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Marché : Le rétablissement des ventes à découvert pèse en bourse

Le rétablissement des ventes à découvert pèse en bourseLe rétablissement des ventes à découvert pèse en bourse

PARIS (Reuters) - L'Autorité des marchés financiers (AMF) a annoncé lundi la fin de l'interdiction des ventes à découvert sur dix valeurs financières françaises, une décision qui a pesé sur l'ensemble de la Bourse de Paris, dans un marché par ailleurs peu actif.

Les valeurs bancaires ont accusé le coup après l'annonce de l'AMF intervenue vers 14h. Certains investisseurs avaient même déjà pris des positions à découvert dès le matin en attendant de savoir si l'interdiction, qui prenait fin samedi, serait ou non prolongée.

"Dans le doute, les gens se sont rués pour mettre en place des positions vendeuses", explique un trader parisien.

La Société générale, qui avait ouvert en hausse de 6,5%, a clôturé en baisse de 2,19% à 22,74 euros, Crédit agricole, qui avait débuté sur un gain de 3,25%, a perdu 3,64% à 5,13 euros et BNP Paribas, qui gagnait 1,85% dans les premiers échanges, a fini la séance sur un recul de 2,07% à 34,32 euros.

Ces titres ont lourdement pesé sur le CAC 40, qui a ramené ses gains sur la séance à +0,34%, alors qu'il avait ouvert en hausse de 0,84%.

"Depuis plusieurs mois, le marché évoluait à l'abri des vendeurs à découvert. Maintenant, le marché n'est plus protégé et visiblement il y en a qui ont envie de les shorter (vendre à découvert)", estime un analyste financier basé à Paris.

Mais, ajoute-t-il, "sur le fond, cette décision de l'AMF n'est pas une mauvaise chose. Cela signifie que les autorités ont suffisamment confiance pour lever l'interdiction."

D'autres traders notent également qu'après un bref moment d'optimisme à la suite du vote des mesures d'austérité par le Parlement grec en début de séance, l'inquiétude a refait surface.

Les craintes sont d'autant plus vives que le gouvernement grec a été invité par ses partenaires européens à présenter de nouveaux gages de sa volonté de réforme malgré l'adoption du plan d'austérité par un parlement assiégé par des milliers de manifestants.

BEAUCOUP DE RÉSERVES

L'interdiction des ventes à découvert sur les valeurs financières françaises avait été décidée le 11 août dernier en pleine tempête boursière, avant d'être prolongée pour trois mois le 10 novembre.

"Le dispositif visant à interdire toute prise de position courte nette ou tout accroissement d'une telle position sur des titres de capital d'une liste définie de valeurs financières françaises a pris fin le samedi 11 février 2012", a indiqué le gendarme de la Bourse dans un communiqué.

Les valeurs concernées étaient April Group, Axa, BNP Paribas, CIC, CNP Assurances, Crédit Agricole, Euler Hermès, Natixis, Scor et Société générale.

Adoptée dans plusieurs pays européens, par exemple l'Italie, l'Espagne ou la Belgique, cette mesure était destinée à réduire l'extrême volatilité des actions des banques et des compagnies d'assurance dans le contexte de crise de la dette souveraine dans la zone euro et d'assèchement de la liquidité sur le marché interbancaire.

L'Autorité des services et marchés financiers (FSMA) belge a annoncé à son tour lundi la levée de l'interdiction des ventes à découvert d'actions de sociétés financières, tout en instaurant une obligation de déclaration sur ces opérations. .

L'instauration initiale de la mesure avait toutefois été accueillie avec beaucoup de réserves par les professionnels des marchés financiers, certains estimant qu'elle ne permettrait pas d'enrayer la chute des valeurs financières en Bourse liée aux inquiétudes des investisseurs sur la solidité du système bancaire européen.

Les actions des banques françaises, et principalement les titres Société générale et Crédit agricole, ont d'ailleurs fini 2011 sur de lourdes pertes. Société générale a ainsi vu sa capitalisation boursière plonger de 57% l'an dernier et Crédit agricole a vu la sienne chuter de 54%.

Lionel Laurent, Julien Ponthus, Matthieu Protard et Juliette Rouillon, édité par Gilles Guillaume

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