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Marché : Les constructeurs auto généralistes d'europe souffriront en 2012

Les constructeurs auto généralistes d'europe souffriront en 2012Les constructeurs auto généralistes d'europe souffriront en 2012

PARIS (Reuters) - Les constructeurs automobiles généralistes européens auront du mal à gagner de l'argent l'an prochain en raison de la baisse des volumes attendue en Europe et de l'austérité née de la crise de la dette, montre une étude publiée jeudi.

Selon le spécialiste de l'assurance-crédit Euler Hermes, le marché européen des voitures et utilitaires légers pourrait connaître en 2012 une contraction de 3% à 5% - après un recul de 4% estimé en 2011 -, entraîné notamment par la France (-10% l'an prochain), l'Italie (-4%) et la Grande-Bretagne (-3%).

"Le marché va rester déprimé, et plus les jours passent, plus je suis plus proche des -5% que des -3%", a déclaré Yann Lacroix, responsable des études sectorielles chez Euler Hermes, lors de la présentation de l'étude.

Sur le marché allemand, la baisse devrait être plus limitée (-1,5%).

"L'écart se creuse entre la France et l'Allemagne, mais il serait plus juste de dire qu'il se creuse entre les constructeurs premium et les généralistes", a précisé Yann Lacroix. "La rentabilité des généralistes s'est globalement dégradée ces dernières années, et elle est à nouveau menacée pour certains d'entre eux en 2012."

Les deux constructeurs français, PSA Peugeot Citroën et Renault, restent de purs généralistes malgré la montée en gamme récente de PSA et, dans le groupe Renault, le développement de la gamme 'low cost' Dacia et la relance prochaine du haut de gamme de la marque Renault.

Mais d'autres constructeurs sont également concernés : Opel (groupe General Motors), Ford et Fiat.

Euler Hermes estime que le résultat opérationnel des deux groupes français pourrait être trois fois inférieur à celui des Allemands en 2012, avec une marge opérationnelle moyenne de 2,2%, contre 6,6% chez les constructeurs germaniques.

"La dégradation du marché européen pèsera peu sur la rentabilité des constructeurs allemands, beaucoup plus internationaux et haut de gamme", ajoute Euler Hermes.

L'ESPAGNE DÉPASSE LA FRANCE EN PRODUCTION

Au niveau mondial, le marché automobile a retrouvé sa croissance moyenne de 4% à 5% par an en 2011 et devrait rester orienté positivement en 2012 malgré un ralentissement certain lié au trou d'air attendu en Europe et à la décélération de la demande observée sur les nouveaux marchés.

En Chine, les ventes devraient progresser de 5%, comme en 2011, en raison du très faible équipement des ménages, mais on restera loin des 30-40% affiché en 2009 et 2010 grâce aux primes à la casse instaurées également dans ce pays.

En Inde et au Brésil, où la hausse des taux d'intérêt se fait sentir sur les intentions d'achat des ménages, le marché devrait s'inscrire en légère hausse, tandis qu'en Russie, la demande devrait stagner avec l'arrêt des primes à la casse à la fin de cette année.

Euler Hermes table par ailleurs sur un rebond technique au Japon après le tsunami de mars dernier, ainsi qu'aux Etats-Unis où les besoins de renouvellement du parc, différé par la crise, deviennent désormais criants.

Contrairement aux constructeurs américains, qui ont réduit de moitié leurs effectifs entre 2000 et 2009, l'Europe souffre encore de surcapacités estimées par Euler Hermes à 25%.

Renault et PSA ont ajusté leur production à la demande, mais sans aller jusqu'à fermer d'usine, bien que PSA s'interroge aujourd'hui sur l'avenir du site d'Aulnay. Tous deux veulent spécialiser leurs usines françaises dans les productions à plus forte valeur ajoutée, tandis que les petites voitures d'entrée de gamme sont peu à peu délocalisées dans des pays à plus bas coûts.

La production automobile sur le sol français est ainsi passée de trois millions de véhicules par an en 2007 à 1,9 million cette année, souligne Euler Hermes, et l'Espagne a dépassé cette année la France en devenant le deuxième pays d'Europe pour la production d'automobiles, derrière l'Allemagne.

Les Espagnols assemblent de plus en plus de voitures, mais ils en achètent de moins en moins: à cause de la crise de la dette, le marché a diminué de moitié depuis 2008. Euler Hermes ne le voit pas se redresser l'an prochain.

Gilles Guillaume, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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