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Marché : Le yen recule sous l'offensive conjointe des pays du g7

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par Leika Kihara et Christina Cooke

TOKYO/NEW YORK (Reuters) - L'intervention coordonnée des pays du G7 décidée dans la nuit de jeudi à vendredi pour stabiliser le cours du yen et aider le Japon semblait avoir été efficace, la devise japonaise remontant fortement.

L'économie nippone, très dépendante des exportations, doit faire face simultanément à une crise nucléaire et aux conséquences du tremblement de terre et du tsunami qui ont dévasté une partie du pays vendredi dernier.

L'intervention, qui consiste à injecter des milliards de dollars sur les marchés, est la première intervention coordonnée du G7 sur le marché des changes depuis qu'il était venu en aide à la toute jeune monnaie unique européenne en 2000.

Le yen perdait plus de 3% face à l'euro et plus de 2% face au dollar vendredi en fin de journée en Europe. Le dollar a un moment frôlé les 82 yens et se négociait à un peu moins de 81 euros en fin de séance en Europe. L'euro valait 114,55 yens environ après avoir touché 115,50 yens.

La monnaie nipponne avait atteint jeudi un record historique à 76,25 yens pour un dollar.

Emboîtant le pas à la Banque du Japon (BoJ) qui est intervenue la première, la Banque de France a participé à l'opération, de même que la BCE, la Bundesbank (Buba) allemande et les autorités britanniques.

James Pearson, responsable des activités de change chez Nomura, estime à environ cinq milliards d'euros l'intervention de la BCE pour faire baisser le yen.

Selon des traders et des informations de presse, la Banque du Japon a acheté plus de 25 milliards de dollars, soit l'équivalent du montant injecté lors de la précédente intervention de la BoJ en septembre.

Cette intervention commune des grands pays industrialisés constitue une surprise pour de nombreux observateurs qui pensaient que le G7 se contenterait de donner un feu vert au Japon pour qu'il agisse seul.

CHAQUE PAYS DECIDE DU MONTANT DE SON INTERVENTION

Dans une interview à Reuters, Fumihiko Igarashi, vice-ministre japonais des Finances, s'est dit satisfait de l'impact de l'opération sur les marchés nippons et le yen.

La Bourse de Tokyo a fini sur un rebond de plus de 2% vendredi, même si l'indice Nikkei termine la semaine en repli de plus de 10%.

Le ministre canadien des Finances Jim Flaherty a expliqué vendredi que le montant de l'intervention coordonnée du G7 dépendrait de la décision de chaque pays participant.

"Les gouverneurs des banques centrales et les ministres des Finances se sont tous mis d'accord pour agir en coopération afin de défendre la devise, qui se traitait de façon désordonnée et menaçait la reprise au Japon", a-t-il adit.

"En ce qui concerne l'ampleur de l'action, c'est aux participants de décider. Nous avons eu des discussions à ce sujet mais cela doit rester quelque chose qui concerne les participants, pas le public", a-t-il ajouté.

"C'est la première intervention coordonnée que nous ayons vue depuis 2000. De ce fait, cela va avoir une résonance énorme sur le marché, a commenté Kathy Lien, spécialiste des études chez GFT à New York.

"Parce que le seul genre d'intervention qui marche vraiment est une intervention coordonnée. Cela montre la solidarité de toutes les banques centrales au regard de la gravité de la situation au Japon."

Le G7 s'est mis d'accord pour la dernière fois sur une intervention concertée juste après le lancement de l'euro en 1999, afin de limiter la baisse de la monnaie unique.

Avant le pic de 76,25 yens, le précédent pic historique du yen face au dollar était de 79,75 yens, touché après le tremblement de terre de Kobé.

La devise nippone a flambé cette semaine en raison de spéculations sur un rapatriement par les entreprises japonaises d'une partie de leurs actifs à l'étranger afin de faire face aux besoins de la reconstruction.

Le montant des dégâts atteint déjà 200 milliards de dollars (142 milliards d'euros) et menace de replonger le pays dans la récession.

Danielle Rouquié, Jean Décotte et Florent Le Quintrec pour le service français

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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