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Marché : Le fief américain à la tête de la banque mondiale contesté

Le fief américain à la tête de la banque mondiale contestéLe fief américain à la tête de la banque mondiale contesté

par Lesley Wroughton

WASHINGTON (Reuters) - La règle tacite réservant aux Etats-Unis la présidence de la Banque mondiale est remise en cause après la désignation vendredi d'une candidate par trois pays émergents d'Afrique, qui ouvre la voie à la première élection réellement disputée depuis la création du principal bailleur de fonds des pays en développement.

L'Angola, le Nigeria et l'Afrique du Sud appuient la candidature de la ministre nigériane des Finances, Ngozi Okonjo-Iweala, une économiste et diplomate respectée, pour succéder à l'Américain Robert Zoellick, qui quittera ses fonctions en juin.

"Cette désignation découle de la conviction selon laquelle les nominations des dirigeants de la Banque mondiale et de son institution soeur, le Fonds monétaire international, devraient être fondées sur le mérite, ouvertes et transparentes", déclarent les trois Etats dans un communiqué.

Washington doit désigner ce vendredi son candidat, qui restera le favori pour le poste en dépit de l'initiative africaine : les Etats-Unis président traditionnellement la Banque mondiale depuis la création de celle-ci au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, tandis que la direction générale du FMI revient à un Européen.

Le Brésil, de son côté, aimerait défendre la candidature de l'ancien ministre colombien des Finances, Jose Antonio Ocampo, mais ne peut le faire sans l'appui de la Colombie, qui semble aujourd'hui peu probable.

Bogota a en effet expliqué jeudi privilégier sa candidature à la présidence de l'Organisation internationale du travail (OIT), en rappelant qu'un Colombien occupait déjà la présidence de la Banque inter-américaine de développement.

La Russie, elle, s'est abstenue de soutenir un candidat non-américain et a plaidé pour un rôle accru des émergents dans les organes dirigeants des institutions financières internationales.

DÉCISION AVANT LE 21 AVRIL

Au conseil d'administration de la Banque mondiale, les Etats-Unis détiennent le plus grand nombre de droits de vote et peuvent espérer le soutien des pays européens et du Japon. L'Afrique n'occupe que trois des 25 sièges du conseil.

Le secret sur le candidat que soutiendra Washington reste pour l'instant bien gardé. Et pour Nancy Birdsall, qui préside le Center for Global Development à Washington, c'est justement le retard pris par la désignation du candidat américain qui a ouvert la voie à ses rivaux.

"Pour la première fois, il y a de la concurrence, ou du moins on a l'impression à première vue qu'il y a une concurrence sérieuse. Et la seule manière pour que cela soit ouvert, fondé sur le mérite et transparent, c'est qu'il y a ait de la concurrence", a-t-elle dit.

Des sources proches de l'administration Obama ont déclaré que la liste des candidats possibles incluait Susan Rice, l'ambassadrice américaine aux Nations unies, Indra Nooyi, la directrice générale de PepsiCo, née en Inde, le sénateur John Kerry et Lawrence Summers, ancien conseiller économique du président.

Un nom supplémentaire a émergé ces derniers jours : celui de Laura Tyson, professeur à l'Université de Californie à Berkeley et spécialiste du commerce international et de la compétitivité.

Le département d'Etat a exclu qu'Hillary Clinton prenne la tête de la Banque mondiale mais elle reste une candidate possible aux yeux de certains observateurs.

L'heure limite de dépôt des candidatures est fixée à 18h00 heure de Washington (22h00 GMT). Le conseil d'administration doit ensuite publier une liste de trois candidats au maximum et faire un choix définitif avant les assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale, le 21 avril.

Marc Angrand pour le service français, édité par Natalie Huet

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