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Marché : Le g8 s'inquiète sur le yémen, veut aider le printemps arabe

Le g8 s'inquiète sur le yémen, veut aider le printemps arabeLe g8 s'inquiète sur le yémen, veut aider le printemps arabe

DEAUVILLE, Calvados (Reuters) - Les dirigeants des pays du G8 ont appelé jeudi le président du Yémen à quitter le pouvoir, au premier jour de leur sommet annuel qui devrait décider d'une aide aux pays arabes engagés sur la voie de la démocratie.

Le spectre d'une guerre civile à Sanaa, où des affrontements entre partisans et adversaires du pouvoir ont fait des dizaines de victimes au cours de la nuit de mercredi à jeudi, a ajouté un sentiment d'urgence à la décision des Huit de discuter de la consolidation du "printemps arabe".

La France, pays hôte du sommet, a déclaré que le président yéménite Ali Abdallah Saleh devait partir.

"Nous déplorons les combats en cours depuis lundi dans la ville de Sanaa, conséquence de l'impasse politique actuelle dont le président Saleh porte l'entière responsabilité par son refus de signer l'accord de transition du Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCEAG)", a indiqué le Quai d'Orsay.

Les Etats-Unis ont déclaré de même, par la voix de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton à Paris, qu'ils souhaitaient le départ du chef de l'Etat yéménite, coupable à leurs yeux d'avoir annoncé plusieurs fois qu'il acceptait de s'effacer et "d'avoir renoncé constamment à tenir ses engagements".

Alors que seuls deux pays, la Tunisie et l'Egypte, ont entamé des transitions démocratiques, et que d'autres, comme la Libye et la Syrie, sont en proie à des violences, le Premier ministre britannique David Cameron a estimé que le G8 devait se ranger derrière la rue arabe.

LE G8 APPUIE LE PRINTEMPS ARABE

"Je veux que ce sommet débouche sur un message très simple et très clair, celui que les plus grandes puissances mondiales se sont réunies pour dire à ceux qui, au Proche-Orient et en Afrique du Nord, veulent plus de démocratie, plus de liberté et plus de droits: 'nous sommes à vos côtés'", a-t-il dit.

"Nous aiderons à la construction de votre démocratie, nous aiderons vos économies (...) nous vous aiderons par tous les moyens, parce que l'alternative à une démocratie établie c'est encore plus de l'extrémisme venimeux qui a fait tant de dégâts dans notre monde."

Réunis autour de Nicolas Sarkozy, les dirigeants du G8 ont évoqué l'économie mondiale lors d'un déjeuner de travail, marqué également par un exposé du Premier ministre japonais sur la situation de son pays à la suite du séisme et du tsunami meurtriers du 11 mars.

Naoto Kan a promis la transparence sur l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima, le pire Tchernobyl, et annoncé son souhait d'organiser une conférence internationale sur la sûreté du nucléaire l'an prochain, pour en partager les leçons.

La succession de Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds monétaire international (FMI) s'est également invitée dans les débats, au lendemain de la déclaration de candidature de la ministre française de l'Economie Christine Lagarde.

Celle-ci semble bénéficier d'un large consensus chez les Occidentaux mais devra surmonter les réticences, voire l'opposition des grands pays émergents, les "Brics", qui réclament une place dans les instances internationales à la mesure de leur poids économique grandissant.

CHOIX "AU MÉRITE"

La Chine, dont la France avait revendiqué le soutien pour Christine Lagarde, a appelé de ses voeux une "consultation démocratique" pour le choix du prochain patron du FMI.

Hillary Clinton a déclaré pour sa part que les Etats-Unis n'avaient pas exprimé de soutien officiel pour la ministre française même si des responsables de l'administration ont laissé entendre que Washington y était favorable.

De source diplomatique, on a appris que le projet de communiqué final du G8 ne mentionnait pas un soutien à Christine Lagarde pour sa candidature.

Le FMI a promis un processus de choix "au mérite" de son futur directeur général, un poste n'ayant jamais échappé aux Européens depuis 1945, qui devrait être nommé d'ici à fin juin.

Membre du G8 comme des Brics, le forum de consultation des grands pays émergents, la Russie risque de faire entendre sa différence sur la Libye, où deux mois de frappes aériennes par une coalition menée par la France et le Royaume-Uni ne sont pas venus à bout du colonel Mouammar Kadhafi.

Moscou, qui n'a pas ménagé ses critiques contre cette intervention armée, est prêt à proposer ses services pour négocier un cessez-le-feu après avoir eu des contacts avec le régime de Tripoli et son opposition.

"Que les choses soient claires, la Russie ne veut pas que Kadhafi reste en place. Il a commis des crimes et doit en assumer la responsabilité, mais nous voulons que toutes les parties soient associées au processus de transition", a dit l'ambassadeur de Russie en France Iouri Orlov.

Le G8 devrait par ailleurs adopter une déclaration sur le rôle d'internet et fera vendredi le point de son partenariat avec l'Afrique après avoir mis en place celui avec le "printemps arabe".

Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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