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Marché : Lagarde bien placée pour le fmi mais menacée par l'affaire tapie

Lagarde bien placée pour le fmi mais menacée par l'affaire tapieLagarde bien placée pour le fmi mais menacée par l'affaire tapie

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Christine Lagarde est pressentie pour être la candidate européenne à la direction du FMI mais la ministre française des Finances est menacée par l'affaire Tapie.

Après l'annonce par le journal économique allemand Handelsblatt du soutien de la chancelière Angela Merkel à la Française, une source gouvernementale allemande a précisé que la question n'était pas tranchée.

"La chancelière pense que Lagarde est une personnalité politique internationalement respectée avec laquelle le gouvernement allemand travaille bien", a dit cette source. "Mais aucune décision n'a été prise."

Christine Lagarde a, a priori, d'importants atouts pour prendre la direction générale du Fonds monétaire international.

Femme, elle peut effacer l'image laissée par le précédent directeur général, Dominique Strauss-Kahn, poursuivi pour tentative de viol à New York et qui a démissionné jeudi.

Européenne, elle permettrait au continent de conserver la direction du Fonds monétaire international, qui lui est revenue pratiquement sans interruption depuis sa création, et très souvent à un ressortissant français.

Surtout, Christine Lagarde est l'une des actrices majeures des négociations impliquant le FMI : la crise des dettes européennes et la réduction des déséquilibres économiques et financiers mondiaux.

Elle connaît tous les dirigeants qui choisiront le prochain directeur du FMI et a longtemps vécu aux Etats-Unis, premier pays financeur de l'institution basée à Washington.

Selon un sondage publié jeudi par Reuters, une large majorité d'économistes estime qu'elle est le candidat ayant le plus de chance de prendre la tête du FMI.

Mais deux problèmes pourraient lui barrer la route.

DISQUALIFIÉE PAR L'AFFAIRE TAPIE ?

Les accusations contre Dominique Strauss-Kahn d'abord, qui pourraient disqualifier une candidature française et l'enquête pour "abus d'autorité" demandée contre elle par le procureur général de la Cour de cassation dans l'affaire Tapie.

L'attribution de 285 millions d'euros d'argent public à cet homme d'affaires et ancien ministre socialiste devenu proche de Nicolas Sarkozy en compensation d'un manque à gagner présumé sur la revente d'Adidas, autorisée par Christine Lagarde à la suite d'une procédure d'arbitrage, est contestée.

Trois magistrats doivent rendre leur réponse à la mi-juin.

"La candidature Lagarde est plombée par l'affaire Tapie", a déclaré une source parlementaire française sous condition de l'anonymat. "Je vois mal qui que ce soit prendre le risque de mettre quelqu'un avec une affaire comme ça à la tête du FMI, surtout après ce qui vient de se passer."

Un autre fin connaisseur des enjeux internationaux estime pour sa part que "Lagarde est hors-jeu à cause de l'affaire Tapie".

La ministre française estime sans fondement les accusations dans ce dossier et même les instigateurs de la procédure, des responsables socialistes, ont déploré qu'elle fasse les frais d'actes dont Nicolas Sarkozy est selon eux responsable.

LE FMI VEUT UN BILAN SANS TACHE

La semaine dernière, avant l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn, François Hollande, favori des sondages pour la candidature socialiste à l'élection présidentielle de 2012 s'était dit "navré" par l'implication de la ministre dans le dossier Tapie.

"Chacun sait que Mme Lagarde n'est pas à l'origine de la bienveillance qui a été accordée à Bernard Tapie (...) C'est Nicolas Sarkozy qui a souhaité qu'il y ait cet arrangement", a-t-il dit.

Un haut responsable de la droite française estime pour sa part qu'"il n'y a pas de problème" avec l'affaire Tapie.

"On est cons, c'est nous les Français qui créons l'affaire", ajoute-t-il. "On est incapables de sortir des petites polémiques politiciennes pour servir l'intérêt de la France. Ce n'est pas l'affaire du FMI, c'est l'affaire de la France."

Aucun dirigeant français n'a pour l'heure confirmé que la candidature de Christine Lagarde était envisagée et elle a refusé jeudi de commenter cette option.

"Toute candidature, quelle qu'elle soit, devra émaner des Européens qui se rassemblent, tous ensemble", a-t-elle seulement déclaré à des journalistes.

Selon une source proche de la direction du FMI, "c'est le joker de l'Europe. Personne d'autre n'a son profil".

"Le principal problème est cette affaire judiciaire, la principale préoccupation pour le conseil d'administration du FMI en ce moment c'est un bilan de santé sans tache."

Jean-Baptiste Vey avec Daniel Flynn et le service France, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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