Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : Le aaa français pas menacé aujourd'hui, dit la cour des comptes

Marché : Le aaa français pas menacé aujourd'hui, dit la cour des comptes

tradingsat

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - La note "triple A" attribuée à la dette française par les principales agences de notation ne paraît pas susceptible d'être remise en cause aujourd'hui, a déclaré mercredi le premier président de la Cour des comptes.

Le gouvernement doit en revanche redresser durablement les finances de la France s'il veut éviter le risque que cette note soit abaissée dans le futur, a ajouté Didier Migaud, qui présentait un rapport sur la situation des comptes publics.

Selon la Cour des comptes, la France devrait tenir son objectif de réduction du déficit cette année mais elle doit engager d'autres mesures pour y parvenir par la suite.

Interrogé sur la note souveraine de la France, Didier Migaud a répondu lors d'une conférence de presse: "Elle ne nous paraît pas susceptible d'être remise en cause aujourd'hui."

La note "triple A", la plus élevée, permet à la France d'emprunter à des taux avantageux sur les marchés financiers pour couvrir ses déficits et refinancer sa dette publique.

L'agence Standard and Poor's a récemment indiqué qu'elle pourrait la remettre en cause à l'horizon 2020 si la réduction des déficits n'est pas amplifiée.

Le gouvernement prévoit de réduire le déficit public de 7,1% du produit intérieur brut en 2010 à 5,7% en 2011, 4,6% en 2012, 3% en 2013 et 2% en 2014. Une trajectoire qui permettra selon lui une baisse du ratio d'endettement (dette publique/PIB) à partir de 2013.

"Le déficit public peut être ramené à 5,7% en 2011 comme le prévoit le gouvernement", a dit Didier Migaud, en présentant mercredi le rapport à l'Assemblée nationale.

Et si la conjoncture économique le permet, le déficit doit être réduit plus encore pour le rapprocher de la moyenne des pays de la zone euro (3,9%), a-t-il ajouté.

"L'ESSENTIEL RESTE À FAIRE"

En revanche, lit-on dans le rapport, "pour les années 2012 à 2014, la trajectoire d'évolution du déficit (...) repose sur un cumul d'hypothèses de croissance du PIB et d'élasticité des recettes qui peut être considéré comme trop favorables".

Dans un rapport publié la semaine dernière sur l'économie française, le Fonds monétaire international (FMI) avait lui aussi noté que les hypothèses de croissance gouvernementales au-delà de 2012 risquaient de se révéler trop optimistes.

Pour vraiment redresser les comptes, "il apparaît indispensable d'agir", a dit Didier Migaud mercredi. "L'essentiel du chemin reste à faire."

Au total, la Cour des comptes juge nécessaire de réduire le déficit structurel (c'est-à-dire hors variation conjoncturelle) d'un point de PIB par an, soit 20 milliards d'euros.

Selon elle, cette réduction du déficit doit d'abord venir d'un fort ralentissement de la croissance des dépenses.

Mais "la maîtrise des dépenses publiques ne suffira pas et une augmentation des recettes est inévitable", poursuit le rapport, qui prône la réduction des niches fiscales et sociales.

Si le redressement n'est pas effectué, "le risque d'emballement de la dette publique reste une menace majeure", a dit Didier Migaud.

"Sur la dette publique, nous approchons de la zone dangereuse, c'est la zone de tous les risques", a-t-il ajouté, expliquant que le ratio de dette était désormais à un niveau qui en fait l'objet de l'attention des investisseurs.

Le gouvernement a relevé mardi ses prévisions de dette publique pour 2011-2014, à 85,4% du PIB fin 2011, 86,9% fin 2012, 86,4% fin 2013 et 84,8% fin 2014. ()

"Si l'on veut stabiliser la dette et commencer sa décrue, il faut des mesures plus fortes que celles qui sont aujourd'hui annoncées ou, au moins, elles doivent être davantage précisées", a ajouté Didier Migaud.

Edité par Gilles Trequesser

Copyright © 2011 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...