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Marché : La zone euro, risque n°1 pour l'économie mondiale, selon l'ocde

La zone euro, risque n°1 pour l'économie mondiale, selon l'ocdeLa zone euro, risque n°1 pour l'économie mondiale, selon l'ocde

par Matthias Blamont

PARIS (Reuters) - L'économie mondiale profite de l'accélération des échanges commerciaux et, plus généralement, d'un regain de confiance mais l'aggravation de la crise de la dette ces derniers mois constitue toujours le principal risque qui la menace, estime l'OCDE.

L'Organisation de coopération et de développement économiques, qui publie mardi ses prévisions semestrielles, anticipe une croissance mondiale de 3,4% cette année et de 4,2% en 2013, contre +3,4% et 4,3% respectivement dans ses projections de novembre dernier.

Les opérateurs de marché s'inquiètent d'une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro, de nature à déstabiliser l'Union européenne et son système bancaire. La solidité des banques espagnoles, qui vont devoir se recapitaliser dans les semaines à venir, est également au centre des préoccupations.

"Après un répit en fin d'année dernière, la crise de la zone euro s'est faite plus sérieuse récemment et demeure la plus importante source de risque pour l'économie mondiale (...) Le frein à la croissance dû à la consolidation budgétaire pourrait être significatif, particulièrement dans certains pays", souligne le chef économiste de l'OCDE, Pier Carlo Padoan, dans "l'éditorial" de ce rapport.

Pour l'OCDE, les déséquilibres structurels entre les pays de la zone, selon elle à l'origine même de la crise, n'ont que tout juste commencé à se résorber. Et la reprise enregistrée dans les pays les plus solides n'est pas suffisante pour compenser la stagnation, voire la récession dans certains cas, des pays en difficulté.

"La compétitivité, faible, dans les pays en déficits doit être résolue tandis qu'un ajustement structurel et des salaires plus élevés dans les pays en excédent contribueraient à un rééquilibrage favorable à la croissance", ajoute l'organisation.

L'OCDE juge qu'en sus des réformes entreprises par les Etats, la Banque centrale européenne dispose des marges de manoeuvre pour poursuivre une politique d'assouplissement monétaire, notamment par le biais de son "programme pour les marchés de titres" (SMP, programme de rachat d'obligations souveraines).

LES LIMITES DE L'AUSTÉRITÉ

Surtout, l'OCDE appelle les dirigeants européens à mettre la dite croissance au même niveau de priorité que la réduction des déficits, une position qui devrait conforter le président François Hollande, désireux de renégocier le "pacte budgétaire" signé en mars par 25 des 27 pays de l'UE pour y intégrer un engagement sur le soutien à l'activité.

"Une discipline fiscale ferme et une consolidation budgétaire réussie fournissent les conditions nécessaires à des mesures additionnelles en vue d'un 'pacte de croissance'", écrit Pier Carlo Padoan.

La France est notamment favorable au lancement d'euro-obligations pour financer de grands projets d'infrastructure, initiative à laquelle la chancelière allemande, Angela Merkel, reste opposée. Le sujet devrait être discuté âprement lors du sommet informel de la zone euro prévu mercredi à Bruxelles.

"Les élections dans un certain nombre de pays de la zone euro ont montré que la lassitude vis-à-vis des réformes et la tolérance aux restrictions budgétaires étaient peut-être en train d'atteindre un seuil limite", constate l'OCDE.

"La consolidation budgétaire et les mesures structurelles doivent aller de pair avec un processus aussi 'growth-friendly' que possible (...) Les ressources doivent être consacrées aux segments les plus fragiles de la population."

L'OCDE prévoit un taux de chômage de 8% en 2012 dans ses pays membres - il pourrait atteindre 10% en France dès le mois de juin - avant une décélération purement symbolique à 7,9% l'année suivante.

Si l'Europe cristallise les inquiétudes, l'OCDE est plus optimiste pour les Etats-Unis, qui devraient selon elle bénéficier d'une croissance de 2,4% cette année et de 2,6% en 2013.

"Aux Etats-Unis, la croissance devrait continuer à se renforcer à mesure que la confiance augmente chez les entreprises et les ménages. Les marchés financiers se stabilisent et le désendettement des ménages est en bonne voie de réalisation".

Les pays émergents devraient pour leur part continuer à tirer les échanges mondiaux même si l'OCDE voit poindre des risques de bulles sur certains actifs, conséquence des afflux de capitaux étrangers.

FRANCE: UNE ANNÉE EN DEUX TEMPS

Après une stagnation attendue au premier semestre, l'économie française devrait se reprendre au deuxième pour afficher une croissance de 0,6% en 2012, un rythme trop faible toutefois pour générer de nouveaux emplois selon les calculs des économistes.

Pour 2013, l'OCDE prévoit un taux de croissance de 1,2% en France, inférieur aux projections du gouvernement, qui a bâti son programme économique sur la base d'une croissance fixée à 1,7%.

"L'investissement résidentiel pourrait décélérer alors que les prix des maisons ont commencé à baisser. Le chômage pourrait culminer à 10,5% début 2013 et ne refluer que lentement à partir de cette date", écrit l'OCDE.

"Mais en dépit d'une croissance faible, l'objectif de ramener le déficit budgétaire à 4,5% (du PIB) en 2012 devrait être atteint, grâce à un meilleur résultat en 2011 qui avait été anticipé (5,2%, NDLR)."

Le nouveau gouvernement s'est engagé à respecter la promesse européenne de la France de parvenir à un déficit budgétaire 3% en 2013.

L'OCDE rappelle que "l'essentiel de l'effort de consolidation en France devra venir d'une baisse de la dépense publique."

"(La capacité du gouvernement à) étendre la vue d'ensemble de toutes les inefficacités du secteur public à tous les niveaux de l'administration et diminuer les montants des programmes mal ciblés (...) constituera l'élément-clé".

Edité par Marc Angrand

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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