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Marché : Le déficit commercial de la france enchaîne les records

Le déficit commercial de la france enchaîne les recordsLe déficit commercial de la france enchaîne les records

PARIS (Reuters) - Mêmes causes, mêmes effets: le déficit commercial de la France a battu en mai le record établi le mois précédent, sous l'effet d'une hausse des importations, notamment énergétiques, et d'une relative atonie des exportations.

Le solde négatif de balance commerciale a atteint 7,422 milliards d'euros, après 7,174 milliards en avril, selon les chiffres publiés jeudi par les Douanes.

Sur les cinq premiers mois de l'année, le déficit commercial français s'établit ainsi à 33,4 milliards: un chiffre en hausse de 60% sur un an et qui représente déjà près des deux tiers du déficit annuel 2010 (51,4 milliards).

Ce creusement accéléré s'explique notamment par la conjonction des faiblesses françaises à l'export et de la vigueur de ses importations.

A 34,2 milliards d'euros en mai, les exportations ne parviennent toujours pas à retrouver leur niveau moyen de l'année précédant l'éclatement de la crise financière en septembre 2008, une moyenne légèrement supérieure à 35,4 milliards.

"La France est, parmi les grandes économies industrialisées (hormis le Japon), celle qui a affiché la plus faible croissance de ses exports après le creux de la crise", souligne Alberto Balboni économiste du cabinet d'études Xerfi.

Parallèlement, les importations s'installent à plus de 41 milliards par mois, un niveau supérieur à celui d'avant crise. Cela s'explique entre autres par l'envolée des prix des hydrocarbures, qui gonfle la facture énergétique de la France.

Mais ce facteur structurel ne suffit pas à lui seul à expliquer la dégradation régulière de la balance commerciale: il ne fait qu'amplifier la faiblesse persistante de l'industrie française à l'export.

"AÉRODÉPENDANCE"

Ainsi, alors que le déficit commercial de l'industrie manufacturière a plus que doublé en moins d'un an (à 4,8 milliards en mai), l'excédent des matériels de transport a été divisé par trois et celui des industries agroalimentaires a augmenté de moins de 200 millions d'euros.

Pour le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, cette évolution traduit la concurrence de plus en plus vive à l'échelle mondiale dans des secteurs comme le transport ferroviaire ou le nucléaire.

"Pendant très longtemps, les faiblesses du commerce extérieur en France ont été masquées par ce qu'on appelait les 'grands contrats'", a-t-il déclaré jeudi à des journalistes. "Mais les clients d'hier sont devenus les compétiteurs d'aujourd'hui."

De son côté, Alberto Balboni, de Xerfi, souligne la baisse sensible des exportations aéronautiques (-6,2% sur un mois) et il y voit "une preuve d'une certaine 'aérodépendance' de la France: l'aérospatial représente plus de 10% des exportations françaises et tout ralentissement de ses performances a un effet significatif sur les comptes extérieurs du pays".

En mai, la France a vendu 21 Airbus qui lui ont rapporté 1.334 millions d'euros contre 26 en avril pour 1.702 millions.

Le déficit du mois d'avril s'était creusé notamment à cause de l'achat par Air France-KLM. Dans la foulée, une centaine de députés avaient appelé la compagnie aérienne à choisir Airbus plutôt que Boeing pour sa prochaine grosse commande, attendue à l'automne.

Même si les services se portent probablement mieux que le secteur manufacturier, ces chiffres confirment un ralentissement marqué de la croissance économique au deuxième trimestre, estime Dominique Barbet, économiste senior chez BNP Paribas.

"La croissance du produit intérieur brut au deuxième trimestre (+0,3% au mieux) devrait être très inférieure à celle du premier (+0,9%)", écrit-il dans une note de recherche.

Jean-Baptiste Vey et Marc Angrand, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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