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Marché : Le pib grec dévisse au 1er trimestre, la rigueur va peser

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par Harry Papachristou et Ingrid Melander

ATHENES (Reuters) - L'économie grecque s'est contractée beaucoup plus qu'attendu au premier trimestre, ce qui devrait rendre encore plus douloureuses pour le pays les mesures d'austérité supplémentaires réclamées à Athènes par l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI).

Le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 5,5% sur un an sur la période janvier-mars, selon des chiffres préliminaires publiés jeudi par l'agence grecque de la statistique Elstat, soit davantage que la contraction de 4,8% annoncée en estimation flash.

D'un trimestre sur l'autre, l'économie grecque affiche une croissance de 0,2% sur les trois premiers mois de l'année, contre +0,8% en estimation flash.

Pour Emilie Gay, économiste chez Capital Economics, cela augure mal des efforts de la Grèce pour atteindre les objectifs de réduction du déficit prescrits par ses bailleurs de fonds internationaux.

"Nous prévoyons que l'économie se contractera de 5% cette année. Pour nous, cela signifie que la Grèce ne parviendra pas à atteindre ses objectifs, comme l'an dernier", juge-t-elle.

Publié mercredi, le rapport de mission de la "troïka", qui rassemble l'UE, le FMI et la Banque centrale européenne (BCE), prévient que la Grèce risque de manquer ses objectifs de déficit si elle ne prend pas de nouvelles mesures d'assainissement budgétaire.

La troïka a aussi fortement abaissé ses prévisions pour le pays, tablant désormais sur une récession de 3,8% cette année et une croissance limitée à 0,6% en 2012.

"Les chiffres (publiés jeudi) laissent peu d'espoir de voir l'activité économique intérieure se redresser bientôt", juge Platon Monokroussos, économiste pour EFG Eurobank.

Après la publication de ces chiffres moins bons qu'attendu, l'écart de rendement entre les emprunts d'Etat grecs à dix ans et le papier allemand de même échéance s'est creusé de 21 points de base (pdb) à 1.352 pdb.

En outre, le coût de l'assurance contre un risque de défaut (CDS) sur la dette grecque à cinq ans a atteint un nouveau record à 1.510 pdb, en hausse de 50 pdb sur la séance selon Markit, entraînant dans son sillage les CDS portugais et irlandais. Cela signifie qu'il en coûte 1,51 million d'euros pour assurer 10 millions d'euros d'exposition aux emprunts d'Etat grecs.

QUELQUE 90 MILLIARDS D'EUROS D'AIDE SUPPLÉMENTAIRE

Lors de la publication de l'estimation flash, le Premier ministre George Papandréou s'était réjoui ouvertement d'un frémissement dans les exportations, malgré l'effondrement de la demande intérieure.

Mais les chiffres de jeudi sont venus doucher cet enthousiasme, avec un recul de la contribution au PIB de l'exportation de biens et services.

Le gouvernement grec devait valider ce jeudi un plan économique à moyen terme comprenant de nouvelles mesures de rigueur.

Le texte suscite une levée de bouclier au sein de la population grecque et a provoqué d'importantes dissensions au sein du parti socialiste au pouvoir, dont certains membres redoutent les conséquences sociales.

Déjà repoussée de 24 heures en raison des divergences qui agitent le Pasok, la réunion gouvernementale destinée à approuver le plan a dû être à nouveau différée de deux heures jeudi après des débats internes qui ont duré jusque tard dans la nuit.

Le gouvernement espérait pouvoir soumettre cette semaine au parlement les nouvelles mesures d'austérité, qui doivent permettre à Athènes d'obtenir un deuxième plan d'aide international.

Une source européenne a rapporté jeudi que le nouveau programme de prêts d'urgence devrait représenter environ 90 milliards d'euros, en plus des versements qui restent à effectuer dans le cadre du premier plan de 110 milliards d'euros mis en place l'an dernier.

"On ne peut pas vraiment le chiffrer exactement pour le moment car on ne sait pas vraiment comment le nouveau programme sera structuré -- si les tranches qui restent à verser à la Grèce seront intégrées au nouveau programme, ou si elles existeront en parallèle du nouveau programme", a dit la source.

"Mais l'idée de base est que l'effort supplémentaire par rapport à ce qui a déjà été mis en place représenterait 90 milliards."

Mercredi, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a dit à des élus de la coalition au pouvoir à Berlin qu'Athènes avait besoin de 90 milliards d'euros supplémentaires via ce deuxième programme.

Une fois que la Grèce aura reçu la prochaine tranche du plan existant, soit 12 milliards d'euros qui devraient être versés début juillet, quelque 45 milliards resteront à débloquer dans ce cadre.

"Les 90 milliards se subdiviseraient en 30 milliards provenant des privatisations, 30 milliards de participation du secteur privé et 30 milliards de nouveaux prêts de la part de la zone euro, du FMI et du (...) Mécanisme européen de stabilité financière", a précisé la source.

Avec Jan Strupczewski à Bruxelles; Jean Décotte pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat et Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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