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Marché : Le premier ministre grec plaide l'union pour éviter la faillite

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par Barry Moody et Renee Maltezou

ATHENES (Reuters) - Face au violent mécontentement public et à la grogne croissante au sein de son parti, Georges Papandréou a demandé aux Grecs dimanche de soutenir son nouveau plan d'austérité sur cinq ans, seule solution selon lui pour éviter une faillite du pays.

Faisant appel à la raison et à la solidarité de ses concitoyens, le Premier ministre grec a promis de leur donner l'occasion de s'exprimer à l'automne au travers d'un référendum sur les modifications électorales et politiques, y compris la responsabilité des ministres.

Le dirigeant socialiste s'exprimait devant le parlement avant un débat sur la question de confiance qu'il a posée aux élus en présentant son nouveau gouvernement de crise quelques heures avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Luxembourg.

Cette réunion devrait permettre le déblocage d'une nouvelle tranche de l'aide accordée à la Grèce par l'Union européenne et le Fonds monétaire international.

Papandréou, qui joue sa survie politique, a rappelé que la Grèce se trouvait à un moment décisif de son histoire et que ses réserves de liquidités étant presque épuisées, elle devait obtenir une nouvelle tranche, d'un montant de 12 milliards d'euros, du plan de 120 milliards d'euros de l'UE et du FMI.

En ce qui concerne le plan d'austérité, les mesures d'économies drastiques, qui doivent s'étaler sur cinq ans, consistent en privatisations, baisse des revenus et hausse de la fiscalité.

"Les conséquences d'une faillite ou une sortie de l'euro auraient des conséquences catastrophiques immédiates pour l'immobilier, les banques et la crédibilité du pays", a-t-il expliqué.

"Nous voulons un vote de confiance, non parce que nous cherchons des boucs émissaires mais parce que nous voulons agir et prendre des mesures politiques afin que la Grèce ne dépende plus de créanciers à l'avenir", a-t-il poursuivi.

Le remaniement ministériel décidé à la hâte vendredi avec le remplacement de Georges Papaconstantinou par Evangelos Venizelos au ministère des Finance visait à répondre au mécontentement croissant au sein du Pasok après la défection de trois députés.

"LA GRANDE BATAILLE COMMENCE"

L'opposition réclame, elle, par la voix de son chef de file Antonis Samaras le départ du chef du gouvernement et une renégociation de l'aide après des élections. "Pourquoi le gouvernement insiste-t-il pour que nous assumions cette erreur ? Il ne veut pas un consensus, il veut une complicité", a dit Samaras.

Face à cette position, Papandréou a demandé à ses adversaires de cesser l'affrontement politique dans une période aussi difficile afin de ne pas donner l'image d'un pays divisé. "Afficher nos divisions ne nous aide pas", a-t-il dit.

Dans le cadre de cette volonté de dialogue, Papandréou a annoncé: "à l'automne, nous nous dirigerons vers un référendum sur les grandes réformes engagées dans ce pays".

Une enquête d'opinion réalisée avant le remaniement ministériel montre que 47,5% des Grecs souhaitent que le plan d'austérité soit rejeté par le parlement et que soient organisées des élections anticipées. Un peu plus d'un tiers (34,8%) sont favorables au plan.

Le Premier ministre espère faire adopter son plan d'austérité, qui prévoit l'économie de 28 milliards d'euros, par le parlement avant la fin du mois de juin. Ce plan a été élaboré car le gouvernement n'est pas parvenu à atteindre ses objectifs budgétaires fixés lors du déblocage l'an dernier d'une première aide de l'UE et du FMI.

Le Premier ministre a aussi adressé dimanche un message à la population en soulignant que l'image de division donnée par la Grèce ne rassurait pas les créanciers internationaux et renforçait donc les risques pesant sur les finances publiques.

Il s'est engagé à corriger les conséquences sociales provoquées par sa politique d'austérité, qui a aggravé la récession économique du pays et développé le chômage.

La crise est accentuée par les divergences au sein de l'UE sur les modalités du nouveau plan d'aide à la Grèce.

Malgré un effort pédagogique, ces réformes demeurent contestées dans la rue par une partie de la population, qui dénonce les conséquences sociales de cette politique menée depuis un an.

Les employés de la compagnie publique d'électricité PPC, promise à une privatisation, ont prévu de cesser le travail pendant 48 heures à partir de minuit, ce qui devrait entraîner des pannes de courant.

"La grande bataille commence! Que tout le monde nous rejoigne dans notre grève de 48 heures", écrit le syndicat de l'entreprise sur son site internet.

Bureau d'Athènes; Bertrand Boucey et Pierre Sérisier pour le service français

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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