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Marché : Le reflux du pétrole donne un peu de répit à l'inflation

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PARIS (Reuters) - L'inflation a légèrement ralenti en France en mai grâce au reflux des cours de l'énergie, qui a pratiquement compensé la hausse continue de nombreux prix alimentaires.

L'indice des prix à la consommation a augmenté de 0,1% par rapport à avril, montrent les statistiques publiées mercredi par l'Insee. Sur un an, sa hausse est ramenée à 2,0% contre 2,1% le mois précédent. Ce pic marquait son plus haut niveau depuis l'automne 2008.

"En mai 2011, hausses et baisses se compensent quasiment, explique l'institut dans un communiqué: l'accroissement saisonnier des prix des produits frais est particulièrement marqué cette année et celui des autres produits alimentaires est important; a contrario, les prix de l'énergie et des services de transports et de communications sont en baisse".

Les prix de l'énergie baissent en effet pour la première fois depuis huit mois, de 1,3% par rapport à avril, dans le sillage des cours du pétrole brut. Ils affichent toutefois encore un bond de 11,3% sur un an.

Parallèlement, les prix de l'alimentation ont bondi de 1,0% sur un mois, les produits frais repartant à la hausse (+3,4%) tandis que ceux des autres produits restent en nette progression (+0,6% sur un mois, +2,0% sur un an).

Du côté des services, dont les prix augmentent de 0,1% en mai et de 1,8% sur un an, l'Insee note un recul des tarifs des transports aériens (-2,3% sur un mois, +3,3% sur un an) après les vacances de printemps et de ceux des télécommunications (-1,1%; -2,4% sur un an).

Les prix des produits manufacturés, eux, ont diminué de 0,1% sur un mois, en raison notamment de la baisse de ceux des automobiles (-1,7% en un mois) et des équipements audiovisuels et informatiques.

PAS D'ARGUMENT POUR LA BCE

L'indice des prix harmonisé IPCH, qui permet une comparaison au niveau européen, ressort en hausse de 0,1% en mai et affiche pour le troisième mois consécutif une progression de 2,2% en rythme annuel, un niveau supérieur au seuil de 2,0% sous lequel la Banque centrale européenne entend la contenir.

L'inflation dans la zone euro a légèrement décéléré en mai, à 2,7% sur un an selon la première estimation publiée le 31 mai. Les chiffres définitifs d'Eurostat sont attendus jeudi.

Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a néanmoins laissé entendre au début du mois, lors de sa conférence de presse mensuelle, que l'institution de Francfort pourrait de nouveau relever ses taux d'intérêt en juillet, après la hausse d'un quart de point décidée en avril.

Une nouvelle hausse qui, pour la France, "ne se justifie pas", estime Alexander Law, économiste de l'institut d'études Xerfi.

"Le resserrement attendu pour juillet de la politique monétaire de la BCE agira donc comme un frein sur l'économie réelle au moment même où la conjoncture donne des signes de détérioration en France et ailleurs en Europe", ajoute-t-il en soulignant que l'inflation sous-jacente française reste contenue, à 1,2% sur un an.

La banque centrale justifie notamment ce resserrement par sa volonté de prévenir des "effets de second tour", en clair la transmission aux salaires et aux prix à la consommation de la hausse des matières premières. Au début de l'année, Jean-Claude Trichet avait même jugé qu'augmenter les salaires serait "la dernière des bêtises".

En France, si la progression de la masse salariale s'est relativement accélérée ces derniers mois (le salaire moyen a augmenté de 1,7% au premier trimestre), le pouvoir d'achat reste au premier plan du débat politique et social, comme le montrent le débat en cours sur la "prime dividendes" et les mouvements sociaux dans plusieurs grandes entreprises.

De ce point de vue, les chiffres de l'inflation de juin seront étudiés avec attention car ils pourraient déclencher une nouvelle revalorisation du Smic après celle de 1,6% entrée en vigueur le 1er janvier.

L'indice des prix hors tabac des ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé, qui sert de référence au salaire minimum, affiche à fin mai une hausse de 1,9% par rapport au niveau retenu pour la dernière revalorisation. Soit un dixième de point de moins que le seuil déclenchant une revalorisation.

Les statistiques détaillées sur le site de l'Insee:

Marc Angrand, édité par Jean-Baptiste Vey

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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