Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : Le champagne résiste à la crise mais aborde 2012 avec prudence

Marché : Le champagne résiste à la crise mais aborde 2012 avec prudence

Le champagne résiste à la crise mais aborde 2012 avec prudenceLe champagne résiste à la crise mais aborde 2012 avec prudence

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Les ventes de champagne ont résisté à une année de crise, avec une progression estimée à environ 3,5% en 2011, grâce aux exportations vers les Etats-Unis et les pays émergents.

Avec environ 330 millions de bouteilles expédiées dans le monde l'an dernier, après 319,5 millions en 2010, les ventes pourraient ainsi s'approcher du record de 339 millions atteint en 2007, selon les estimations du Comité interprofessionnel des vins de champagne (CIVC).

Le chiffre d'affaires du secteur devrait lui aussi grimper par rapport aux 4,1 milliards de l'an dernier, grâce à des hausses de prix comprises, en moyenne, entre 3% et 5%. Il avait lui aussi atteint un sommet en 2007, à 4,5 milliards d'euros.

"L'année 2011 est une bonne année, qui poursuit le rattrapage entamé en 2010 après deux ans de forte baisse (...) Le champagne va profiter d'une hausse en valeur et en volume", déclare Thibaut Le Mailloux, porte-parole du CIVC, qui rassemble les vignerons, les coopératives et la centaine de "maisons" de champagne regroupant les grandes marques.

En pleine crise financière, les ventes avaient chuté de 5% en 2008 et de 9% en 2009, avant de se redresser vigoureusement (+8,9%) en 2010.

Mais, dans un contexte macro-économique très dégradé en Europe, où la crise de la dette souveraine et les plans d'austérité pèsent sur la consommation, les professionnels du secteur abordent 2012 avec prudence et anticipent une croissance limitée à 2% par an, en volume, au cours des trois prochaines années.

"Les Champenois ont d'ores et déjà acté le ralentissement relatif de la croissance", souligne Thibaut Le Mailloux.

En France, premier marché du champagne avec 55% des ventes en volume l'an dernier, les ventes pourraient être restées stables en 2011 (elles étaient en repli de 0,3% à la fin août), tandis qu'au Royaume-Uni, premier marché à l'export, elles devraient accuser une forte baisse (-10% à fin août), liée aux drastiques mesures d'austérité prises par le gouvernement britannique.

LE MARCHÉ ANGLAIS DEVENU TRÈS DIFFICILE

"Le marché anglais est extrêmement concurrentiel. Il est devenu très difficile et peu rentable", commente un professionnel du secteur, évoquant les campagnes de promotions massives des chaînes de distribution outre-Manche.

Certaines grandes marques ont d'ailleurs réduit leurs expéditions vers la Grande-Bretagne, ajoute-t-il.

Ces contre-performances sont cependant compensées par une forte progression attendue aux Etats-Unis, deuxième marché d'exportation du champagne, dont les ventes grimpaient de plus de 30% à fin août, par la très bonne tenue des ventes en Belgique et en Italie et, sans surprise, par de très fortes hausses dans les pays émergents.

Si les expéditions restent encore modestes en Russie, en Chine ou au Brésil, avec plus d'un million de bouteilles par an seulement dans chacun de ces pays, les taux de progression y sont très élevés.

De l'avis des professionnels, la Chine et la Russie comptent parmi les marchés d'exportation les plus prometteurs pour le champagne.

Car pour dynamiser son chiffre d'affaires, la Champagne mise sur ces marchés, plus rentables, car synonymes de prix plus élevés visant une clientèle fortunée qui préfère les grandes cuvées ou les champagne millésimés aux bruts sans année.

Les ventes devraient également avoir bondi (plus de 30% à fin août) en Australie, grâce à la forte progression du dollar australien face à l'euro.

Le secteur, dominé par les marques du groupe LVMH propriétaire de Dom Pérignon, Moët & Chandon, Veuve Clicquot, Ruinart ou Krug, compte aussi des spécialistes comme Lanson-BCC, Vranken ou Laurent Perrier et des groupes diversifiés comme Pernod Ricard avec ses marques Mumm et Perrier-Jouët.

Edité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2012 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...