après un éventuel abaissement) n'est pas forcément une protection", commente-t-il.

PLUS ENDETTÉE, L'ITALIE EST MIEUX VUE

L'Espagne est notée "AA+" par Fitch, soit un cran au-dessus des notes "Aa2" de Moody's et "AA" de Standard & Poor's. Bien que les rendements de ses obligations se situent 40 points de base au-dessus des rendements italiens, l'Espagne reste notée un cran au-dessus de l'Italie par deux de ces agences.

Cela signifie plus probablement que la note espagnole a de la marge avant d'être abaissée et que les rendements vont augmenter plutôt que l'inverse. Lorsque le Portugal était noté comme l'Irlande il y a environ deux semaines, ses rendements étaient 200 à 300 points de base en- dessous de ceux de l'Irlande.

Le Portugal est désormais noté deux crans en-dessous de l'Irlande par deux des agences et l'écart de rendements entre les deux s'est depuis resserré à environ 70 points de base et le rapprochement pourrait se poursuivre.

Gary Jenkins, responsable de l'obligataire chez Evolution Securities, indique que les marchés font payer des coûts d'emprunt supérieurs à l'Espagne par rapport à l'Italie, du fait d'une comparaison "peut-être injuste" avec l'Irlande, dont le marché immobilier a également provoqué une bulle puis un effondrement du crédit.

"Même si l'Italie a une importante dette, elle n'a pas les mêmes problèmes avec son secteur bancaire donc la vision du marché est plus favorable avec les pays comme l'Italie", commente-t-il.

La perspective de la note de l'Espagne est considérée comme négative par les trois grandes agences de notation, donc les marchés ne devraient pas être surpris par un déclassement.

Mais des analystes indiquent qu'aussi longtemps que les agences de notation ne seront pas perçues comme en retard par rapport au marché, il y aura une réaction quasi pavlovienne aux déclassements.

"Si l'Espagne devait être abaissée, le marché craindrait que ce ne soit que le début d'autres abaissements", prévient Niels From, analyste chez Nordea.

Le resserrement de l'écart de rendement des obligations espagnoles par rapport à celui des Bunds prouve que le marché laisse encore une chance à l'Espagne de ne pas suivre le Portugal, l'Irlande et la Grèce tant qu'il tient ses promesses de réformes.

Russell Silberston de Investec Asset Management, société qui gère 29 milliards de dollars d'actifs obligataires, indique quant à lui qu'il attend "des progrès clairs dans la réduction du déficit", avant de s'exposer à l'Espagne.

Florent Le Quintrec pour le service français, édité par Nicolas Delame

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