Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : Le medef veut mettre la compétitivité au coeur du sommet social

Marché : Le medef veut mettre la compétitivité au coeur du sommet social

Le medef veut mettre la compétitivité au coeur du sommet socialLe medef veut mettre la compétitivité au coeur du sommet social

par Emmanuel Jarry et Leigh Thomas

PARIS (Reuters) - Le Medef, principale organisation patronale française, fera de la compétitivité des entreprises l'enjeu principal de la "Grande conférence sociale" des 9 et 10 juillet, a déclaré mardi sa présidente, Laurence Parisot, dans une interview à Reuters.

Ce premier grand rendez-vous social du quinquennat sera inauguré par le président François Hollande et portera sur l'emploi, la formation, les rémunérations, le redressement de l'appareil productif, l'égalité hommes-femmes, les retraites, le financement de la protection sociale et la fonction publique (voir et ).

"Nous avons eu plus de 60 réunions avec des membres du gouvernement, des conseillers des ministres et les organisations syndicales pour préparer la conférence sociale. Et nous avons dit très clairement que la question de la compétitivité était à nos yeux la question numéro un", déclare Laurence Parisot.

Le Medef entend traiter sous cet angle les questions de financement de la protection sociale et de réforme du marché du travail et remettre sur la table des propositions écartées par le gouvernement.

L'organisation patronale propose ainsi de baisser simultanément les charges sociales payées par les salariés et les employeurs, pour réduire le coût du travail, et de compenser cette baisse par une augmentation de la TVA et de la contribution sociale généralisée (CSG).

"Nous proposons un transfert de cinq points de cotisations, ce qui fait 30 milliards d'euros : 3,5 points du côté employeur et un point et demi côté salarié", explique Laurence Parisot.

"On le compenserait par 22,8 milliards d'euros du côté de la TVA et 0,75 point de taux de CSG en plus, soit 8,3 milliards."

RUPTURE CONVENTIONNELLE COLLECTIVE

La présidente du Medef souhaite que le débat soit au moins lancé les 9 et 10 juillet.

"Ce qui compte, c'est que les choses soient présentées et débattues", fait-elle valoir. "Je n'exclus pas que ce qui n'est pas envisagé aujourd'hui soit finalement mieux compris et accepté demain."

L'organisation patronale entend également remettre sur la table de négociations la question de la "flexi-sécurité" - une flexibilité accrue du marché du travail, compensée par plus de sécurité pour les salariés.

Elle proposera notamment que la notion de "rupture conventionnelle" ne s'applique plus seulement aux salariés individuels mais aussi au niveau collectif.

"En 2008, nous avons fait un grand pas en matière de flexi-sécurité avec l'invention de la rupture conventionnelle", dit Laurence Parisot. "Il faut inventer quelque chose d'équivalent sur le plan collectif, c'est-à-dire dans l'hypothèse où une entreprise doit faire des ajustements d'effectifs ou des restructurations."

RÉDUIRE LES DÉFICITS SOCIAUX

Le Medef fera aussi des propositions visant à améliorer l'employabilité des actifs et sur la négociation d'"accords activité emploi" permettant aux entreprises confrontées à des difficultés économiques d'ajuster leurs effectifs, leur masse salariale et la durée du travail.

Laurence Parisot assure que des organisations syndicales commencent à regarder d'un oeil moins hostile les enjeux de "compétitivité-prix" et elle souhaite que la conférence des 9 et 10 juillet aboutisse au moins à un diagnostic commun sur ce thème.

"Ensuite, à nous, ensemble, dans un processus que le gouvernement devrait animer, d'évoluer vers une solution consensuelle", ajoute-t-elle.

Le Medef souhaite par ailleurs que la conférence sociale se penche sur la question des déficits sociaux, en particulier ceux du régime de retraites et de l'assurance-maladie.

"Pour les retraites, un grand pas a été franchi avec la réforme de 2010, réforme que l'on sait déjà insuffisante. Il faut ne pas le cacher aux Français. La conférence sociale est l'occasion de le dire clairement", explique Laurence Parisot.

Pour la présidente du Medef, la conférence sociale doit aussi être l'occasion de lancer le débat sur l'assurance-maladie, "une des sources les plus dangereuses de déficit".

"J'espère qu'à l'occasion de ce sommet social, la question de l'assurance maladie apparaîtra aux yeux du public comme un sujet désormais très important et que l'on préparera ainsi, pour les deux ou trois années qui viennent, des réformes structurelles (...) de notre système de santé", précise-t-elle.

(Edité par Marc Angrand)

Copyright © 2012 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...