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Marché : Le taux de chômage à un plus bas de deux ans aux etats-unis

Le taux de chômage à un plus bas de deux ans aux etats-unisLe taux de chômage à un plus bas de deux ans aux etats-unis

par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - Le nombre d'emplois créés par l'économie américaine a nettement dépassé les attentes en mars et le taux de chômage est tombé à un plus bas de deux ans, une embellie sur le marché du travail qui devrait contribuer à consolider la reprise aux Etats-Unis.

Les USA ont créé 216.000 emplois non agricoles le mois dernier, selon les données publiées vendredi par le département américain du Travail. Les analystes interrogés par Reuters attendaient en moyenne 190.000 créations de postes après 194.000 (révisé de 192.000) en février.

Le taux de chômage est retombé à 8,8%, soit son plus bas niveau depuis mars 2009 (8,6%). Le marché attendait en moyenne une stabilité à 8,9%.

C'est la deuxième fois en deux mois que le nombre des créations d'emplois atteint un plus haut depuis mai 2010, ce qui laisse présager le début d'un cercle vertueux pour le marché du travail américain.

En outre, les gains de février et mars ont été enregistrés alors même que la croissance devrait avoir marqué légèrement le pas au premier trimestre en raison des intempéries et du renchérissement du prix de l'énergie.

"Tous les signes tendent à signaler un renforcement du marché du travail", juge Bill Cheney, chef économiste de John Hancock Financial Services.

Bien que les chiffres suggèrent que l'économie américaine dispose d'un matelas de sécurité pour encaisser la flambée de l'énergie, ils ne sont pas favorables au point de pousser la Réserve fédérale américaine à revenir sur sa politique monétaire très accommodante.

Wall Street a ouvert en hausse après la publication de la statistique. Quelques minutes après l'ouverture, l'indice Dow Jones prenait 0,42%, tandis que l'indice paneuropéen FTEurofirst 300 gagnait 1,11% vers 13h35 GMT.

Le dollar a grimpé à un plus haut de trois mois contre le yen et l'euro a touché un pic de 13 mois contre la devise nippone, au-dessus de 119 yens pour la première fois depuis mai 2010.

La secteur privé a concentré la totalité des créations d'emplois en mars, avec un gain de 230.000 contre 240.000 en février. Le secteur public a lui supprimé 14.000 postes, soit un cinquième mois consécutif de contraction.

Les services dans le secteur privé ont concentré une bonne partie de l'embellie observée en mars, avec 199.000 emplois créés.

La durée moyenne hebdomadaire du travail est ressortie à 34,3 heures, stable par rapport à février (contre 34,2 en février en première estimation), et le salaire horaire moyen n'a pas bougé non plus d'un mois sur l'autre.

LE TAUX DE CHÔMAGE A BAISSÉ D'UN POINT DEPUIS NOVEMBRE

Malgré la crainte que le renchérissement de la facture énergétique ne pèse sur la confiance des ménages, les économistes ne prévoient pas que les entreprises freinent leurs embauches à court terme.

"Les créations d'emploi ont été modestes ces derniers mois, donc dans un sens je pense que les entreprises qui étaient auparavant très prudentes sur l'embauche à durée indéterminée et à plein temps sont désormais plus sûres d'elles qu'il y a quelques mois", juge Richard DeKaser, économiste pour Parthenon Group à Boston.

Le taux de chômage, désormais à 8,8%, a reculé d'un point de pourcentage depuis novembre, ce qui reflète davantage les créations d'emplois qu'une hausse du nombre des actifs découragés quittant le marché du travail.

Il pourrait donc repartir à la hausse à mesure que les travailleurs sur la touche retrouvent confiance et reprennent leur recherche d'emploi.

Une telle tendance à la hausse "est toujours possible", juge Bill Cheney, "mais le mouvement habituel est qu'une fois que (le taux) a commencé à baisser aussi rapidement que ces derniers mois, il continue de reculer".

L'évolution du taux de chômage devrait être l'un des facteurs pris en compte par la Fed pour déterminer le calendrier d'un relèvement des taux d'intérêt, fixés à un niveau proche de zéro depuis décembre 2008.

Selon les économistes, il faut 250.000 à 300.000 créations de postes par mois pour avoir un impact significatif sur l'effectif des 13,5 millions d'Américains sans emploi, ce qui devrait pousser la banque centrale à maintenir encore son statu quo pendant quelque temps.

"Il reste encore beaucoup de mou sur le marché du travail", résume Millan Mulraine, de TD Securities.

Jean Décotte pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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