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Marché : Le luxe promis à une croissance durable

Le luxe promis à une croissance durableLe luxe promis à une croissance durable

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Sauf imprévu, le luxe est promis à une croissance soutenue et durable qui favorise l'accélération de la consolidation dans le secteur.

Les groupes de luxe ont dépassé toutes les attentes au premier trimestre, en dépit de la triple catastrophe - séisme, tsunami et accident nucléaire - qui a frappé le Japon en mars.

Portés par une dynamique qui ne se dément pas dans les pays émergents, l'Asie bien sûr mais aussi le Brésil, et grâce aussi à une nette reprise de la consommation aux Etats- Unis et à d'importants flux touristiques en Europe, ils ont publié des taux de croissance interne souvent supérieurs à 20%.

La croissance du luxe est d'autant plus remarquable qu'elle intervient après un très vif rebond du secteur en 2010 (+19% pour Hermès, +24% pour Richemont +13% pour LVMH, + 12% pour PPR).

Sauf choc exogène majeur susceptible d'entraver la consommation ou les flux touristiques, le luxe devrait, aux dires des analystes, profiter de taux de progression largement supérieurs à la moyenne historique (+7%) du secteur.

Le cabinet Bain & Co table sur une progression de 8% à taux de change constants cette année. Mais de nombreux analystes, comme ceux de HSBC, anticipent des hausses à deux chiffres.

D'ici 2014, Bain & Co s'attend à une croissance moyenne cumulée de 5% à 6%, à taux de change constants, pour le secteur mondial du luxe.

Ces perspectives encouragent la reprise des opérations de fusions/acquisitions et incitent des marques à la mode à faire leur entrée en Bourse, comme en témoignent les projets de Jimmy Choo, Ferragamo ou encore Moncler.

Prada pourrait ainsi devenir bientôt la première société italienne à être cotée à Hong Kong, au coeur du marché asiatique qui promet au secteur du luxe ses plus fortes perspectives de croissance.

VALORISATIONS À LA HAUSSE

Quant aux acquisitions, elles ont connu un véritable coup d'accélérateur ces derniers mois, et là aussi les rachats émanant d'investisseurs asiatiques se sont multipliés.

Pour prendre de vitesse les autres grands noms du luxe, LVMH a acheté Bulgari au prix fort en mars. Le groupe de Bernard Arnault a mis sur la table 4,3 milliards d'euros, dette comprise, pour s'offrir le joaillier italien, très convoité mais qui clamait depuis des années son indépendance.

LVMH avait révélé fin 2010 être entré à hauteur de 20% dans le capital du groupe familial Hermès.

La maison de prêt-à-porter Cerruti est passée en décembre dans le giron de Trinity, propriété du conglomérat Li & Fung, basé à Hong Kong. Le mois dernier, c'est le chausseur haut de gamme Robert Clergerie qui a été racheté par un fonds d'investissement dépendant de la famille Fung, associé à l'homme d'affaires français Jean-Marc Loubier.

Toutes ces opérations mettent un coup de projecteur sur les valeurs du luxe, dont les valorisations devraient continuer à être tirées à la hausse, selon Laurent Belloni, cogérant du fonds Pictet Premium Brand (Pictet & Cie).

Il estime que l'environnement porteur pour le secteur du luxe devrait permettre de revenir vers des niveaux de valorisation autour de 20-22 fois les bénéfices, ce qui est en phase avec leur moyenne historique, contre 17 fois actuellement prévu pour 2012.

Les acteurs du luxe feront un point sur leurs perspectives et leur stratégie lors du sommet mondial du luxe et de la mode que Reuters organise du 23 au 25 mai, simultanément à Paris, Londres, New York, Shanghai et Hong Kong.

Ils seront aussi interrogés sur leur marge de manoeuvre pour augmenter leurs prix avec le renchérissement des matières premières comme l'or, l'argent mais aussi le coton, et le problème récurrent des effets de change défavorables liés à l'euro fort, la plupart des groupes du luxe ayant des coûts de fabrication en euros et des ventes en dollars.

Si les Etats-Unis restent le premier marché mondial du luxe, (estimé à 48 milliards d'euros en 2010), la "grande" Chine - incluant Hong Kong, Macao et Taiwan - talonne le Japon (18 milliards) avec un marché estimé à 17,6 milliards, selon les estimations du cabinet Bain & Co.

Au Japon, où le marché du luxe décline depuis 2007, la baisse devrait atteindre environ 5% cette année.

Avec Astrid Wendlandt, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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