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Marché : Les avionneurs pourraient aider leurs sous-traitants, dit daher

Les avionneurs pourraient aider leurs sous-traitants, dit daherLes avionneurs pourraient aider leurs sous-traitants, dit daher

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Les constructeurs aéronautiques pourraient aider leurs sous-traitants confrontés à la menace d'un assèchement du crédit en raccourcissant leurs délais de paiement et en sécurisant leurs carnets de commandes, a déclaré jeudi à Reuters le directeur général de Daher, l'un des grands fournisseurs d'Airbus.

Soulignant que l'essentiel était que les banques "jouent le jeu", Didier Kayat a précisé que Daher avait sécurisé pour 400 millions d'euros de lignes de crédit en juillet afin de financer son développement dans les cinq ans à venir dans l'aéronautique et le nucléaire.

"Les banques jouent le jeu, les donneurs d'ordres allègent le besoin en fonds de roulement des sous-traitants et sécurisent leurs carnets de commandes", a-t-il résumé. "Si on arrive à faire ça, on a déjà trouvé un moyen entre nous de mobiliser du financement au service des donneurs d'ordres."

Il a souligné que la demande à venir en Asie et le besoin d'avions plus économes assuraient aux avionneurs une visibilité dont ils pouvaient faire bénéficier leurs fournisseurs dans leurs discussions avec leurs banquiers.

Didier Kayat s'est dit confiant dans la capacité de Daher à suivre la montée en cadence de production des monocouloirs A320 d'Airbus, la société ayant fait le choix pendant la crise de conserver son outil industriel en sous-régime.

Le constructeur aéronautique européen, qui est passé en août de 36 à 38 unités produites par mois, vise la production de 42 avions A320 par mois fin 2012 et étudie le passage à 44 ultérieurement.

PAS D'ALERTE SUR L'A350

Didier Kayat a ajouté ne pas voir "d'alerte majeure" sur le programme du long courrier A350, pour lequel Daher a livré cet été des trappes de train d'atterrissage.

"Il n'y a pas de signe fort qui dise que le calendrier va être globalement bouleversé. On ne voit pas de signe inquiétant, aussi dramatique que sur le Dreamliner", a-t-il dit, faisant référence au programme 787 de Boeing, dont la première livraison a eu lieu, fin septembre, avec trois ans de retard. "Clairement, Airbus a tiré les leçons de l'A380."

Créée en 1863 par Paul Daher, cogérant de Lafarge, pour les besoins du cimentier, le groupe marseillais a démarré son activité dans le transport maritime mais ses flottes ont été coulées lors de chacune des deux guerres mondiales.

Forcé de se réinventer à chaque fois qu'une crise a touché l'une des activités dans lesquelles il était engagé, Daher a décidé à l'orée du nouveau millénaire de se positionner sur les services et la fabrication industrielle dans l'aéronautique et le nucléaire.

Concurrent de géants comme Spirit et GKN dans les aérostructures (fuselages d'avions), son directeur général a réaffirmé jeudi qu'il n'était pas intéressé par Latécoère.

"Notre stratégie est une stratégie de différenciation. On n'a pas les moyens de se battre dans une course à la taille", a expliqué Didier Kayat. "C'est un peu le syndrome Astérix."

Daher a cependant franchi une étape majeure en rachetant en 2008 à EADS, Socata, ex-Morane-Saulnier, qui fête cette année son siècle d'existence. La signature a lieu le 12 septembre 2008, juste avant la chute de Lehman Brothers.

Soucieux de préserver l'investissement de 200 millions qui accompagnait la reprise de Socata, Daher est devenu le premier investissement du FSI, qui a pris 17,5% de son capital, tandis que les fonds Aerofund I et II (emmenés par la Caisse des dépôts et consignations) en récupéraient 2,5%, injectant au total 80 millions d'euros dans la société.

Le groupe a ainsi obtenu le précieux sésame d'"équipementier de rang 1", une catégorie qui regroupe les fournisseurs qui traitent directement avec les grands clients finaux. Un niveau qu'il vient d'atteindre également dans le nucléaire avec l'annonce de l'acquisition de Vanatome et Verdelet, fabricants de vannes pour centrales nucléaires dont il veut développer les services de maintenance.

La catastrophe de Fukushima en mars n'a pas dissuadé Daher de se renforcer dans le nucléaire, le groupe estimant que son choix de se focaliser sur le triptyque sureté-sécurité-qualité lui donnait une carte à jouer.

"Pendant trois ans, les gens nous disaient : vous êtes trop chers", a raconté Didier Kayat. "Depuis Fukushima, certains sont venus nous voir en disant : peut-être vous n'avez pas tort d'être exigeants là-dessus, il faut qu'on vous parle."

Daher vise un chiffre d'affaires de 250 millions d'euros dans le nucléaire d'ici trois à quatre ans, contre 130 millions actuellement après intégration de Vanatome et Verdelet, des "pépites" que le groupe a mis deux ans à dénicher dans un secteur où les "pure players" sont rares.

Le groupe, qui présentera fin 2012 un nouveau plan stratégique sur cinq ans, atteindra "probablement" le milliard d'euros de chiffre d'affaires total en 2013 contre un peu plus de 800 millions attendus en 2011, a précisé Didier Kayat. Le carnet de commandes, lui, représente environ trois ans de chiffre d'affaires.

Edité par Marc Angrand

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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