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Marché : Le marché des matières premières reste solide, moins spéculatif

Le marché des matières premières reste solide, moins spéculatifLe marché des matières premières reste solide, moins spéculatif

par Nick Trevethan

SINGAPOUR (Reuters) - Les cours des matières premières se sont stabilisés vendredi après leurs forte chute alimentée par les craintes de ralentissement de la croissance mondiale, mais la brusque dégringolade de jeudi traduit davantage l'émoussement de la spéculation qu'un changement dans les fondamentaux du marché, estiment des analystes.

Cette semaine, des statistiques macroéconomiques décevantes et des craintes diffuses concernant la croissance et la politique monétaire chinoises ont poussé certains analystes à s'inquiéter d'une possible baisse de la demande en matières premières, voire d'une fin du marché haussier observé depuis huit ans.

La hausse des prix des matières premières a démarré en 2002, puis a marqué une pause avec la crise financière en 2008, avant de redémarrer en 2010.

L'indice mondial de référence pour les prix des matières premières, le Reuters-Jefferies CRB qui prend en compte 19 matières premières, est en passe de connaître sa semaine de plus forte chute depuis juillet 2008.

Il a perdu 4,9% jeudi, son quatrième recul d'affilée et le cinquième plus important de l'année, ce qui a porté à quelque 8% sa baisse depuis le début de la semaine.

L'indice a rétrocédé plus des deux tiers des gains réalisés depuis le début de l'année.

Les cours du brut léger américain ont poursuivi leur baisse après avoir clôturé jeudi soir sous la barre des 100 dollars le baril pour la première fois depuis le mois de mars.

L'argent, l'un des catalyseurs du mouvement de ventes observé sur le marché des matières premières, a creusé ses pertes après avoir chuté de 10% jeudi, sa plus importante perte en un jour depuis octobre 2008.

"Les données récentes suggèrent une contraction de la croissance, mais pas un effondrement", estime Joel Crane, analyste de Morgan Stanley à Sydney.

"Les prix des matières premières avaient dépassé les valeurs fondamentales, donc un recul est justifié", estime-t-il. Il ajoute qu'un ralentissement du marché au deuxième trimestre est "prévisible", le monde ayant été confronté ces derniers mois à des défis majeurs, troubles politiques dans plusieurs pays producteurs de pétrole, séisme dévastateur au Japon.

LA CROISSANCE CHINOISE SEMBLE SOLIDE

Mais la croissance dans le reste de l'Asie, en particulier en Chine, semble solide. Premier consommateur mondial de matières premières et second importateur de pétrole, la Chine devrait connaître une croissance annuelle robuste d'environ 8% sur les cinq prochaines années.

Ceci alimente un décalage entre la situation économique des gros consommateurs asiatiques de matières premières et l'humeur des traders en Europe et aux Etats-Unis, où la situation économique est bien plus précaire.

"Capitulation ou correction ? Ceci est une correction. Il existe un point d'ancrage pour les matières premières - l'histoire de la croissance chinoise - et il n'a pas disparu. Rien n'a fondamentalement changé", estime Mark Pervan, analyste senior spécialiste des matières premières chez ANZ.

"Les investisseurs avaient capitalisé sur beaucoup de bonnes nouvelles, peut-être trop, et cette semaine ils se sont rués vers la sortie", explique-t-il, estimant que c'est "une bonne chose" que les prix du marché se débarrassent ainsi d'une forte dose de spéculation.

"Les consommateurs chinois trouveront les prix beaucoup plus attractifs et l'on pourrait observer un regain d'appétit pour les matières premières importées", précise-t-il.

Un coup d'arrêt à la faiblesse du dollar, qui chute depuis 11 mois et a touché cette semaine son plus bas en trois ans, pourrait par ailleurs être en vue, alors que la Réserve fédérale des Etats-Unis semble disposée à durcir sensiblement sa politique monétaire, jusqu'à présent accommodante.

Les matières premières étant libellées en dollar, le rétablissement du billet vert rendrait celles-ci plus abordables aux détenteurs d'autres devises, comme l'euro ou le yen.

Les investisseurs semblent parier que le dollar ne pourra pas s'affaiblir indéfiniment.

Le marché des matières premières s'était montré agité depuis la mi-avril, et tandis que Goldman Sachs préconisait de récolter les profits, d'autres analystes affirmaient que les matières premières étaient toujours sous tension et que le dollar resterait faible.

La dégringolade des cours ces derniers jours semble indiquer que les investisseurs ont préféré suivre l'avis de Goldman Sachs.

Des craintes relatives à l'inflation en Chine ont également contribué au mouvement de dégagement sur les matières premières. La banque centrale chinoise prévoit toutefois une inflation modérée au second trimestre dans la deuxième économie mondiale.

Natalie Huet pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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