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Marché : Le gouvernement face au feu croisé des marchés et du ps

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par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Le gouvernement défend son action pour conforter la note "triple A" de la France face aux doutes des marchés financiers et aux critiques de l'opposition sur sa gestion.

La pression sur la France s'est poursuivie mercredi, l'écart de rendement entre les dettes française et allemande et les assurances contre le risque de défaut, les Credit default swaps (CDS), se maintenant à des niveaux record.

Le spread franco-allemand dépassait 190 points de base en début d'après-midi, des hauteurs inconnues depuis le début des années 1990 et les CDS dépassaient 220 points, en nette hausse depuis début novembre.

A environ 3,7%, le rendement des emprunts français à 10 ans restait inférieur à son niveau d'avril, mais il a bondi de près de 50% depuis son plus bas de 2011 en septembre.

"Le différentiel de taux d'intérêt entre l'Allemagne et la France n'est pas justifié", a déclaré mercredi la porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse.

"Nous pensons que la réactivité de la France, le plan du 7 novembre, les engagements intangibles de réduction des déficits et de la dette que nous avons pris, sont de nature à crédibiliser notre stratégie économique", a-t-elle ajouté lors du compte rendu du conseil des ministres.

Le ministre des Finances, François Baroin, assure quant à lui que la France tiendra ses objectifs de réduction du déficit même si la croissance est l'an prochain deux fois moins importante qu'espéré.

"Même à 0,5% de croissance, nous pourrions faire face", explique-t-il dans un entretien publié mercredi par Les Echos.

La France, qui prévoit une hausse du PIB de 1,0% l'an prochain, s'est engagée à réduire son déficit public de 5,7% du PIB fin 2011 à 4,5% fin 2012.

"TOUT POUR CONSERVER" LE AAA

Dévier de cette trajectoire, dans un contexte de net ralentissement économique, pourrait coûter au pays son "triple A", qui contribue à maintenir ses coûts d'emprunt à des niveaux avantageux.

"Nous avons ce 'triple A', nous mettons tout en ouvre", a dit François Baroin sur LCI. "Nous faisons tout pour conserver cette notation."

Les trois principales agences de notation donnent à la France la note maximale - "triple A" avec perspective stable - mais l'une d'entre elles, Moody's, a annoncé qu'elle évaluait la solidité de cette perspective.

Le gouvernement tente de démontrer que l'effort supplémentaire de 65 milliards d'euros d'ici à 2016 annoncé la semaine dernière sera suffisant pour redresser les finances publiques et réduire le déficit à 3% fin 2013, ce qui permettrait de stabiliser puis de baisser le ratio de dette publique par rapport au PIB.

Il assure qu'il ne prépare pas de nouveau plan de rigueur et souligne que six milliards d'euros de crédits seront mis en réserve l'an prochain, par précaution.

A près de cinq mois de l'élection présidentielle, majorité et opposition se renvoient la responsabilité des difficultés que connaît la France.

La gauche accuse la droite d'avoir creusé les déficits par des cadeaux fiscaux irresponsables, tandis que le gouvernement accuse les socialistes de porter préjudice à la France en soulignant la fragilité du "triple A".

"François Hollande, dans son rôle de candidat, ne sert pas les intérêts du pays en faisant entendre une petite musique qui nourrit tout simplement ce qu'il y a aujourd'hui dans la tête des spéculateurs", a dit François Baroin.

François Fillon a accusé mardi à l'Assemblée nationale le Parti socialiste d'avoir "choisi une stratégie de dénigrement qui pèse sur la France tout entière".

"Les porte-parole du Parti socialiste sont devenus les auxiliaires des agences de notation", a dit le Premier ministre.

François Hollande, candidat du PS à l'élection présidentielle du printemps prochain, avait déclaré vendredi: "C'est comme si nous étions déjà dégradés".

"Je ne souhaite pas que la note de la France soit dégradée. Je constate simplement que les marchés ont déjà anticipé", avait-il ajouté.

Avec Yann Le Guernigou, édité par Gilles Trequesser

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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