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Marché : Les clients des émergents en position de force selon sagem

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par Cyril Altmeyer

VILLEPINTE, Seine-Saint-Denis (Reuters) - La concurrence est de plus en plus rude sur les marchés à l'export dans le secteur de la défense, les clients des pays émergents assistant à une ruée des industriels occidentaux confrontés à une baisse des budgets sur leurs propres marchés, a déclaré jeudi à Reuters Philippe Petitcolin, PDG de Sagem, la branche défense de Safran.

Sagem vise deux milliards d'euros de chiffre d'affaires à moyen terme contre 1,264 milliard en 2011, en accroissant la part de ses ventes réalisée à l'export, qui atteint aujourd'hui 60%, a-t-il expliqué en marge du salon de l'armement Eurosatory qui se tient à Villepinte, près de Paris, jusqu'à vendredi.

Pour y parvenir, Sagem est en train d'ouvrir des filiales en Inde et en Australie ainsi qu'un bureau en Algérie tout en lançant une coentreprise en Russie avec deux partenaires locaux, et il vient d'acquérir une PME au Brésil.

"Arriver en grand conquérant (...) en disant : "J'ai tel produit, il est bon pour vous", c'est fini", a-t-il observé, faisant référence aux produits clé-en-main qu'acceptaient auparavant les clients des pays émergents.

"Ces pays font monter les enchères. Ils savent très bien que les investissements dans les pays occidentaux sont en baisse et ils sont très sollicités par l'ensemble des concurrents du marché, tant américains qu'européens", a-t-il ajouté.

Il a dit comprendre la demande croissante des "marchés nouveaux" en créations d'emplois locaux et en transferts de technologie, même s'il préfère parler de codéveloppement.

En Inde, la filiale locale de Sagem visera à assurer la maintenance des produits qu'il vend sur place dans l'optronique (une technologie mêlant optique et électronique qui facilite notamment la vision de nuit) et la navigation inertielle (qui permet à un avion de se guider automatiquement).

Il envisage, à terme, de créer une coentreprise avec un partenaire indien.

ÊTRE HIGH-TECH OU MOURIR

Au Brésil, l'acquisition annoncée mercredi d'Optovac Mecânica e Optoeletrônica, qui fabrique des jumelles portables facilitant la vision nocturne, permettra à Sagem de se positionner dans l'avionique et sur les appels d'offres à venir pour la sécurisation des frontières du pays.

Pour Philippe Petitcolin, les groupes de défense qui ne possèdent pas les meilleures technologies du monde seront menacés d'extinction.

"A une époque, il suffisait d'être bon et on vivait. Aujourd'hui, il faut être très bon et demain il faudra être excellent", a-t-il observé, soulignant que la baisse des budgets de défense occidentaux allait se poursuivre.

Pour se renforcer à l'export, Safran et Thales sont en train de démarrer leur coentreprise à parité (qui n'a pas encore de nom), dont le but est de répondre en commun à des appels d'offres dans l'optronique.

Philippe Petitcolin a fait également état de "plusieurs prospects" à l'export pour son drone Patroller, développé sur fonds propres, et destiné des missions de défense et de sécurité, comme la vérification des incendies et des frontières.

"J'aimerais bien que la France le regarde d'un peu plus près", a-t-il glissé, citant notamment le drone intérimaire dont a besoin l'armée française pour remplacer les Harfang d'EADS en attendant la prochaine génération prévue à l'horizon 2020.

Edité par Marc Angrand

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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