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Marché : Le "site france" reste attractif

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PARIS (Reuters) - Le "site France" reste attractif aux yeux des investisseurs étrangers même s'il passe de la deuxième à la troisième place en Europe, derrière l'Allemagne et le Royaume-Uni, selon un baromètre annuel réalisé par Ernst & Young.

A l'heure où économistes et politiques débattent de la perte de compétitivité de l'Hexagone, les experts du cabinet d'audit rappellent même que la France a été en 2011 la première terre d'accueil européenne pour les implantations industrielles et ce pour la troisième année consécutive.

"La France enregistre un léger tassement de ses implantations internationales (au sens large, NDLR). Avec 540 nouveaux projets annoncés en 2011 contre 562 en 2010, la création d'emplois qui leur est associée recule de 12%, de 14.922 à 13.164 emplois. Quant à sa 'part de marché', elle tombe de 11% à 8% du total européen", peut-on lire dans ce rapport.

"L'Allemagne réussit cette année à déloger la France de la deuxième place avec 597 projets recensés (+7%). Malgré un recul sensible (-7%), le Royaume-Uni défend avec succès son leadership avec 679 projets et plus de 30.000 emplois, un chiffre qui équivaut à la somme des emplois créés par ses deux principaux concurrents."

Le Royaume-Uni bénéficie logiquement de la puissance de feu de la City, de son tissu d'entreprises de services, particulièrement dans le "Grand Londres", et de l'anglais, langue internationale par excellence.

L'Allemagne continue de son côté de tirer parti d'efforts engagés depuis plusieurs années pour renforcer son offre haut de gamme, d'un coût du travail jugé attrayant dans le contexte économique actuel et de la force de son marché intérieur.

"LA BATAILLE INDUSTRIELLE PAS PERDUE"

Côté production en revanche, la France, avec 170 projets annoncés en 2011, surclasse ses voisins allemand (121) et britannique (92).

"Il s'agit évidemment d'une goutte d'eau au regard du 'trend

de désindustrialisation' observé en France ces dernières années", a déclaré à Reuters Marc Lhermitte, associé auprès d'Ernst & Young.

"Pour autant, il s'agit d'entreprises qui visent à s'installer en France sur le long terme. C'est un signe que la bataille de l'emploi industriel sur le territoire n'est pas perdue."

Même si 124 des 170 projets recensés par Ernst & Young sont des extensions de projets existants, les "clients du site France" mettent en avant la "résilience" de la France face à la crise et, argument plus connu, la qualité de ses infrastructures.

Les secteurs des logiciels, des équipements industriels et de l'agroalimentaire attirent pour l'essentiel ces nouvelles implantations.

Les fondamentaux de la France n'en sont pas moins fragilisés depuis plusieurs années. Entre 2005 et 2009, les emplois industriels y ont reculé en moyenne de 2,2% par an, ce qui représente près de 430.000 postes détruits selon l'Insee.

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg comptabilise pour sa part 750.000 suppressions d'emplois dans l'industrie au cours de la décennie écoulée, et une étude du cabinet Union Scoreboard parue fin mars révélait une nouvelle fois que la France se range derrière bon nombre de pays européens en matière d'innovation.

La France a accueilli moins de sites de recherche-développement (29 projets en 2011, contre 45 en 2010) en dépit du lancement dans les années 2000 des pôles de compétitivité et du nombre élevé de ses sociétés de biotechnologies. Elle semble aussi avoir du mal à attirer les faveurs des pays émergents (23 implantations venues du bloc des BRIC en 2011 contre 69 en Allemagne).

"NATION BRANDING"

Surtout, la France continue de souffrir d'une image de pays peu ouvert à l'international : 43% des investisseurs interrogés considèrent que son positionnement dans la mondialisation est inadapté par rapport à celui d'autres pays européens.

"La France a des difficultés à travailler son 'nation branding'. Les pays émergents n'ont pas des attentes si différentes (...) mais parce qu'ils ont une moindre connaissance culturelle de notre pays, nous sommes davantage exposés aux clichés", note Alexis Karklins-Marchay, responsable du département marchés émergents d'Ernst & Young.

Les dirigeants d'entreprise sondés par le cabinet d'audit sont 68% à estimer que la France peut retrouver son industrie à moyen terme à condition de réduire ses coûts, d'améliorer la compétence de sa main-d'oeuvre et d'intensifier ses efforts de recherche.

Le programme du président François Hollande prévoit une simplification du crédit impôt recherche en vue de le rendre plus accessible aux PME. Les modalités de cet assouplissement devraient être connues d'ici à septembre.

"La France doit bâtir un modèle où la qualité est placée au coeur de sa stratégie", souligne Ernst & Young dans son étude.

"Elle doit se donner les moyens de justifier les prix pratiqués par la démonstration de sa valeur ajoutée."

Dans une tribune publiée mardi par le quotidien Les Echos, plusieurs grands dirigeants français appelaient le gouvernement à réduire le coût du travail pour stimuler l'industrie.

Matthias Blamont, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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