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Marché : Le fmi prêt à des concessions sur les prêts à la grèce

Le fmi prêt à des concessions sur les prêts à la grèceLe fmi prêt à des concessions sur les prêts à la grèce

par Harry Papachristou et Lefteris Papadimas

ATHENES (Reuters) - Le FMI est prêt à repousser le remboursement par la Grèce de ses prêts mais se montre opposé à une restructuration majeure de la dette du pays en raison des conséquences imprévisibles que cela pourrait avoir pour les pays de la zone euro, a déclaré mardi le représentant du FMI pour la Grèce.

La Grèce a certes fait des progrès dans la gestion de sa dette mais elle ne peut s'offrir le luxe de ralentir les réformes, a déclaré Bob Traa, lors d'une conférence bancaire. "La Grèce est à un point critique et n'a pas de temps à perdre", a-t-il dit.

Le gouvernement grec fait tout ce qu'il peut pour éviter de faire défaut sur sa dette, qui se monte à 340 milliards d'euros soit 150% de son produit intérieur brut.

"Si on veut une restructuration qui fasse vraiment la différence, il faut qu'elle soit vraiment très importante. Or, une restructuration de dette de cette ampleur aurait des conséquences incalculables, non seulement en Grèce, mais aussi dans la zone euro", a déclaré Bob Traa.

Il a bien laissé entendre que le FMI était ouvert à d'autres solutions. "On peut penser raisonnablement à rallonger les délais de paiement, par exemple des prêts accordés par les partenaires de la zone euro et le FMI (...) C'est une question technique à laquelle nous pouvons réfléchir", a-t-il dit.

La Grèce a déjà obtenu un allongement du délai pour rembourser les prêts qui lui ont été accordés dans le cadre du programme de 110 milliards d'euros mis au point par le Fonds monétaire international et l'Union européenne l'an dernier.

FAIRE PARTICIPER LE PRIVE

La chancelière allemande Angela Merkel fait partie de ceux qui souhaitent que les créanciers privés partagent une partie du fardeau d'un second plan de sauvetage, sur lequel se sont mis d'accord le FMI, l'UE, la banque centrale européenne vendredi dernier.

La Banque centrale européenne est fortement opposée à la réduction de la valeur globale de la dette grecque détenue de façon privée, c'est-à-dire à ce que les créanciers soient remboursés moins que leur mise de départ.

La BCE a toutefois signalé être ouverte à l'idée que les créanciers acceptent "volontairement" d'acheter des nouvelles obligations grecques quand les anciennes arriveront à échéance, ce qui signifie qu'Athènes n'aurait pas à débourser d'argent.

Les banques du secteur privé n'ont pas dit si elles signeraient un tel accord ni à quelle hauteur elles seraient prêtes à contribuer.

Comme le soulignent les économistes, un défaut de la Grèce serait très mauvais pour les banques du pays qui détiennent une grande partie du papier souverain grec. "Le sort de la dette souveraine grecque et du système bancaire restent inextricablement liés. Nous ne sommes pas favorables à un scénario de restructuration souverain", a déclaré Bob Traa.

Le gouvernement grec a par ailleurs dit s'attendre à ce que le parlement se prononce d'ici la fin du mois sur le nouveau plan d'austérité à moyen terme, nécessaire pour l'obtention d'un nouveau renflouement international par l'UE et le FMI, a déclaré mardi un responsable gouvernemental.

"Le parlement votera sur le plan à moyen terme d'ici la fin juin. Il consistera en un seul article", a-t-il déclaré à la presse.

VOTE EN BLOC

Au sein du Pasok, le Parti socialiste au pouvoir, certains avaient réclamé que chaque partie du plan, qui prévoit pour 6,4 milliards d'euros de nouvelles mesures d'austérité, et une accélération des cessions d'actifs publics pour réduire le déficit public, fasse l'objet de votes séparés.

Voter sur un seul bloc vise à éviter que chaque mesure individuelle ne soit contestée.

Le responsable a souligné que le gouvernement avait offert une concession à l'opposition de la Nouvelle démocratie qui avait demandé une réduction de l'impôt sur les sociétés pour relancer l'économie en échange de son soutien aux nouvelles mesures d'austérité. Outre la baisse de l'IS, Athènes prévoit de réduire la taxe sur la valeur ajoutée à partir de 2012, a dit ce responsable à la presse sous le sceau de l'anonymat.

Toutefois, ces mesures ne feront pas partie du plan à moyen terme soumis au parlement, a ajouté ce responsable après une réunion marathon du gouvernement qui a commencé lundi et s'est poursuivie mardi.

"En septembre, il y aura une nouvelle loi fiscale abaissant la TVA et l'impôt sur les sociétés à partir de 2012. Cette loi sera fiscalement neutre", a-t-il dit sans fournir de détails.

L'Union européenne a appelé les grands partis politiques grecs à parvenir à un consensus sur le plan intermédiaire qui couvre la période au-delà des prochaines élections prévues en 2013.

Par ailleurs, plusieurs responsables gouvernementaux ont dit qu'un référendum sur l'austérité n'était pas dans les projets d'Athènes. Le Premier ministre George Papandréou avait pourtant laissé entendre lundi soir qu'il plaiderait en faveur d'une loi permettant d'organiser ce type de consultations.

"Le gouvernement n'envisage pas la tenue d'un référendum ni d'élections anticipées", a dit l'un d'entre eux.

Lefteris Papadimas, Georges Georgiopoulos et Harry Papachristou, Jean Décotte et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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