Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : La zone euro refroidit les rumeurs sur la grèce et les banques

Marché : La zone euro refroidit les rumeurs sur la grèce et les banques

La zone euro refroidit les rumeurs sur la grèce et les banquesLa zone euro refroidit les rumeurs sur la grèce et les banques

par Luke Baker et Sakari Suoninen

BRUXELLES/FRANCFORT (Reuters) - Des responsables de la zone euro ont minimisé lundi les spéculations sur des mesures pour diminuer de moitié la dette grecque et recapitaliser les banques européennes, soulignant qu'aucun schéma de ce type n'était encore sur la table.

La Banque centrale européenne, de son côté, est apparue une nouvelle fois divisée, cette fois sur une baisse des taux directeurs pour doper une économie atone.

Les déclarations des uns et des autres ont refroidi les espoirs des investisseurs et les marchés d'actions européens, qui avaient grimpé jusqu'à 3,8% pour l'indice parisien en milieu de journée, ont réduit leurs gains dans l'après-midi. L'indice paneuropéen Eurofirst 300 a terminé en hausse de 1,75% de même que le CAC 40.

"La hausse de ce matin était purement liée à des rumeurs", a commenté un intervenant. "Ce que le marché attend, ce sont des déclarations claires et chiffrées."

Des responsables de la zone euro ont jugé très prématurées des informations de presse sur une décote de 50% sur la dette grecque et une augmentation de la capacité du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

"Tous ces propos, sur une décote spécifique pour la Grèce ou un élargissement du FESF, relèvent uniquement de la spéculation. Nous ne travaillons pas dans cette logique", a commenté l'un d'eux, impliqué dans l'aide financière à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal.

Les analystes et groupes de réflexion bruxellois tablent sur un défaut de la Grèce d'ici quelques mois au plus tard, ainsi qu'une injection de capital dans les banques européennes et un "démultiplicateur" du FESF lui permettant d'étendre sa puissance de tir et soutenir ainsi l'Italie et l'Espagne.

Les responsables de la zone euro reconnaissent que ces idées circulent et que certaines d'entre elles apporteraient une réponse à plus long terme à la crise de la dette, mais ils insistent sur le fait qu'aucun plan spécifique n'est actuellement à l'étude.

L'EURO DÉBOUSSOLÉ

Au contraire, soulignent-ils, le scénario de départ reste que la dette de la Grèce, qui avoisine 160% de son PIB, est viable tant que le gouvernement met pleinement en oeuvre les mesures d'austérité exigées par la troïka (Commission européenne, BCE et FMI).

"Nombre d'entre nous sommes d'accord en privé que tout ce qui sera moindre qu'une décote de 50% pour la Grèce sera purement superficiel, mais il n'est pas si simple de mettre tout le monde d'accord là-dessus ni de l'appliquer", a commenté un autre responsable financier de la zone euro au fait des discussions en cours sur la crise.

Les spéculations ont aussi porté lundi sur la possibilité de voir la BCE baisser la semaine prochaine d'un demi-point de pourcentage son taux de refinancement, actuellement à 1,5%.

Yves Mersch, membre luxembourgeois du conseil des gouverneurs de la BCE, a parlé d'extravagance, sans pour autant exclure la possibilité d'une baisse des taux dans le cas d'une "détérioration significative de la dynamique de l'économie".

"La BCE ne s'engage jamais à l'avance et des abaissements de taux ne peuvent être exclus", a dit de son côté son collègue autrichien Ewald Nowotny.

D'après des analystes, ces commentaires sur les taux révèlent une profonde fracture au sein de la BCE, qui recherche traditionnellement le consensus et pourrait devoir se résoudre à un vote pour trancher cette question.

Déboussolé, l'euro reperdait du terrain contre le dollar en fin d'après-midi, autour de 1,3450 dollar. Dans la même journée, la monnaie unique est tombé en dessous de 1,34 dollar et repassé au-dessus de 1,35 dollar.

Les cambistes notent que l'euro restera vulnérable tant que les investisseurs douteront des efforts déployés par les autorités européennes pour répondre à la crise de la dette.

Natalie Huet pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...