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Marché : Les banquiers allemands se déchirent sur l'union bancaire

Les banquiers allemands se déchirent sur l'union bancaireLes banquiers allemands se déchirent sur l'union bancaire

par Edward Taylor

FRANCFORT (Reuters) - Les banquiers allemands ont affiché mardi leurs divisions sur l'opportunité de confier à la Banque centrale européenne la supervision des banques de la zone euro dans le cadre d'une future union bancaire.

Le coprésident du directoire de la Deutsche Bank, Jürgen Fitschen, a ainsi estimé qu'une telle supervision ne pourrait être efficace que si elle s'applique à l'ensemble des banques, et pas seulement aux établissements les plus importants.

Cet avis exprimé lors d'une conférence bancaire à Francfort, qui est aussi celui de la Commission européenne, illustre l'ampleur des divergences de vue qui se sont fait jour sur ce sujet en Allemagne, le gouvernement et les petites banques plaidant au contraire pour que la BCE n'ait qu'une autorité limitée.

Jürgen Fitschen a objecté que ce serait une erreur de penser que les grandes banques, comme Deutsche Bank, sont forcément les plus importantes, rappelant que personne ne prêtait attention à Bankia avant que celle-ci ne devienne un cauchemar pour le gouvernement espagnol et toute la zone euro.

"Je pense que si nous faisons valoir que nous autres Allemands sommes différents, alors nous incitons les autres pays à demander eux aussi des exemptions", a fait valoir Jürgen Fitschen, en critiquant implicitement les revendications des petites caisses d'épargne et banques coopératives allemandes.

COÛTEUX ET CONTRE-PRODUCTIF

Le président de la fédération des caisses d'épargne allemandes, Georg Fahrenschon, lui a immédiatement répliqué que la supervision de centaines voire de milliers de banques par une autorité de contrôle unique s'avérerait aussi coûteuse que contre-productive.

"J'ai parfois l'impression que le but de l'exercice est d'ensevelir la BCE sous une telle charge de travail de routine qu'elle n'aura plus le temps ni la capacité de surveiller avec soin les établissements vraiment dangereux", a ironisé Georg Fahrenschon.

Il a également estimé que la mise en place d'un superviseur unique était un pas supplémentaire en direction d'un mécanisme paneuropéen de garantie des dépôts, qui pénaliserait au final les grandes banques.

"Le mot union bancaire cache en réalité un projet de mécanisme de redistribution dans lequel les institutions solides soutiennent les plus faibles", a-t-il accusé. "Cela ne doit pas se transformer en politique d'assurance-vie qui exacerberait le problème des banques d'importance systémique ('too big to fail')."

Un mécanisme européen ne devrait entrer en action qu'une fois que tous les mécanismes et fonds de sauvetage nationaux ont été épuisés, a conclu Georg Fahrenschon.

Cet échange animé, une semaine avant que la Commission européenne ne dévoile ses nouvelles propositions en vue d'une union bancaire, a poussé Hans-Peter Keitel, président de la fédération industrielle BDI, à appeler au cours de la conférence les banquiers allemands à parler "d'une seule voix".

Avec Jonathan Gould, Tangi Salaün pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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