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Marché : Le "qe2" s'achève aux etats-unis, mais un "qe3" reste incertain

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par Steven C. Johnson

NEW YORK (Reuters) - Le deuxième "plan d'assouplissement quantitatif" (QE2) s'achève ce jeudi aux Etats-Unis et la Réserve fédérale américaine n'a pour l'instant rien laissé filtrer sur une possible poursuite des mesures de soutien à l'activité économique.

Les investisseurs s'interrogent vivement sur les actions que la Fed pourrait désormais entreprendre, si la croissance américaine restait peu vigoureuse au deuxième semestre.

Dans le cas où un retour à la récession s'avère possible, la Fed annoncerait dès le mois d'août qu'elle est prête à relancer la planche à billets, estimait la semaine dernière Bill Gross, gérant chez Pimco, premier gestionnaire mondial de fonds obligataires.

Mais tout le monde ne pense pas que Ben Bernanke, le président de la Fed, agira aussi rapidement. Les politiques menées par la banque centrale américaine ces dernières années, y compris le QE2, se sont traduites par l'injection de quelque 2.300 milliards de dollars dans le système financier.

Après la récente série de mauvaises statistiques économiques, Ben Bernanke avait souligné qu'"un peu plus de temps pour évaluer la situation serait utile" avant de prendre de nouvelles mesures.

Mais dans le cas où la Fed souhaiterait s'en tenir là, l'expiration du QE2 tombe mal: la reprise économique perd de son élan, avec notamment un fort ralentissement de la croissance au premier trimestre, et un taux de chômage au-dessus de 9%.

"Une partie du mandat de la Fed consiste à défendre le plein-emploi, donc elle devra continuer à s'impliquer. Il faudra qu'elle soit plus imaginative", estime Quincy Krosby, analyste chez Prudential Financial.

ÉCHEC OU SUCCÈS?

L'attitude de la Fed dépendra avant tout de l'évaluation des effets secondaires négatifs du programme, dont il faudra déterminer s'ils valaient la peine d'être risqués.

Lancé en fin d'année dernière, le QE2 visait à éviter que l'économie américaine ne retombe dans la récession juste après en être sortie, phénomène dit de "récession en W".

Ce risque était réel à l'époque. La reprise de l'économie était complètement retombée, les prix chutaient, le taux de chômage s'envolait et les marchés d'actions étaient revenus à un plus bas de plusieurs mois.

"Le QE2 était un formidable outil pour écarter la déflation, et de toute évidence cela a fonctionné", analyse Alan Wilde, de Baring Asset Management.

"Je m'étonne que les banquiers centraux n'aient pas tenté de tirer davantage de crédit pour avoir réinjecté une partie de l'inflation dans le système. Ils devraient le crier sur les toits."

Toutefois, si les massives injections de capitaux de la Fed ont fortement relancé les marchés - l'indice S&P 500 a pris 25% depuis le 26 août 2010, veille de la première annonce de Bernanke sur le QE2 - il a également fait flamber les cours du pétrole, ce qui n'a guère aidé les marchés de l'emploi et de l'immobilier.

Le programme a également affaibli le dollar, ce qui est une très bonne chose pour les exportateurs américains, mais a attisé l'inflation à l'étranger et aussi, du moins selon certains, aux Etats-Unis.

Ces résultats mitigés pourraient, de l'avis de Greg Michalowski, analyste devises chez FXDD, pousser la Fed à y réfléchir à deux fois avant de lancer un nouveau programme.

"Je pense que l'une des raisons pour lesquelles ils ne lancent pas de QE3, c'est peut-être que, en fait, le QE2 n'a pas marché. Le pétrole a augmenté, et l'argent est parti dans la spéculation. Pas dans le crédit: dans la spéculation."

Toutefois, le débat sur la pertinence d'un QE3 s'éteindra dès que l'économie américaine aura de meilleures perspectives.

De plus, les pouvoirs publics américains ne sont guère enthousiastes à l'idée d'un nouvel assouplissement monétaire.

Vu sous cet angle, la mise à disposition des marchés, la semaine dernière, de 60 millions de barils de pétrole peut être considérée comme un substitut à un QE3: un moyen de relâcher la pression sur les consommateurs et les PME afin de donner un coup de fouet à la croissance.

Avec Burton Frierson, Gregory Schwartz pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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