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Marché : La zone euro sous la pression des marchés et de ses partenaires

La zone euro sous la pression des marchés et de ses partenairesLa zone euro sous la pression des marchés et de ses partenaires

par Sakari Suoninen et David Ljunggren

FRANCFORT/OTTAWA (Reuters) - Plusieurs grands partenaires de la zone euro ont appelé mercredi ses dirigeants à surmonter rapidement la crise des dettes souveraines s'inquiétant de ses conséquences pour l'avenir de l'euro et pour l'économie mondiale alors que les ministres des Finances et les banquiers centraux du G20 se réunissent à Washington.

La persistance de la crise de la zone euro et de nouveaux signes de ralentissement de l'économie mondiale ont entraîné une forte correction sur les marchés d'actions, une baisse des taux longs et une hausse du dollar.

Les gouvernements et institutions de la zone euro doivent agir rapidement pour résoudre la crise des dettes souveraines au risque d'une contagion à l'économie mondiale, ont déclaré sept des dirigeants de pays du G20 dans une lettre adressée au président français Nicolas Sarkozy, la France assurant la présidence du G7 et du G20.

Dans leur lettre, les responsables de l'Australie, du Canada, de l'Indonésie, de la Grande-Bretagne, du Mexique, de l'Afrique du Sud et de la Corée du Sud demandent aux dirigeants de la zone euro d'examiner "toutes les options pour assurer la stabilité à long terme de la deuxième devise internationale la plus utilisée dans le monde".

Le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner s'est aussi montré plus pressant estimant qu'il était plus important de contenir la crise que de soutenir la croissance européenne et qu'il était essentiel de mobiliser suffisamment de ressources pour éviter un défaut de la Grèce. Il s'est dit confiant de voir l'Europe prendre des décisions plus audacieuses pour résoudre la crise dans les semaines et mois à venir.

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) sera totalement opérationnel et renforcé dans la seconde moitié du mois d'octobre, a souligné le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn.

Il a toutefois estimé que les euro-obligations, présentées par leur partisans comme une issue à la crise de la dette, deviendraient des "junk bonds" sans une meilleure coordination des politiques économiques européennes.

La publication d'indices des directeurs d'achat (PMI) témoignant d'une contraction de l'activité du secteur privé en zone euro et en Chine a alimenté la chute des marchés d'actions, les indices européens cédant autour de 5,0% en clôture tandis que les indices américains abandonnaient plus de 3,0% à la mi-séance.

Les ministres des Finances et les banquiers centraux du G20, réunis à Washington à l'occasion des assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, évoqueront la crise jeudi soir au cours d'un dîner mais il n'est pas prévu qu'ils publient un communiqué sur les réponses qu'ils entendent y apporter.

L'EURO EN DANGER, SELON UNE ETUDE DE LA BCE

La monnaie unique européenne est en danger en raison des dépenses incontrôlées des Etats de la zone euro et de la crise de la dette qui en a découlé, met en garde une étude de la Banque centrale européenne (BCE), corédigée par Jürgen Stark, qui a depuis quitté ses fonctions, en raison semble-t-il de son désaccord avec la politique de rachat d'obligations d'Etat mise en place par la BCE pour lutter contre la crise de la dette dans la zone euro.

"Les déséquilibres budgétaires en très forte hausse dans la zone euro dans son ensemble et la situation extrême de certains pays pris individuellement risquent de saper la stabilité, la croissance et l'emploi, de même que la pérennité de l'Union économique et monétaire (UEM) elle-même", peut-on lire dans cette étude dont la publication a fait plonger l'euro, tombé à un plus bas de sept mois face au dollars, à moins de 1,35 dollar.

Le Comité européen du risque systémique (CERS), nouvelle autorité de régulation financière de l'Union européenne, a prévenu de son côté que les conséquences de la crise de la dette souveraine avaient considérablement renforcé les risques d'instabilité financière en Europe.

"Le degré élevé d'interconnexion au sein du système financier de l'UE conduit à un risque en rapide augmentation d'une contagion significative. Cela menace la stabilité financière au sein de l'Union européenne dans son ensemble et a des conséquences négatives sur l'économie réelle en Europe et au-delà".

Le CERS, présidé par Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, a appelé à une "action rapide et décisive" des dirigeants de la zone euro dont les efforts pour contenir la crise sont largement perçus comme insuffisants et trop lents.

Selon le CERS, les superviseurs nationaux "devraient coordonner leurs efforts pour renforcer le capital des banques (...) en tenant compte du besoin d'une évaluation transparente et cohérente des expositions aux émetteurs souverains."

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a renouvelé son appel à une recapitalisation des banques européennes dont les dirigeants des établissements concernés et les gouvernements de plusieurs pays de la zone euro avaient minimisé le besoin en mettant en avant la solidité des bilans bancaires dans la zone.

S'exprimant à la veille des réunions du G20 et du FMI, le ministre canadien des Finances s'était alarmé d'un risque d'assèchement du crédit si les Européens ne parvenaient pas à régler le problème grec, de loin le plus critique au sein de la zone euro.

"Le premier sujet à l'ordre du jour... c'est que l'Europe doit accélérer, il faut qu'ils règlent cette question de la Grèce", a déclaré Jim Flaherty à la Canadian Broadcasting Corp.

"Sinon les marchés prendront le pas et nous aurons une forme de crise, cela deviendra une crise bancaire, qui affectera les banques partout dans le monde, et nous aurons une nouvelle crise du crédit qui provoquera une contraction de l'économie réelle. Nous devons régler cela", a-t-il poursuivi.

L'absence de solution à la crise a continué de peser sur les banques européennes, au premier rang desquelles les banques françaises en raison de leur exposition à la Grèce et à l'Italie.

BNP Paribas a démenti catégoriquement être à la recherche d'investisseurs pour une augmentation de capital et a réaffirmé la ligne des banques françaises selon laquelle elle pourront faire face à la crise de la dette de la zone euro sans injection de fonds propres.

Une source basée au Qatar avait indiqué mercredi à Reuters que l'émirat était en discussions avec BNP et d'autres banques françaises concernant de possibles prises de participation.

BNP Paribas a terminé la séance de jeudi en baisse de 5,7% tandis que le Crédit agricole a abandonné 9,49% et la Société générale 9,57% tandis que l'indice sectoriel des banques européennes plongeait de 7,26%.

Marc Joanny pour la version française , édité par Danielle Rouquié

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