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Marché : Le fmi s'alarme d'une confiance financière "très fragile"

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par Anna Yukhananov

TOKYO (Reuters) - Le Fonds monétaire international (FMI) recommande vivement aux Européens de renforcer au plus vite les liens budgétaires et financiers au sein de la zone euro, afin de rétablir une confiance chancelante qui peut menacer à terme tout le système financier international.

Le ton sévère du FMI sur la crise de la dette dans la zone euro contraste avec le soulagement des Européens à la suite de décisions prises ces derniers mois qui ont atténué les inquiétudes sur la survie de la monnaie unique.

"En dépit des nombreuses mesures importantes déjà prises par les autorités, le compte n'y est toujours pas, exposant la zone euro à une spirale de fuite des capitaux, de nouvelles craintes d'éclatement et de déclin économique", explique le Fonds dans son rapport semestriel sur la stabilité financière paru mercredi.

Il estime que la menace la plus grande est la crise de la dette de la zone euro et que les risques menaçant la stabilité financière mondiale ont augmenté ces six derniers mois, laissant une confiance "très fragile".

Le FMI remarque par ailleurs que les banques européennes se seront sans doute délestées de 2.800 milliards de dollars d'actifs entre le troisième trimestre 2011 et la fin 2013 pour réduire leur exposition au risque, soit 200 milliards de plus que prévu voici six mois, aboutissant à une offre de crédit réduite de 9% dans les pays dits périphériques de la zone euro.

Si les autorités européennes ne tiennent pas leurs engagements de créer un organe de surveillance bancaire unique et si les pays de la périphérie de la zone euro ne suivent pas jusqu'au bout leurs programmes de réformes, les délestages pourraient augmenter pour atteindre 4.500 milliards d'euros, l'offre de crédit diminuant alors de 18%.

L'EXEMPLE À NE PAS SUIVRE

La crise de la dette de la zone euro risque également de faire des dégâts dans les pays émergents, qui connaissant déjà un ralentissement de croissance. C'est tout particulièrement vrai pour l'Europe centrale et orientale, en raison de son exposition à la zone euro.

Les difficultés de l'Europe doivent par ailleurs servir de leçon aux Etats-Unis et au Japon, deux pays également lourdement endettés, explique Jose Vinals, directeur du département marchés des capitaux et marchés monétaires du FMI et principal auteur du rapport.

Repousser les nécessaires ajustements économiques jusqu'à ce que les marchés forcent la main des Etats concernés aboutit à des "conséquences économiques plus rudes", souligne-t-il, ajoutant: "Il ne faut pas laisser les conditions actuelles des marchés, qui se sont améliorées, générer un sentiment de sécurité indu".

"Le choix aujourd'hui est celui-ci: prendre des décisions politiques et économiques dures mais nécessaires ou repousser une fois de plus, dans l'espoir illusoire que le temps joue pour nous; rien n'est plus faux", a-t-il affirmé.

Après l'abaissement des prévisions de croissance annoncé mardi par le FMI, le ton du rapport sur la stabilité financière vient à son tour plomber l'atmosphère de l'assemblée générale qui se tient à Tokyo cette semaine.

Vitor Constancio, vice-président de la Banque centrale européenne, s'est efforcé de conjurer ce pessimisme en assurant qu'il venait rendre compte au FMI et à la Banque mondiale des nombreux progrès accomplis par l'Europe en quelques mois.

"Cela devrait être encourageant pour l'économie mondiale", a-t-il dit à Reuters dans la capitale japonaise .

A Berlin, une source du ministère allemand des Finances a indiqué que l'Allemagne ferait en sorte que la crise de la dette ne soit pas le seul sujet de discussion à la grand-messe du FMI.

Timothy Geithner, le secrétaire américain au Trésor, a reconnu mardi qu'il faudrait du temps pour résoudre la crise.

"Même si personne ne doute de la volonté et de la capacité de trouver des solutions, il faudra probablement compter avec un environnement de croissance difficile en Europe pendant longtemps", a-t-il dit lors d'une visite à New Delhi.

Mario Draghi, le président de la BCE, a répété mardi que le programme de rachat de dette souveraine décidé en septembre par la banque centrale constituait un pare-feu décisif qui avait déjà apaisé les craintes des marchés.

Dans son rapport, le FMI prend acte de ce retour partiel de confiance qui s'est traduit par un rétrécissement des écarts de rendements entre les pays périphériques et le noyau dur de la zone euro. Pour autant, ces écarts restent importants et montrent que les investisseurs privés ne reviennent pas encore vers les pays de la périphérie, relève-t-il.

Wilfrid Exbrayat et Véronique Tison pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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