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Marché : Le g20 se penche sur la mesure des déséquilibres, sujet sensible

Le g20 se penche sur la mesure des déséquilibres, sujet sensibleLe g20 se penche sur la mesure des déséquilibres, sujet sensible

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G20 se retrouvent vendredi à Washington pour élaborer un mode d'emploi des indicateurs censés permettre d'identifier les grands déséquilibres macroéconomiques qui nécessitent d'être corrigés.

De source française, on se dit confiant qu'un accord devrait être trouvé pour faire oublier le caractère laborieux du compromis conclu en février à Paris sur le choix des instruments de mesure.

Réunis en marge des sessions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, les ministres feront aussi un point d'étape des autres grands chantiers de la présidence française du G20, notamment la réforme du système monétaire international et la lutte contre la volatilité des prix des matières premières.

Ils évoqueront d'abord la situation économique globale, à la lumière des événements dans le monde arabe, de l'appel à l'aide européenne du Portugal ou de l'impact du tremblement de terre et du tsunami au Japon.

Coté français, on juge que la reprise actuelle "semble s'asseoir sur différents facteurs de croissance qui devraient permettre de résister à ces chocs", même si la vigilance s'impose sur certains points comme les pressions inflationnistes dans certains pays.

"LIGNES ROUGES"

Mi-février à Paris, les pays du G20 avaient éprouvé toutes les peines du monde pour adopter une batterie d'indicateurs en vue d'évaluer les déséquilibres macroéconomiques, l'objectif d'une plus grande coordination des politiques économiques se heurtant aux "lignes rouges" des intérêts nationaux.

Vendredi à Washington, ils tenteront de franchir une nouvelle étape en discutant d'une méthodologie d'utilisation de ces indicateurs, sachant qu'ils visent un accord sur des "lignes directrices" purement indicatives.

"Il n'y aura pas de cibles quantifiées", explique-t-on de source française.

La méthodologie envisagée repose sur des analyses à la fois fondamentales et statistiques qui doivent permettre de déterminer, pour chacune des économies des membres du G20, si elle est en déséquilibre et mérite de ce fait un "examen plus attentif" par ses pairs.

Toujours de source française, on juge que le "caractère systémique" de chacune devra être intégré et que les critères de déséquilibres devront être durcis pour les plus grands pays.

Sur ce point, le G20 entend prendre en compte pour la première fois la notion d'impact global des politiques menées par chacun de ses membres, que ce soit la politique monétaire très accommodante de la Réserve fédérale américaine ou les excédents courants records de la Chine.

En l'absence de toutes règles contraignantes, à l'image des mécanismes existant dans l'Union européenne, "le but du jeu est que derrière, cela déclenche les bons comportements que le G20 veut voir adopter" pour assurer une croissance mondiale "forte, durable et équilibrée", dit la source française.

"SUJET SENSIBLE"

A Paris, la Chine avait obtenu de haute lutte que les réserves de change, qu'elle a en abondance, ne soient pas retenues dans la liste des indicateurs du G20. Mais elle s'était résignée à l'inclusion du solde des paiements courants.

A l'approche de la réunion de Washington, son vice-ministre des Finances, Li-Yong, a durci le ton sur ces questions en dénonçant la proposition américaine de limiter à 4% les excédents ou déficits courants des Etats, y voyant "un instrument politique" pour affaiblir la croissance chinoise.

"Les déséquilibres extérieurs sont un sujet sensible et qui concerne le droit de la Chine et des autres économies émergentes à se développer et grandir", écrit-il dans un article publié sur le site internet du ministère.

Li-Yong accuse dans le même temps les politiques monétaires des Etats-Unis et d'autres pays d'alimenter l'inflation dans le monde, faisant monter la tension avant ce nouveau G20.

Les ministres feront aussi le point des réflexions entamées pour réformer le système monétaire international, à la lumière du séminaire organisé fin mars à Nankin qui a débattu notamment d'une ouverture du panier des droits de tirage spéciaux, l'unité de compte du FMI, à des devises émergentes dont le yuan.

Ils évoqueront de même le volet financier de la lutte contre la volatilité des matières premières, plus particulièrement la régulation des marchés dérivés.

Sur ce point, la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, a de nouveau prôné le week-end dernier la fixation de limites aux positions que les opérateurs peuvent prendre sur ces marchés, à l'instar de ce qui existe de longue date aux Etats-Unis.

"Il ne s'agit pas d'administrer les prix des matières premières mais de donner la possibilité aux régulateurs d'intervenir en cas de manipulations de marchés", dit-on de source française.

Édité par Yves Clarisse

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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