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Marché : La zone euro voudrait contrôler plus étroitement la grèce

La zone euro voudrait contrôler plus étroitement la grèceLa zone euro voudrait contrôler plus étroitement la grèce

par John O'Donnell

BRUXELLES (Reuters) - Certains pays de la zone euro veulent donner aux représentants de la Commission européenne (CE) à Athènes le pouvoir de superviser la privatisation d'actifs publics grecs et l'administration du pays, a-t-on appris mardi de sources européennes.

Cette proposition radicale, rejetée par ceux qui estiment qu'il s'agit là d'une certaine forme de colonialisme, illustre la volonté croissante de certaines capitales de contrôler plus étroitement la Grèce.

La Commission européenne a démenti l'existence d'un tel projet. "Un tel scénario n'a jamais été envisagé par la Commission", a déclaré à la presse un porte-parole de l'exécutif européen.

"La task force est une structure administrative destinée à soutenir les autorités grecques dans leurs efforts visant à appliquer les réformes nécessaires (...) et mieux absorber les fonds structurels disponibles", a-t-il ajouté.

"Une structure administrative ne peut dans aucune circonstance prendre le pas sur un gouvernement légitime élu en Grèce ou ailleurs."

Les dirigeants européens se retrouvent dimanche à Bruxelles pour un sommet visant à trouver un début de solution à la crise de la zone euro en général et au cas grec en particulier.

Un responsable a fait état d'un large soutien à l'idée de surveiller de plus près le gouvernement grec, accusé par beaucoup de ne pas en avoir fait assez en matière de privatisations et de réformes.

"C'est ça ou le pays ne reçoit pas d'argent", a résumé une source de la zone euro favorable à l'idée de laisser la mission ('task force') de la Commission européenne présente à Athènes "reprendre à son compte certaines des fonctions régaliennes de l'Etat" pour "lancer la machine".

IDÉE EN VOGUE

"Il s'agit une assistance imposée de l'extérieur", a-t-on indiqué à propos de ce projet, qui impliquerait de déployer plusieurs centaines d'experts supplémentaires en Grèce pour administrer le pays. "L'idée est en vogue dans certaines capitales. Il n'y a pas d'autre option."

La Commission a déjà dépêché à Athènes un petit nombre de fonctionnaires dans le cadre des missions d'inspection de la "troïka" des bailleurs de fonds du pays, qui réunit la CE, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE).

En outre, les experts de l'exécutif européen conseillent Athènes en matière de réforme de la fiscalité fiscale et de gestion des fonds structurels reçus de l'Union européenne.

"Le niveau de l'intervention est sans commune mesure", a dit la source. "S'il y avait des antécédents de gestion (politique) responsable, comme en Irlande, les choses seraient différentes. Mais ces antécédents manquent en Grèce."

Athènes devrait, sauf surprise, recevoir en novembre une nouvelle tranche d'aide de huit milliards d'euros dans le cadre du plan de sauvetage de 110 milliards mis en place en 2010, après le feu vert prudent donné la semaine dernière par la troïka à ce sixième versement.

Alors que le PIB grec devrait continuer à baisser cette année et l'an prochain, les créanciers misent sur les privatisations pour redresser les finances du pays.

La vente d'entreprises et d'actifs aujourd'hui détenus par l'Etat est censée rapporter 50 milliards d'euros d'ici 2015, mais elle n'a pour l'instant dégagé que 1,3 milliard.

MISE SOUS TUTELLE ?

Une autre source parle d'une volonté d'établir une entité permanente pour assurer une partie du travail des inspecteurs de la troïka.

"Il faut quelqu'un qui puisse parler grec mais qui ne soit pas du côté des Grecs", estime-t-elle. "Les pouvoirs (de cette entité) seraient liés au caractère conditionnel de l'aide. Il faut présenter tout cela avec prudence; appelez ça une 'assistance technique' ou comme vous voudrez. On ne peut pas fouler (les Grecs) aux pieds."

La proposition, qui reprend une idée défendue par les Pays-Bas visant à mettre sous tutelle les mauvais élèves en matière budgétaire, risque toutefois de placer la Commission dans une situation délicate.

"La mission (de la CE) est administrative", a souligné un porte-parole de l'exécutif européen. "Son rôle est d'aider la Grèce et nous ne comptons pas modifier ce mandat."

Un responsable relève en outre que l'idée devrait se heurter à une forte résistance à Athènes, à Dublin et dans d'autres capitales.

"Donner à la 'task force' des pouvoirs exécutifs est une idée dans l'air du temps, mais les Grecs ne l'accepteront jamais et ils ne doivent pas le faire", prévient-il.

Et si l'Allemagne, principal contributeur au Fonds européen de stabilité financière (FESF) pourrait être rassurée par une telle mise sous tutelle, un pays comme l'Irlande s'y opposerait farouchement de peur de subir le même sort.

John O'Donnell; Benoit Van Overstraeten et Jean Décotte pour le service français, édité par Danielle Rouquié

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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